Alien Arrival [Blu-ray]
M.O. Pictures / Mongrel Media

Réalisateur: Jesse O'Brien
Année: 2016
Classification: 14A
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DTSHDMA51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-25)
Code barres (CUP): 629159058108

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Patrick Robert
27 novembre 2016

Dans un futur indéterminé, une guerre (tout aussi indéterminée) fait rage à travers le cosmos entre les armées du général Hatch et celles du général Lang. Fraîchement évadé d'un camp de prisonniers où il était condamné aux travaux forcés, le mercenaire Kye Cortland se voit confier une mission délicate par les membres de la résistance: infiltrer un vaisseau ennemi, et mettre la main sur des informations cruciales pouvant sauver son père, dont l'exécution est prévue pour le jour de la Libération. Évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu, et après avoir copié les données informatiques, le vol à bord duquel Kye prend place se retrouve au cœur d'une tempête magnétique et s'écrase sur une lune déserte. Unique survivant de l'accident, Kye sera confronté à un climat inhospitalier, et tandis que les jours dans l'attente des secours se transforment en semaines, en mois, puis en années, le naufragé à la santé mentale chancelante deviendra de plus en plus convaincu qu'il n'est pas le seul habitant de cette lune isolée.

"Alien Arrival" (aussi connu sous le nom de "Arrowhead") est le tout premier long-métrage de Jesse O'Brien. C'est tout à l'honneur des studios Mongrel de donner une chance aux jeunes, et techniquement, le réalisateur parvient à faire beaucoup avec des moyens limités, mais son histoire de naufragé de l'espace est si mal ficelée et inintéressante qu'on en vient à se demander quel producteur dénué de flair a pu penser qu'elle pouvait donner un bon film. En dépit d'une intrigue simple (pour ne pas dire simpliste), O'Brien ne démontre vraiment pas de grands talents de conteur. En plus d'une absence totale de contexte (Quels sont les enjeux de cette guerre? Quelles sont les forces qui s'opposent?), le scénario s'avère souvent brouillon, et confus.

Ce qui nuit aussi à la compréhension, c'est que le film fait fi des rudiments les plus élémentaires du langage cinématographique. Non seulement passe-t-on d'une scène à l'autre sans véritable transition, mais le réalisateur enfile les années de solitude du naufragé sans donner d'indications visuelles pour marquer le passage du temps. Les vêtements de Kye Cortland ne s'usent pratiquement pas durant son exil forcé, et ses cheveux resteront mystérieusement courts tout au long de l'intrigue. L'atmosphère de la lune où il s'est échoué est censée être irrespirable, ce qui n'empêchera pas le héros d'y passer tout ce temps sans oxygène grâce à un tour de passe-passe scénaristique. Ajoutez les hallucinations et les différentes versions du personnage principal qui se multiplieront au fur de l'histoire, et vous comprendrez pourquoi on nage parfois en plein flou.

Tourner dans une vallée désertique et prétendre qu'il s'agit d'une autre planète dans une galaxie lointaine constitue un truc éculé de la science-fiction à petit budget. Malgré tout, le réalisateur travaille finement sa composition d'images. En donnant à son ciel un bleu surréel et en y ajoutant des astres gigantesques, ou encore en illuminant une scène nocturne avec des centaines de lucioles extraterrestres, il parvient à créer quelques moments de pure beauté, mais ceux-ci sont trop peu nombreux pour compenser l'aspect contemplatif du long-métrage. Les accessoires et les costumes sont moins convaincants, et bien que l'intrigue se déroule dans le futur, les habits des cosmonautes paraissent plus primitifs que ceux utilisés aujourd'hui, tout comme les ordinateurs, avec leurs interfaces vieillots.

"Alien Arrival" propose essentiellement une intrigue à un seul personnage. Pour réussir ce genre de one-man-show cinématographique, il faut une écriture forte et un comédien ayant assez de talent pour soutenir un long-métrage entier sur ses épaules, ce qui n'est pas le cas ici. Sans être mauvais, Dan Mor ne possède pas assez de charisme pour accomplir ce genre de tour de force, et malgré tous ses efforts, ses tentatives pour rendre son Kye Cortland attachant tombent à plat. Il est difficile de ne pas penser au HAL 9000 du 2001: A Space Odyssey de Kubrick en entendant la performance de Shaun Micallef, l'acteur prêtant sa voix à REEF, l'ordinateur de bord et seul véritable compagnon du naufragé. Dans le rôle d'une scientifique décédée et hallucinée par le personnage principal, Aleisha Rose complète une distribution sans éclat.

L'édition de "Alien Arrival" maintenant disponible inclut le long-métrage sur un disque au format Blu-ray, et c'est tout. Pas de DVD ni de copie numérique, et aucune forme de matériel supplémentaire pour accompagner le programme principal. Il est vrai que peu de cinéphiles auront envie de se taper un making-of après le visionnement du film, mais au final, on ne peut pas dire que l'édition en offre beaucoup pour son argent.

Honnêtement, seul le devoir professionnel m'a poussé à terminer "Alien Arrival", un film de calibre étudiant se voulant une sorte de Cast Away de l'espace, mais qui, à cause d'un scénario brouillon et confus, se révèle plutôt être un Robinson de l'ennui.


Cotes

Film3
Présentation5
Suppléments0
Vidéo6
Audio7