Apollo 13 [Blu-ray]
15th Anniversary Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Ron Howard
Année: 1995
Classification: PG
Durée: 140 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DTS51), Espagnol (DTS51), Italien (DTS51), Tchèque (DTS51), Hongrois (DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Italien, Espagnol, Suédois, Danois, Finlandais, Norvégien, Portugais, Bulgare, Tchèque, Hongrois, Islandais, Roumain, Slovaque
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 025192046155

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
8 février 2011

Une mission peut être qualifiée d'échec réussi, comme le prouve ce magnifique opus réalisé par Ron Howard, bien avant qu'il ne s'attaque mollement aux écrits de Dan Brown. Assemblant des acteurs talentueux, des décors de reconstitution bluffant de vérité et une progression dramatique misant davantage sur les personnages que le vernis final, cet "Apollo 13", qui aurait pu être un échec autant commercial et critique, s'est avéré une réussite totale en son temps et un des plus grands succès commerciaux de l'année 1995 (déjà 16 ans ont passées depuis!). Retour sur un de ces classiques valant la peine d'être découverts et redécouverts grâce à la magie du Blu-ray.

Après l'alunissage de Neil Armstrong et Buzz Aldrin en 1969, le programme spatial perdit un peu de sa crédibilité, l'idée ayant été davantage de berner les Russes dans cette course à la lune afin de prouver une quelconque supériorité d'après-guerre froide que de développer un réel intérêt scientifique pour la chose. Ainsi, Jim Lovell (Hanks), qui devait partir pour la mission Apollo 14, est bombardé à la 13e mission, l'ancien chef de mission étant tombé malade. Les chaînes télévisées perdent tout intérêt dans ce lancement, malgré une affirmation juste et pertinente de Lovell ("imaginez que personne ne soit retourné au Nouveau-Monde après Christophe Colomb"). Néanmoins, la Nasa poursuit son projet, le tout malgré le chiffre accompagnant la mission. À quelques jours du lancement, un pronostic médical survient et oblige l'équipe à se passer d'un de leurs meilleurs atouts, Haise (Gary Sinise), remplacé par Swigert (Bacon), dont la personnalité ne colle pas nécessairement avec celle de ses nouveaux camarades de vol. Une fois dans l'espace, un brassage d'oxygène provoque une explosion dans la soute et met en danger l'équipage ainsi que la mission. Après avoir trouvé un moyen de colmater la fuite, les astronautes et les responsables de la Nasa devront se serrer les coudes à plusieurs milliers de kilomètres de distance s'ils veulent que le trio revienne sain et sauf sur Terre... et encore, les problèmes ne font que commencer.

Ron Howard est un réalisateur qui possède une feuille de route parsemée de détours, certains pour le meilleur (Frost/Nixon, Apollo 13, A Beautiful Mind, etc.) d'autres pour le pire (EdTV, The Grinch, DaVinci Code, etc.). Lorsqu'il s'attèle à mettre en scène certains chapitres de l'Histoire de son pays, il se révèle un excellent metteur en scène capable de captiver son auditoire en saisissant des moments extraordinaires sur pellicule. Ses acteurs sont alors talentueux, dosés et offrent des prestations du tonnerre. Ici, rien à redire puisque l'équipe de Tom Hanks, Bill Paxton, Kevin Bacon, Gary Sinise et Ed Harris (pour ne nommer que ceux-là) se montre à la hauteur des attentes. Quant au scénario, il est peut-être un peu du côté des clichés accompagnant le chiffre 13, mais les implications sociales et les changements du noyau familial en l'absence du père donnent une ambiance des plus intéressantes pour ce drame qui, malgré une forte présence de technique, ne manque surtout pas de cœur et d'humanité. En ce moment critique où trois hommes sont laissés au vide spatial, chaque personne tente l'impossible afin de leur faire gagner un peu plus de temps à chaque fois afin de les faire revenir, déjouant la fatalité avec une créativité sans borne. On ne peut qu'admirer les gestes posés par ces gens, même si certains d'entre eux pouvaient douter d'un retour sans victime... et ils étaient en droit de douter puisque la loi de Murphy s'appliqua à cette mission plus d'une fois.

Howard filme son sujet (l'humain) en plongée, souvent dépassé par la technologie qui l'entoure, et ses scènes familiales contribuant à renforcer l'élément humain. Il persiste une aura de malchance à chaque tournant, mais la ténacité des gens, en dépit des pronostiques alarmants des médias (un message quelque peu appuyé par le réalisateur), fait ressortir le meilleur en eux, et c'est exactement là où Howard a placé sa plus importante critique: ce n'est que dans la plus totale noirceur, lorsqu'il ne persiste qu'un faible pourcentage de chance de survie, que l'être humain se révèle capable de conserver son titre de noblesse, qu'il mérite son droit à développer son intelligence et la maturité de son espèce: en oeuvrant afin de se préserver sans prétention aucune, en faisant preuve d'une imagination incroyable, en faisant un sacrifice tout aussi minime soit-il. Ron Howard et son équipe livrent ainsi une fable magnifique sur la survie et la lumière dans la noirceur. Un message dénué de sarcasme qui fait bon en cette époque résolument négative. Déjà le film avait marqué en son temps, mais aujourd'hui, son principal message demeure d'une vitalité sans précédent puisqu'il faut plus que jamais se souvenir que notre existence est aussi fragile que l'état précaire des astronautes en détresse. "Apollo 13" ou "quand l'humain fait fi de ses différences et se révèle à son meilleur". On ne peut ainsi que remercier les responsables derrière la mission et ceux derrière le film, de nous offrir la possibilité de nous inspirer à faire le meilleur de nous-mêmes sans avoir à attendre la catastrophe.

Pour sa première édition en Blu-ray, la Universal nous offre un transfert des plus beaux. Le niveau de détails est particulièrement fascinant (la dernière fois, je n'avais que la VHS, c'est dire): les matériaux divers réagissent avec réalisme et sans grand défaut. On ne dénote qu'une maigre déflagration de détails, probablement due à l'âge du film et à la précision des caméras de l'époque, sinon les couleurs, saturation, gestes, actions et tout le reste demeurent précis, de facture très belle et permettent un visionnage des plus satisfaisants (jetez votre vieille VHS et peut-être même votre DVD). "Apollo 13" n'a jamais été aussi beau (sauf lors de ses projections en salles, mais ça commence à dater).

Si l'aspect vidéo était plus que satisfaisant, l'audio impressionne carrément avec sa piste maîtresse (et ses autres langues également: 8 en tout!!! Ça ne se voit plus de nos jours!) détonnant à tous les coins. Le système de son vous place littéralement dans la cabine des astronautes et vous fait ressentir chaque inflexion technologique avec une précision qui m'a fait tourner la tête quelques fois tant je pensais que c'était dans la maison et non le film. La piste sait se faire très subtile lors des moments en famille et le tout (musique, effets sonores, dialogues, etc.) permet une écoute des plus agréables et amusantes.

La majorité des suppléments présents sur l'édition DVD est présentée ici, la plupart du temps en définition standard, mais vous aurez tout de même les revuettes "Lost Moon: The Triumph of Apollo 13", "Conquering Space: The Moon and Beyond" et "Lucky 13: The Astronaut's Story" en plus d'une piste de commentaires du réalisateur Ron Howard, Jim et Marilyn Lovell ainsi que des codes D-Box (que j'ai bien hâte d'essayer). Vous en avez pour quelques heures avec ces suppléments, mais on ne sent pas une grande profondeur. On effleure souvent la surface sans s'y attarder trop. Néanmoins, c'est déjà mieux que de ne rien avoir (la plupart des vieux titres de FOX a délaissé les suppléments au détriment du spectateur plus déchiré que jamais... pensez à Kingdom of Heaven ou Independence Day).

Houston, il n'y a aucun problème avec cette édition du film "Apollo 13". Le film parvient à émouvoir (plus que la majorité de sa catégorie) et malgré des effets qui datent affreusement, le spectacle parvient toujours à charmer et laisse une lueur d'espoir passé le générique et les compositions puissantes de James Horner. Le côté visuel et audio offre une performance des plus admirables et les suppléments, même s'ils ne sont pas en grande quantité ou profondeur, dénotent un intérêt certain. Faites-vous une fleur: redécouvrez ce titre sur Blu-ray... que pourrait-il arriver de mal après tout?


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments7
Vidéo8
Audio9