All the President's Men [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Alan J. Pakula
Année: 1974
Classification: 14A
Durée: 138 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA10), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 883929176595

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
24 février 2011

Les thrillers politiques ne sont pas légions sur nos écrans. Souvent considérés trop "intellectuels" ou "compliqués", les studios leur préfèrent depuis longtemps les films d'espionnage remplis d'action à la James Bond ou à la Jason Bourne. Mais tous ces films plus ou moins improbables - et tout de même excellents parfois - doivent s'incliner bien bas devant le père de tous les thrillers politiques, j'ai nommé "All the President's Men".

Le film relate les événements dits du "Watergate" qui débutèrent par l'arrestation de simples voleurs en 1972 et menèrent ultimement en à la démission du président des États-Unis, Richard Nixon, en 1974. Et quoi de mieux pour un scénario d'un tel film que de savoir que tous les personnages et tous les événements montrés à l'écran sont bels et bien réels. Je dirais même que c'est vraiment un cas où la réalité dépasse la fiction.

Basé sur le livre du même nom écrit par les deux journalistes du Washinton Post qui firent sortir au grand jour ce scandale politique, Carl Bernstein et Bob Woodward, le film d'Alan J. Pakula est construit comme un vrai thriller. Et bien qu'il ne se passe rien de bien spectaculaire dans cette enquête journalistique - amateurs de poursuites de voitures et de fusillades à la mitraillette entre policiers et brigands s'abstenir - la tension créée est telle qu'on ne peut décoller de son siège tant que le film n'est pas fini. Et le pire étant que la fin nous est déjà connue! Il faut dire que beaucoup de maîtres du genre ont participé à l'époque à ce film. Tout d'abord les deux journalistes sur le travail desquels il est basé (je me souviens avoir eu le même sentiment de fébrilité en lisant leur livre), puis William Goldman le scénariste chevronné de films de suspense (Marathon Man entre autres), quelques-uns des acteurs les plus intéressants de l'époque comme Dustin Hoffman et Robert Redford bien sûr, mais aussi Hal Holbrook dans le rôle de Deep Throat et Jason Robards dans celui de l'éditeur du Post et finalement Pakula lui-même qui avait réalisé quelques années plus tôt un autre excellent thriller politique, The Paralax View.

Mais peu importent ces grands noms, le succès de "All the President's Men" tient bien sûr aux faits réels eux-mêmes. Comment un président des États-Unis (Richard Nixon pour ceux qui l'ignoreraient) a-t-il pu s'abaisser à faire espionner ses opposants politiques dans leur propre bureau de parti, puis comment il est tombé encore plus bas en essayant de s'en sortir avec des méthodes illégales après s'être fait prendre la main dans le sac.

Le scénario est très simple. Deux jeunes journalistes (Redford et Hoffman) décident de creuser un peu plus à fond une histoire de voleurs appréhendés dans le Watergate Building à Washington. Cet édifice abritant les bureaux du Parti Démocratiques, les deux hommes sont curieux de voir ce que cherchaient les voleurs. Plus ils progressent dans leur enquête - c'était le bon temps des vrais journalistes d'enquêtes, non pas comme maintenant où ils ont été remplacés par de simples béni-oui-oui à la solde des intérêts économiques - plus les informations mènent vers une affaire d'espionnage ayant son origine dans les bureaux de la Maison Blanche. Ils seront aidés en chemin par leur éditeur (Robards) qui tiendra tête aux avocats et par une mystérieuse source anonyme, "Deep Throat" (Holbrook), qui les guide sur des pistes lorsque leur travail stagne.

J'aimerais cependant souligner que malgré la simplicité de tout ça, il faut être en pleine forme pour visionner ce film. Les nombreux liens entre les encore plus nombreux membres de l'affaire Watergate sont complexes. Des dizaines d'intervenants prendront la parole à un moment ou un autre ou plusieurs fois pour nier, avouer, se défendre, mentir, impliquer quelqu'un d'autre, se contredire, faire amende, etc., et il faut bien suivre les dialogues pour s'y retrouver.

En complément, je conseillerais aussi le superbe documentaire The Most Dangerous Man in America: Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers que j'ai eu la chance de commenter récemment sur ce site. Il s'agit un peu de la genèse de l'affaire du Watergate...

Visuellement, le transfert est très bien réussi. L'image est superbe, avec des couleurs chaudes et une netteté surprenante pour un film assez vieux. Toutes les séquences sont impeccables et le travail de nettoyage et de mise à neuf est assez époustouflant. Pour l'audio, on a aussi fait un travail remarquable. Les dialogues et les ambiances sonores sont merveilleusement bien servis par le transfert de qualité et même si on ne retrouve que la seule piste Dolby Digital, il n'en reste pas moins que c'est très efficace.

En suppléments, on retrouve deux revuettes sur le tournage du film, une récente et une de 1976, une vignette avec Jason Robards lors d'une soirée mondaine, un commentaire audio de Robert Redford, une revuette sur le travail des deux compères journalistes Woodward et Bernstein et une sur le vrai Deep Throat qui sortit de l'ombre et révéla son identité en 2005 seulement, lors de son 90e anniversaire.


Cotes

Film9
Présentation9
Suppléments9
Vidéo10
Audio10