Back To The Future Trilogy [Blu-ray]
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Robert Zemeckis
Année: 1985 / 1989 / 1990
Classification: PG
Durée: 116 / 109 / 119 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DTS51), Espagnol (DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (BD-50)
Code barres (CUP): 025192049491

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
2 novembre 2010

"Vous dites que vous avez construit une machine à voyager dans le temps à partir d'une DeLorean?"

Nous sommes en 1985 et Marty McFly (Michael J. Fox) est un adolescent aux prises avec de sérieux ennuis: son père est un pauvre type soumis aux basques de Biff Tannen, sa mère boit comme le Titanic et son frère et sa sœur n'ont pas d'avenir brillant. Bref, Marty n'est pas au comble de la joie. Profitant d'une promenade nocturne, le jeune homme retrouve un ami d'un certain âge, Doc Brown (Christopher Lloyd), un scientifique ayant mis au point une machine à voyager dans le temps. La soirée d'introduction ne se passe pas comme prévu et Marty doit s'échapper dans le véhicule. Il se retrouve catapulté malgré lui dans une année programmée par le docteur, soit en 1955 où Marty fait la connaissance de ses parents alors qu'ils avaient son âge. Il doit donc réparer les torts qu'il a causés puisque ces accidents pourraient, en peu de temps, rayer son existence de l'univers. Quelques instants après les événements du premier film, Doc revient avertir Marty du triste sort qui attend ses enfants en 2015. Ils voyagent donc à cette époque et parviennent à empêcher le désastre... sans savoir que quelqu'un a vu la machine à l'œuvre et qu'il projette de s'en servir pour son malin plaisir. La dernière fois que nous avons laissé Marty en plan, il était dans une rue, sous la pluie battante et il venait de recevoir une vieille lettre de Doc, lui affirmant qu'il menait une vie de rêve en 1885. Une circonstance pénible amènera Marty à tenter d'éviter à son ami scientifique une mort certaine, sans pour autant savoir ce qui l'attend au tournant qui pourrait changer le cours de sa vie.

Ce classique des années 80 propose un excellent divertissement. Le premier film est un peu sombre par les aspects et thèmes qu'il suggère, le rythme est très bon et les acteurs incarnent leurs personnages avec conviction et amusement. L'ironie est un des plus grands thèmes de la trilogie, mais c'est le premier film qui en parle avec le plus de verve. Les dialogues sont croustillants et ironiques au possible, provoquant le rire à chaque fois. La réalisation de Zemeckis est attentionnée aux personnages davantage qu'aux effets spéciaux (qui ne sont pas légion il faut avouer). Leurs différentes personnalités sont peut-être aujourd'hui considérées comme des clichés, mais il y a 25 ans, c'était ce qu'il se faisait de mieux en guise de divertissement populaire... et c'est encore difficile à détrôner. L'accent mis sur le développement des personnages, leurs interactions avec l'environnement et les conséquences de leurs gestes au fil du temps. Nous observons donc une drôle et agréable progression dans le récit, guidé par des interprètes au sommet de leur art. En tête de liste, ex æquo, Michael J. Fox et Christopher Lloyd dans les rôles respectifs de Marty et Doc Brown, offrent une véritable bouffée d'air frais à camper ces personnages. Marty est un réactif, un étranger dans une époque étrange (pour lui du moins) tandis que Brown est un hyper-réactif pour qui chaque situation est vécue à 100%. Démultipliant les quiproquos comiques, Zemeckis et ses acteurs jouent à fond la carte du romantisme et de la nostalgie.

Pour le second film, il aurait été facile de faire une histoire sans envergure, mais cette seconde mouture permet de voir, avec un certain sens de la parodie, un futur (qui n'est que dans cinq ans) caricaturé au possible, bien aux couleurs des années 50. Le rythme est beaucoup plus rapide et les acteurs incarnent leurs personnages avec autant de crédibilité et de charme dans une histoire pleine de rebondissements. La finale où l'on revisite les années 50 ainsi que la finale du premier film est tout bonnement superbe et témoigne d'une imagination débridée. Certains fans ont le second film comme favori et à plusieurs égards, ils ont raison, car l'équipe sait davantage où s'en aller avec les éléments divers. Les mêmes thèmes sont repiqués ici et là, mais le tout est joué avec une telle aisance désarmante que le résultat est presque aussi réussi que le premier film.

Le dernier film propose une virée à l'époque du far-ouest. Cette fois, le rythme est plus lent et l'exposition des personnages prend une ampleur plus émotionnelle que lors des précédents opus. On sent qu'il s'agit de la dernière envolée, mais pour une raison étrange, le charme opère encore et toujours jusqu'à la finale toute heureuse, mais combien satisfaisante. Une trilogie qui commence en force et qui se termine en apothéose avec très peu de fausses notes (je les cherche encore à vrai dire), voilà une denrée rare à Hollywood... et "Back to the Future" est exemplaire sur toute la ligne.

Je ne connaissais la trilogie que par le biais des vieilles bandes VHS (mes parents avaient aussi un bêta où j'avais stocké les trois films sur une cassette) et lorsque le DVD fut édité, les problèmes reliés aux doublages français cessèrent de m'intéresser aux films, du moins pour ce format. Toujours est-il que j'oubliai complètement de me procurer la trilogie en DVD pour ma collection jusqu'à l'annonce de la version Blu-ray.

Aussi bien le dire dans les mots de Marty McFly: "Ça c'est du rock!". Le transfert est superbe et criant de toute beauté. Les couleurs chaudes des années 50 ressortent avec une saturation très bien calibrée, la qualité des détails permet de découvrir de nouveau une trilogie fraîche d'il y a 25 ans. Si vous n'avez pas vu "Back to the Futur" en Blu-ray, vous ne l'avez pas encore vu. Les contrastes préservent une richesse appréciable, à l'instar des actions et des gestes des personnages qui demeurent d'une solidité remarquable. Les multiples textures de bois, d'asphalte, même les minuscules poils sur les bras ressortent avec brio et offrent, au final, un transfert vivant, respectueux de sa source d'origine et le grain de la pellicule est admirablement présent sans pour autant empêtrer l'image. L'excellence du transfert prend toute sa dose de défi lors d'une ballade nocturne pour aller retrouver la machine à voyager dans le temps. Le tout se déroule dans un décor majoritairement sous le brouillard. Un transfert minime ne saurait gérer la complexité de cette scène: le brouillard, le sol, le pont en arrière-plan, les phares de la voiture et les personnages en avant-plan bien découpés, le tout dans un spectacle de textures et de précision au-delà de mes espérances. Contrairement à plusieurs éditions, le studio a résisté à l'idée de réduction de bruit et tout ce qui fait le charme des productions pré-numériques. Universal démontre son respect évident envers cette série. Cette présente édition est ce qu'il se fait de mieux en ce moment avec un transfert de référence.

Les bandes-sons ont souvent été le second plus grand sujet d'inquiétude lorsque toute édition sort sur le marché. On redoute, la plupart du temps, un mauvais traitement, un fond sonore trop plat ou des égratignures. Ici, c'est le beau fixe dans tous les cas. La piste principale laisse entrevoir des éléments jamais entendus jusqu'ici (bon, je n'avais que la VHS, donc je n'ai pas pu vérifier avec le DVD). La partition de Alan Silvestri dore chaque scène dans laquelle elle se trouve, les paroles sont clairement entendues sans jamais être ensevelies sous les effets sonores ou la musique. Même la piste française présente des morceaux que l'on n'avait jamais pu discerner auparavant. Malgré une ambiophonie qui aurait été très souhaitée, on se retrouve néanmoins avec des pistes actives, vivantes et sans défaut.

Vous retrouverez sur ce disque tous les suppléments dont vous pourriez vouloir. Si vous possédez déjà l'édition DVD, sachez que TOUS les suppléments de cette version sont déportés vers le Blu-ray en plus d'une belle brochette de nouveaux éléments, certains étant exclusifs au format bleu. Prenez un bon souffle, car il y en a pour longtemps.

Commençons par les nouveaux bonus, présentés en haute définition. "Histoires du futur" est un excellent documentaire en six parties, présenté en haute définition, qui examine chaque aspect du tournage des films. Vous en aurez, au total, pour un peu plus de deux heures rien qu'avec ces revues. La revuette "La Physique de Retour Vers le Futur" offre une brève discussion avec un scientifique avec qui nous apprenons quels aspects scientifiques du film sont "corrects". Cela est suivi des scénarimages de la finale originale du film avec un commentaire optionnel du producteur. Un spécial télévisé, animé par Leslie Nielsen, à l'époque où le second film était sur le point de sortir en salles et à l'époque où le premier film passait pour la première fois à la télévision. Finalement, une interface "U Control" qui propose des textes séparés sur chaque film.

Les autres suppléments de l'édition DVD sont également repris ici, avec, si vous n'avez pas la récente édition de deux disques du premier film, d'autres additions: Scènes coupées totalisant près de 18 minutes, mais dont les dommages à la pellicule paraît à peu près tout le temps, entrevue avec Michael J. Fox, revues d'archives concernant la production de chaque film de la trilogie (intéressantes, mais un peu trop courtes - on rectifie le tir avec les suppléments plus haut) ainsi que des pistes de commentaires de Zemeckis et Gale et par les producteurs Bob Gale et Neil Canton. Ces pistes de commentaires ne sont que des entrevues avec le réalisateur et le producteur avec un montage. Dommage, car une véritable piste de commentaires devrait être beaucoup plus intéressante et diversifiée. On voit ici le côté "control-freak" du studio. Ensuite, il y a "Retour Vers le Futur: l'attraction de Universal" (plus besoin de prévoir un voyage aux parcs de la Universal, l'attraction est désormais dans votre salon), des vidéoclips de Huey Lewis et de ZZ Top ainsi que des bandes-annonces et pré-bandes-annonces de chacun des films.

La trilogie "Back to the Future" est une valeur sûre, que vous soyez fan de science-fiction ou de comédie ou seulement de cinéma. Pour ma part, le seul film que j'ai vu en salles était le second. Je me souviens absolument de tout: il s'agissait d'un cinéma de deux salles seulement, sur le boulevard de la Canardière. Le cinéma n'existe plus depuis plusieurs années, mais le souvenir y est. Après 25 ans, les films sont toujours aussi frais et le temps n'entame en rien leur charme. En dépit des dernières années de vaches maigres chez Universal, ces titres sont toujours d'un attrait évident chaque fois qu'un nouveau format fait son apparition. Ici, on retrouve un ensemble qui, au contraire de la première édition DVD défectueuse, se sort magnifiquement d'affaire du premier coup. Le transfert audio et vidéo est de toute beauté pour une trilogie de cet âge. Les suppléments sont légion et sauront répondre aux questions des fans affamés de réponses et de divertissement supplémentaire. Si vous avez aimé ne serait-ce qu'un film dans cette trilogie (il y a fort à parier qu'ils vont ressortir les films individuellement un de ces jours), vous devriez cesser de lire cette critique et vous procurer cet ensemble sans tache, car sur Blu-ray, il y a fort à parier que ça sera un titre TRÈS vendeur. Cette édition présente reçoit ma plus haute recommandation.


Cotes

Film10
Présentation10
Suppléments10
Vidéo10
Audio10