127 Hours [Blu-ray]
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Danny Boyle
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51), Portugais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-5)
Code barres (CUP): 024543736394

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
11 juin 2011

Troublante histoire vraie qui bénéficie de la réalisation survitaminée de Danny Boyle et de l'intense prestation de James Franco, "127 Hours" préfère divertir plutôt que de s'intéresser à la psychologie de son personnage principal. De quoi en ressortir étonné et même amusé de ce qui aurait pu être le drame par excellence de l'année.

Aron (James Franco) aime bien partir seul sans aviser personne. Lors d'une de ses nombreuses excursions dans un canyon de l'Utah, il déboule une crevasse. Le jeune homme n'a rien, sauf que sa main droite est prisonnière d'une roche. Pendant 127 heures, il tentera de s'extirper de son trou coûte que coûte.

Après avoir fait son plein d'oscars avec Millionaire, le cinéaste britannique revient en mode mineur... avec un sujet qui aurait dû être majeur. C'est que ce fait divers véridique donne des frissons dans le dos, suivant l'angoisse d'un homme qui fera n'importe quoi pour rejoindre ses proches, même à se planter un couteau mal aiguisé dans le bras!

Au lieu de recréer cet enfer de claustrophobie comme Rodrigo Cortes y était parvenu avec son très bon Buried, Danny Boyle fait tout pour ne pas l'affronter, au risque même de passer complètement à côté de son sujet. Soucieux de ne pas ennuyer son spectateur, il multiplie les montages parallèles, les retours dans le temps et les scènes en accéléré, saturant ses couleurs, ensevelissant le tout sous la très bonne musique de A.R. Rahman. Voilà du clinquant qui est toujours agréable à regarder et à écouter, surtout lorsque c'est bien fait et qu'un certain humour se dégage des situations, mais qui se transforme très rapidement en simple quoique efficace exercice de style.

L'interprétation nuancée de James Franco vient heureusement renverser la vapeur. Le comédien trouve son meilleur rôle en carrière, affichant à la fois un charisme d'enfer et une touchante vulnérabilité. Ses non-dits convainquent tout autant que son incroyable prestance physique, s'avérant une des belles surprises de l'année 2010. C'est lui qui maintient constamment l'intérêt entre deux séances d'hallucinations (de Scooby-Doo!) ou lorsque le mince scénario fait du surplace.

Les qualités techniques de cette édition Blu-ray sont assez incroyables. Les images sont riches et extrêmement bien définies. Le niveau des teintes et des détails est hallucinant, tout comme la palette de couleurs utilisée. Si les contrastes n'étaient pas parfois un poil trop sombres, le rendu aurait été irréprochable. Les pistes sonores sont immersives à souhait. Les enceintes regorgent de bruits divers (du vent, du sable, de l'eau, des éclairs, des voitures, etc.), se mélangeant allègrement aux mélodies choisies. Les voix sont claires, les dialogues généralement compréhensifs, et bien que le doublage francophone ne soit pas parfait, il y a de très visibles sous-titres blancs en cas de besoin.

La très jolie pochette montre un être humain qui est suspendu entre deux parois d'un rocher. Le menu principal du disque privilégie plutôt un éloquent montage de séquences qui déroulent sur un dynamique air musical. En plus d'un disque Blu-ray, une copie digitale se retrouve dans le boîtier. Les nombreux suppléments comprennent sept longues scènes supprimées qui permettent d'en savoir davantage sur les personnages, un document où il est possible d'entendre les vraies personnes touchées par cette tragédie, un fascinant segment qui montre la collaboration entre le réalisateur et le protagoniste, quelques bandes-annonces et une divertissante piste de commentaires où Danny Boyle, le producteur Christian Colson et le coscénariste Simon Beaufoy discutent de ce qui se déroule à l'écran. Les échanges ne manquent pas de piquer la curiosité. L'étonnant court-métrage récompensé d'un oscar "God of Love" de Luke Matheny se retrouve également en bonus. Même s'il n'a rien à voir avec le reste, il est toujours heureux de pouvoir retrouver ce genre de matériel. L'onglet BD-Live permet d'avoir accès à davantage d'entrevues.

Explorant à nouveau son thème fétiche qu'est la survie, le metteur en scène au style si reconnaissable vient de pondre une autre fantaisie colorée, qui sait faire battre le coeur - et donner mal à l'estomac - lors de moments plus délicats. Difficile de ne pas se laisser prendre au jeu, mais un jour Danny Boyle devra apprendre à se contrôler, à privilégier son récit et non toutes ses distractions habituelles. Il le faisait à l'époque de ses excellents Shallow Grave et de Trainspotting, et c'est justement ce qui empêche la mécanique de "127 Hours" de fonctionner comme elle devrait.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio8