Bad Boy Bubby [Blu-ray]
Blue Underground

Réalisateur: Rolf de Heer
Année: 1993
Classification: NR
Durée: 114 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51, TrueHD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 827058701495

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
22 juillet 2009

Il est étonnant de voir que l'excellent film australien "Bad Boy Bubby" n'ait pas trouvé de distributeur nord-américain lors de sa sortie en 1993. Il est vrai que son propos et sa cinématographie sont un peu crus pour en faire un film grand public, mais j'ose croire qu'il y a un public plus averti qui ne rechigne pas devant quelques séquences de violence psychologique domestique ou d'inceste. D'autant plus que le ton est ouvertement bizarre et humoristique, ce qui aide à faire passer l'absurdité et le drame de la vie du protagoniste principal.

Tourné de façon expérimentale par le réalisateur hollandais établi en Australie Rolf de Heer (qui nous donnera plus tard l'excellent Alexandra's Project) qui utilisa ses fins de semaine et demanda à ses amis de l'aider en travaillant pour des clous - ce qui explique le fait qu'il y ait trente-deux directeurs photos différents au générique!- il est surprenant de voir à quel point le film est extrêmement cohérent, bien ficelé et ait une facture professionnelle. Il est vrai que sa réussite doit beaucoup à la performance du comédien Nicolas Hope dans le rôle de Bubby, mais on peut tout de même voir une vision de réalisateur très forte sous-tendre l'ensemble du projet. Décrit par un critique comme un Being There réalisé par David Lynch, ce film étrange s'approche dangereusement de la perfection pour qui aime les ambiances glauques, les rythmes lents et les histoires tordues et bizarres. Heureusement, ses petites failles le rendent plus réel et ne nous font que l'aimer davantage.

Le scénario raconte la vie de Bubby, un simple d'esprit de trente-cinq ans séquestré et élevé de façon horrible par sa mère dépravée et psychotique. Lorsque le père du garçon débarque après tout ce temps pour tenter de renouer avec la gente dame, l'homme-enfant se sent soudainement de trop et réagira de la seule façon qu'il connaisse: avec violence. Enfin libre du joug maternel, il sort pour la première fois de son appartement et découvrira le monde qui l'entoure dans toute sa splendeur et sa dureté. À la fois naïf et pervers malgré lui, Bubby fera toutes sortes de rencontres qui le mèneront vers son destin unique...

Au niveau de la qualité vidéo, les looks très différents de chaque séquence sont généralement bien reproduits. Des couleurs pastel d'un bar où le héros se ramasse, à l'aspect sale et sombre des rues la nuit, aux décors gris surexposés de son appartement, chaque tableau est traité avec soin. Des couleurs un peu changeantes, du grain à profusion à l'occasion et une définition et des contours nets nous aident à visualiser la vie étonnante de ce benêt béni. Pour l'audio, on nous avertit dès le début que la piste sonore étrange et un peu décalée est un choix artistique et se veut comme la perception de Bubby des bruits et paroles qui l'entourent. Le résultat est très clair même si on doit s'habituer à cette ambiance différente. La bande son possède un côté éthéré qui exprime bien l'état d'esprit du personnage. Le décalage volontaire entre le son net habituel et cette approche plus étrange est bien servi par l'éventail de possibilités et la latitude de la technologie Blu-ray.

En suppléments on retrouve deux longues entrevues fascinantes, une du réalisateur et une du comédien principal, ainsi qu'un court métrage tout aussi bizarre dans lequel Nicolas Hope joua et qui fit que De Heer le remarqua et lui demanda de venir le rencontrer lors du casting de "Bad Boy Bubby".


Cotes

Film9
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio8