The African Queen [Blu-ray]
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: John Huston
Année: 1951
Classification: G
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.37:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (Mono), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 097360759167

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
9 mai 2010

Un collant sur la jaquette cartonnée qui recouvre le boîtier porte la mention "Toute première fois sur Blu-ray". Idem pour la version en DVD. En fait, la dernière sortie nord-américaine de ce long-métrage remonte en 1997, en format VHS! En général, je suis plutôt patient, mais puisqu'il s'agit d'un de mes films préférés, je dois vous avouer que j'ai tapé du pied d'impatience à en user la semelle de mes chaussures. Comme le personnage interprété par Peter Finch dans la fameuse scène de Network, j'ai failli crier "I'm as mad as hell and I won't take this anymore!", mais puisque j'ai maintenant le précieux objet en main, je vais respirer un peu et me contenter de ENFIN!

"The African Queen" donc, réalisé en 1951 par John Huston, est un classique atypique du cinéma américain pour plusieurs raisons, la principale étant que les grands studios n'en voulaient pas. Un Humphrey Bogart mal rasé utilisé à contre-emploi et une Katharine Hepburn qui paraît son âge? Horreur! De plus, la plupart des films de l'époque étaient tournés en noir et blanc dans des décors de studios et Huston, qui avait la réputation de toujours faire à sa tête, voulait tourner le film (en partie) en Afrique et en couleurs, avec une caméra Panavision (énorme), ce qui impliquait une foule de problèmes logistiques. Rajoutons à cela l'atmosphère lourde teintée de paranoïa qui planait au-dessus d'Hollywood, gracieuseté du Sénateur McCarthy et de sa chasse aux communistes, et "The African Queen" avait tout du projet qui allait finir sur les tablettes. Jusqu'à ce que Sam Spiegel (Horizon Pictures) se pointe et produise le film indépendamment. Le reste, comme on dit, fait partie de l'Histoire. Le film connait un succès critique et populaire immédiat et Bogart se verra décerner l'Oscar du meilleur acteur pour sa prestation.

Adapté du roman éponyme de C. S. Forrester, "The African Queen" nous transporte en Afrique, en 1914, au début de la Première Guerre mondiale. Samuel Sayer (Robert Morley) et sa soeur Rose (Katharine Hepburn) sont missionnaires britanniques dans un petit village situé aux abords d'une rivière qu'empruntent Charlie Allnut (Humphrey Bogart) et son bateau pour leur livrer courrier et provisions. Quand Charlie les avertit que la guerre vient d'éclater et que les troupes allemandes surveillent la région, les Sayer décident tout de même de rester. Lorsqu'il revient quelques jours plus tard, Charlie trouve le village rasé par les flammes et vidé de ses habitants, sauf pour Rose, stoïque, qui refuse de quitter la dépouille de son frère. Le couple mal assorti partira finalement à bord du African Queen, s'alliant à contrecoeur pour une dangereuse mission: aller torpiller la Louisa, une canonnière allemande qui patrouille dans un grand lac à l'extrémité de la rivière.

Ce récit d'aventures/romance qui marque la première collaboration entre Bogart et Hepburn n'aurait pas pu mieux tourner. Le film repose presque entièrement sur la relation improbable entre l'écumeur de rivière bourru et mal éduqué et la missionnaire distinguée et raffinée qui boit son thé en levant le petit doigt. Le fait que les personnages soient confinés à l'espace restreint du bateau accentue les différences et les conflits de personnalités, et il est fascinant de voir les rapports évoluer de la cohabitation embarrassée et polie jusqu'à la relation amoureuse. Charlie perdra peu à peu son côté irritable d'aventurier solitaire pour laisser transparaître une certaine vulnérabilité, alors que Rose, sortie du cadre rigide imposé par sa vocation, deviendra intoxiquée par la vie, dans un univers exaltant qu'elle n'a jamais connu. Bogart et Hepburn composent un couple d'anthologie qui n'a pas pris une ride.

Le transfert remastérisé de cette édition Blu-ray est superbe. La direction photo de Jack Cardiff souligne la beauté des paysages africains, même si le réalisateur abuse un peu des séquences où on aperçoit la faune dans son habitat naturel. L'image est propre et limpide, les couleurs sont riches et vibrantes, et le niveau des contrastes et des détails est exemplaire. C'est particulièrement évident quand on observe les visages expressifs des deux protagonistes où chacun des traits apparaît clairement, chose rare pour un film de cet âge. La haute définition est cependant implacable quand il s'agit d'effets spéciaux, et on peut facilement identifier les scènes où des maquettes (bateau dans les rapides) ont été utilisées. La piste audio originale mono est acceptable et les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente.

La présentation est de facture standard et le boîtier simple est recouvert d'une jaquette cartonnée au contenu (bilingue) en tout point identique. Au rayon des suppléments, au lieu de nous servir une série de revuettes redondantes, on a droit à l'excellent documentaire "Embracing Chaos: Making The African Queen" qui explore de façon exhaustive tous les aspects de la production. On y retrouve des entrevues informatives avec plusieurs historiens du cinéma, biographes et artisans du film, ainsi que des documents d'archives qui nous transportent sur les lieux du tournage.

Veuillez noter que "The African Queen" est également disponible dans un coffret commémoratif (DVD et Blu-ray) incluant un second disque (CD) qui propose la diffusion radio originale de "The African Queen" avec Humphrey Bogart et Greer Garson, la reproduction d'un mémoire publié par Katharine Hepburn intitulé "The Making of the African Queen or How I Went to Africa with Bogart, Bacall and Huston and Almost Lost my Mind", un segment de pellicule encadré qui illustre le processus Technicolor ("3 strip process"), ainsi que huit photos cartonnées reproduisant du matériel promotionnel original.

L'attente en valait la peine puisque cette édition Blu-ray est impeccable et rend parfaitement justice à l'un des grands films de l'âge d'or du cinéma américain. Incontournable.


Cotes

Film9
Présentation4
Suppléments8
Vidéo9
Audio7