Blue Ruin
EOne Entertainment

Réalisateur: Jeremy Saulnier
Année: 2013
Classification: 14A
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212112195

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 juillet 2014

Le film de vengeance n'appartient pas seulement au septième art coréen. Le cinéma indépendant américain est également capable d'en faire des bons. "Blue Ruin" est en l'exemple probant.

Un vagabond (Macon Blair) apprend que l'homme qui a tué ses parents vient de sortir de prison. Il décide de l'éliminer, ce qui a des conséquences funestes sur son quotidien et celui de sa sœur.

Le long-métrage qui a comme thème la vengeance est un genre en soi et le révolutionner est pratiquement impossible. Sans y parvenir totalement, "Blue Ruin" y insuffle une puissance indéniable. Entre film d'art et d'essai et série B sanglante à la John Carpenter, le réalisateur et scénariste Jeremy Saulnier pave sa propre voie, offrant une mise en scène totalement maîtrisée. Le rythme est lent, le ton à la contemplation et la solitude s'emmure dans tous les coins. Cette détresse psychologique s'exprime aisément par son héros (sorte de fils spirituel de Javier Bardem) qui tente d'arrêter ce vortex sans fin de violence.

La musique omniprésente décuple la tension, rendant l'ambiance souvent suffocante. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est suffisamment animée, faisant ressortir des enceintes des bruits de balles, d'oiseaux, de vagues et de véhicules. Bien que les dialogues ne soient pas nombreux, ils s'entendent correctement et en cas de besoin, il y a de visibles sous-titres blancs en option. Les images offrent une palette de couleurs précises dominées par le bleu, des teintes justes et des contrastes légèrement imparfaits qui font pourtant toute la différence aux moments opportuns.

La jolie pochette sombre montre un règlement de compte qui est surplombé d'un lever – ou coucher – de soleil qui amène avec lui son lot de couleurs vives. Le menu principal du disque propose plutôt un habile montage de scènes et une mélodie particulièrement tendue. Les suppléments sont composés d'un intéressant documentaire de 19 minutes qui revient sur les thèmes en place, deux séquences supprimées (dont une nouvelle introduction) qui apportent d'autres perspectives, des tests de caméras qui résument parfaitement l'atmosphère et une piste de commentaires éclairante du cinéaste et de l'acteur principal qui se veut très détaillée.

Financé sur le web et présenté au Festival de Cannes en 2013, "Blue Ruin" est une très belle surprise. Cet opus ambitieux et toute en retenue affiche de grandes qualités cinématographiques qui manquent à la plupart des productions qui prennent l'affiche dans les salles régulières. L'amalgame n'est peut-être pas parfait (le scénario tend à s'étioler et les invraisemblances à ressortir), mais le travail de Jeremy Saulnier s'avère extrêmement prometteur pour l'avenir.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments6
Vidéo7
Audio7