Avatar
Blu-ray + DVD
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: James Cameron
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 166 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 024543656142

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
25 avril 2010

Après douze ans d'absence, et surtout parce que la technologie n'était pas encore prête pour son épique de science-fiction, James Cameron revient avec "Avatar", un nom aussi connu sinon plus que Terminator ou True Lies.

Dans un avenir distant, une colonie d'humains tente d'usurper un minerai précieux à un peuple lointain appelé les Na'vi. Un des soldats faisant équipe dans cette mission est chargé d'entrer en contact avec le peuple et gagner sa confiance avant que ne commence l'extraction inévitable du métal. Par l'entremise d'un processus scientifique complexe, l'esprit du soldat est séparé de son corps et introduit dans un avatar, créature représentant le soldat en version Na'vi. Après une immersion totale avec ce peuple, le soldat finit par prendre en affection ce dernier et se rend compte du mal qui se trame dans la mission qui n'a pour but que de déloger et dénaturer un peuple de sa culture et de sa terre natale.

Ça semble familier? Ça devrait. Remplacez les noms par les personnages peuplant la légende de Pocahontas et vous trouverez exactement la même histoire, à 300 millions de dollars près. Là où Cameron n'hésitait pas à sortir les gros canons dans une époque retirée (Terminator, Aliens, True Lies), il perd en signification et en métaphore pour prêcher une parabole lourde de sens arrivée quinze ans trop tard. Le développement des personnages témoigne d'une faiblesse évidente la minute qu'ils ouvrent la bouche et les effets spéciaux, aussi incroyables soient-ils, ne parviennent pas à effacer le manque cruel de travail au scénario. James Cameron a fait beaucoup mieux et, après une douzaine d'années de disparition du radar, nous devait un peu mieux que ça. Les personnages ne sont que des caricatures superficielles dépourvues de dimension, remplacées désormais par des effets que l'on croirait sortis des meilleures inspirations.

Malgré les défauts (néanmoins majeurs) du film, il faut reconnaître que le flair de Cameron réside dans son ingéniosité à faire avancer la technologie immersive du cinéma. Grâce à lui, le 3D est de nouveau à la mode, cette fois pour entrer dans une phase beaucoup plus importante et décisive. Il ne suffit plus qu'un personnage pointe la caméra pour faire ressentir des émotions fortes au spectateur (ex : Friday the 13th: Part 3), mais bien de l'immerger dans un environnement totalement soumis à la troisième dimension. Cameron l'a compris : le spectateur veut des effets spéciaux et ce que le spectateur veut, Cameron lui offrira même si ça veut dire tronquer un excellent concept pour une fable lourde et longue. Y a-t-il vraiment quelqu'un qui n'a pas vu ce message hautement écologique pointer à des milles à la ronde? Pour l'instant, on est en droit de se demander si "Avatar" n'est pas devenu le Star Wars du 21e siècle. Seulement, James Cameron nous prouve avec cette réalisation plutôt mollassonne qu'il est davantage un réalisateur technique qu'un réel dirigeant d'acteurs. On reconnaîtra également Sam Worthington du récent Terminator Salvation qui emboîte le pas d'un univers Cameron à un autre, crédible dans le rôle du soldat intermédiaire. James Cameron nous devait mieux que ça. Cela peut paraître énorme comme énonciation, mais les effets spéciaux les plus parfaits au monde ne peuvent cacher les trous, les lourdeurs ni les facilités du genre « arrangé avec le gars des vues ». Cameron n'a pas réécrit la science-fiction. Il a mené sa révolution technologique, oui, mais il a échoué à livrer une histoire, ce que tout film nécessite. En négligeant cet aspect, il a abandonné la colonne vertébrale même du cinéma en sombrant dans les clichés et les paraboles.

Aucun défaut ici. Le monde des Na'vi nous est fidèlement reproduit avec une redoutable efficacité. Dans un avenir très proche, ce sera le film dont tout le monde parlera tant pour l'image que pour l'audio afin de déterminer les limites d'un système de cinéma maison. "Avatar" est destiné à devenir LA référence technique et cette édition vous le prouvera sans équivoque.

Rien à redire ici pour la piste audio anglaise puisqu'elle nous plonge dans le monde des Na'vi et du conflit avec les terriens dans ces sublimes paysages composés de toutes pièces… cependant, et avec les milliards engrangés par le studio, on aurait pu être en droit de s'attendre à un meilleur traitement de la piste française ou espagnole… mais non, c'était trop espérer. Le maigre Dolby Digital 5.1 ne parvient pas du tout à crever les enceintes avec la même ténacité que son homologue anglais. Même en salle le français sonnait meilleur… bien meilleur. Fox est un studio extrêmement décevant quand vient le temps de numériser les pistes de doublage et "Avatar" ne fait pas exception à la règle. Universal demeure le grand premier à offrir des doublages en DTS qui, même s'ils n'ont pas le charme du DTS-HD ou du Dolby TrueHD de Sony, peuvent se vanter d'être efficaces.

Pour les suppléments, rien à dire : tout est sauvegardé jalousement par les studios pour retirer davantage de vos sous lors d'une édition future de quatre disques à paraître pour les Fêtes 2010. L'argument principal du réalisateur demeure la préservation maximale de l'image et du son… mais à quoi bon donner un DVD reprenant le même film, mais en définition standard??? Comme quoi la vache à lait n'est jamais complètement traie avec Hollywood. Doit-on s'attendre à une pléthore d'éditions future lorsque Cameron (qui l'a récemment confirmé) étendra sa mythologie dans d'éventuels second et troisième opus?

"Avatar" est un film truffé de défauts, qui prêche par une morale guimauve et souffre de longueurs évidentes. Il essaie donc de séduire par des effets jamais vus, et réussit à engranger près de trois milliards de dollars. Mission accomplie pour Cameron et compagnie, qui ne semblent pas regretter. Seulement, et avec la nouvelle édition à paraître comprenant un gros six minutes de plus (une édition rallongée peut-elle se vanter de l'être avec si peu de temps de plus?) et des suppléments adéquats, mon avis serait de vous suggérer de conserver votre argent et d'attendre… mais les 1,5 millions d'acheteurs du Blu-ray lors du premier jour de sortie me confirment aisément que cet avis ne sera pas écouté… ni les ventes faramineuses sur eBay...


Cotes

Film5
Présentation7
Suppléments-
Vidéo10
Audio10