Alice In Wonderland [Blu-ray]
Blu-ray Combo Pack
Walt Disney Home Entertainment

Réalisateur: Tim Burton
Année: 2010
Classification: PG
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (BD-50 + DVD-9 + DVD-5)
Code barres (CUP): 786936804461

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
10 juin 2010

À la façon des récents Avatar et A Christmas Carol, le "Alice in Wonderland" de Tim Burton n'est bien souvent qu'une luxueuse production destinée à en mettre plein la vue, oubliant du même coup de cultiver cette magie et cette féerie si nécessaire à ce genre d'histoire. Un récit ne se doit pas seulement d'être divertissant et attrayant, il doit comporter une âme et une identité propre. Le tout est heureusement légèrement sauvé par une impeccable édition Blu-ray.

Pauvre petite Alice (Mia Wasikowska)! La jeune demoiselle doit se marier avec un riche, mais ennuyant prétendant. Au lieu de cela, elle court réfléchir dans les bois, finissant par suivre un lapin jusqu'à sa cachette, pour mieux se retrouver dans un monde fantastique où elle peut grandir et rétrécir aisément. Afin de rentrer à la maison, elle devra se frotter à la Reine de cœur (Helena Bonham Carter), écouter l'inquiétant chapelier (Johnnny Depp) et aider la Reine blanche (Anne Hathaway) à libérer son peuple.

L'association entre le cinéaste Tim Burton et le romancier Lewis Carroll relevait de l'évidence. Les deux hommes sont des illuminés à l'imagination fertile, et la symbiose de leurs univers représente un fantasme pour les cinéphiles. Un souhait qui prend cependant une drôle de tournure. Pas parce que le créateur de Beetlejuice ne respecte presque pas les écrits légendaires que sont Alice au pays des merveilles et De l'autre côté du miroir (il en a parfaitement le droit), mais plutôt à cause de la mollesse de son travail.

Fidèle à ses habitudes, l'homme derrière Edward Scissorhands (mettre un lien vers mon texte) crée un rêve fantasmagorique où les somptueux paysages rivalisent avec les couleurs chatoyantes, les mélodies enchanteresses de Danny Elfman et de très habiles effets spéciaux. Là n'est pas le problème. C'est plutôt son style si unique et authentique qui semble cadenassé, limité à quelques moments furtifs (comme cette traversée sur des crânes). Il avait toujours promis de ne plus retravailler avec Walt Disney qui le restreignait sur le plan créatif. Peut-être qu'il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée, le voilà adhérer à la vision du père de Mickey Mouse.

Cela fait de cette version de "Alice in Wonderland" un simple film pour enfants. Pas désagréable à regarder, plutôt bien fait et palpitant, mais ultimement vide et presque fade, avec de nombreux personnages unidimensionnels (quelle héroïne ennuyante!) et des comédiens qui ne peuvent rien y changer (de Depp à Hathaway en passant par Bonham Carter, la caricature est souvent plus forte que tout). Le chapelier est un être torturé qui chute peu à peu vers la folie. Un état d'esprit qu'il aurait été fascinant à exploiter. Ce qu'aurait fait un Terry Gilliam ou un Tim Burton des beaux jours. Sauf que depuis l'extraordinaire Ed Wood en 1994, le metteur en scène ne surprend plus, lui qui a pondu seulement deux longs-métrages réellement satisfaisants (Corpse Bride qui lorgnait vers The Nightmare Before Christmas du camarade Henry Selick, et peut-être Big Fish qui s'inspirait énormément des écrits du même Carroll) depuis 15 ans.

En contrepartie, les qualités esthétiques sont à couper le souffle. Les images sont magnifiques à regarder, les contrastes sont saisissants et les riches teintes demeurent une véritable référence dans le genre. L'objet utilise tellement d'effets spéciaux que parfois, les yeux ne savent plus où regarder. Cela peut être positif... ou négatif, comme cette sensation de faux (ou de jeux vidéo) qui apparaît rapidement, rappelant la faculté des acteurs à travailler dans des univers où il n'y a absolument rien. Un aussi grand soin a été apporté au son. L'omniprésente musique ne laisse aucun répit aux oreilles et les différentes enceintes immergent parfaitement le spectateur dans un autre univers. Bien entendu, les voix s'entendent aisément, la traduction francophone est tout à fait potable, il y a de très visibles sous-titres blancs en français, en anglais et en espagnol. Une piste sonore anglophone supplémentaire décrit les différentes actions des protagonistes, ce qui est une excellente nouvelle pour les gens qui en ressentent le besoin.

Au total, il y a trois disques: un Blu-ray, un exemplaire DVD et une copie numérique. Le tout est inséré dans un boîtier orné d'un fantastique dessin de ce lieu enchanteur. Le menu principal du Blu-ray est fin et subtil, développant méthodiquement quelques images soignées et en mouvement sur un enveloppant air musical. Même s'il n'y a pas de pistes de commentaires, les bonus méritent l'attention. Il y a tout d'abord un documentaire sur le tournage qui permet d'en savoir davantage sur l'apport du compositeur, les effets spéciaux utilisés et les nombreuses péripéties rencontrées. Bien que les informations demeurent un peu superficielles, la curiosité est piquée. Celle-ci est renforcée lors du segment qui présente et explique l'importance de six personnages. Ce moment offre la chance aux interprètes de parler de leurs expériences personnelles. Quelques bandes-annonces complètent le tout, ainsi que de la publicité qui est offerte sous l'onglet BD-Live.

Cette Alice du 21e siècle plus belle que bonne n'aura aucune difficulté à divertir un public qui connaît déjà le dernier effort de James Cameron par cœur. Comme si en 2010, le nouveau gadget à la mode sont les lunettes en trois dimensions (étrangement, la version en deux dimensions offerte sur le Blu-ray est nettement plus agréable que celle présentée en salle) et que toutes les raisons sont bonnes pour créer des adaptations de tout et de rien (le meilleur exemple est cette suite de Tron qui sera disponible d'ici Noël prochain). Cette technologie, aussi impressionnante soit-elle, ne compensera jamais la valeur du traitement, qui laisse ici cruellement à désirer. Plus simples et précieux, les plusieurs dérivés de ce classique de la littérature (tels The Wizard of Oz, Labyrinth et Le voyage de Chihiro) possédaient du charme à revendre. Ce n'est pas le cas de cette superbe poudre aux yeux lancée par un réalisateur qui aurait de plus en plus besoin de se mettre en danger et d'oser réellement.


Cotes

Film6
Présentation9
Suppléments6
Vidéo10
Audio10