Argo [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Ben Affleck
Année: 2012
Classification: 14A
Durée: 120 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929297542

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 février 2013

"Argo" a d'excellentes chances de remporter l'Oscar du meilleur film qui sera remis dans les prochains jours. S'il s'agit d'un agréable divertissement qui tient en haleine jusqu'à la fin, le long-métrage de Ben Affleck ne mérite tout simplement pas cet honneur.

À la fin des années 70 et 80 en Iran, six otages américains trouvent refuge dans l'ambassade canadienne. Pour les faire sortir vivant du pays, un homme (Ben Affleck) imagine un stratagème incroyable, où une équipe hollywoodienne serait en repérage pour tourner un film de science-fiction dans la région...

Inspirée de faits réels, cette chronique tournée comme un reportage journalistique montre un réalisateur en pleine possession de ses moyens. Affleck a pris de l'expérience et de l'assurance devant et derrière la caméra, offrant une mise en scène vigoureuse, dirigeant avec doigté ses comédiens (les meilleurs étant les truculents Alan Arkin et John Goodman), alliant avec humour le suspense politique en l'alimentant de clins d'œil cinématographiques. Son récit, mené tambour battant et sans temps mort, arrive à réhabiliter le gouvernement Carter, rehaussant l'image des États-Unis après plusieurs années de vaches maigres. Pas surprenant qu'une telle vague de sympathie en son honneur existe dans son pays d'origine.

Cela n'en fait pas un grand film pour autant. En cherchant ardemment à divertir, l'effort manque de subtilité, de complexité et de profondeur. Il ne s'agit que d'une lutte manichéenne entre les bons et les gentils, où les invraisemblances sont indirectement proportionnelles à la réalité (par exemple, le rôle ici de l'ambassadeur canadien est presque réduit à zéro). Surtout que les dix dernières minutes – assez ridicule merci - viennent pratiquement gâcher toute la sauce, laissant un amer goût en bouche.

Empruntant l'esthétisme des thrillers des années 70, la photographie se voit bonifiée d'images précises et détaillées, aux contrastes harmonieux, aux teintes étonnantes et à la riche palette de couleurs neutres et défraîchies. Très solides, les pistes sonores mitraillent les enceintes de cris, de balles, d'applaudissements, d'alarmes, de sonneries de téléphones et d'hélicoptères. Rien pour entraver les voix qui s'entendent aisément et en cas de besoin, les sous-titres blancs se lisent sans aucune difficulté. La partition musicale d'Alexandre Desplat s'agence bien à l'ensemble, n'évitant toutefois pas les clichés.

La pochette bleue n'est pas particulièrement originale, montrant des gens courir et le visage barbu de Ben Affleck. Le menu principal du disque est statique, reprenant une image du héros. Une mélodie exotique se fait entendre. Cette édition comprend un Blu-ray, un DVD et une copie Ultraviolet. Les suppléments extrêmement intéressants vont encore plus loin que le récit final. Il y a tout d'abord un segment qui revient sur les évènements (la qualité des sources est incroyable), un second où le cinéaste parle de son désir d'être le plus authentique possible et un dernier qui s'attarde davantage à la section hollywoodienne. Il y a ensuite un fascinant documentaire de 47 minutes s'appuyant davantage sur les faits historiques. Comme cerises sur le gâteau, il est possible de revoir le long-métrage avec des capsules des survivants ou avec une très complète piste de commentaires de Ben Affleck et du scénariste Chris Terrio. De quoi demeurer occupé pendant un bon bout de temps.

Extrêmement efficace, "Argo" n'en demeure pas moins un essai surestimé, qui ne mérite pas toute l'attention médiatique et, surtout, les nombreuses récompenses qu'il a pu remporter. Oui, il s'agit d'une œuvre stressante à souhait qui tient le spectateur sur le bout de son siège. Pourtant, il lui manque une colonne vertébrale pour être majeur et inoubliable. Dans un genre similaire, le mésestimé Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow est nettement supérieur.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments8
Vidéo8
Audio8