The Box [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Richard Kelly
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 116 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA51, DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-25 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929121458

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 février 2010

Richard Kelly cherche à faire revivre sa carrière avec "The Box", une entité bizarroïde où le suspense, l'horreur, la science-fiction et l'humour cherchent à avoir le dernier mot. Pas toujours sain et plutôt inégal, mais quelle sinistre expérience! Surtout en édition Blu-ray qui manque cependant un peu de pimpant.

Même s'il s'est planté au box-office, Donnie Darko est devenu une œuvre culte, fascinant par ses multiples énigmes et ses desseins de fin du monde. Surtout que le tout a pris l'affiche en 2001, quelques semaines seulement après les attentats du 11 septembre! À tel point que son cinéaste Richard Kelly est rapidement devenu la saveur du mois, le sauveur du cinéma indépendant américain. Il a fallu patienter cinq longues années avant d'avoir de ses nouvelles et le très attendu Southland Tales, long-métrage ambitieux et déroutant, imparfait, mais hypnotique, s'est fait vilipender au Festival de Cannes, avant de sortir discrètement sur trop peu d'écrans (et aucun au Québec). Un coup de malchance que viendra difficilement rétablir "The Box", un autre projet décousu et si riche symboliquement, qui n'appartient qu'à un illuminé qui aimerait bien pouvoir travailler tranquillement.

Un couple (Cameron Diaz et James Marsden) découvre une mystérieuse boîte sur le palier de leur maison. Un inconnu (Frank Langella) leur explique qu'ils auront droit à un million de dollars s'ils pressent le bouton qui orne ce cube. En se faisant, quelqu'un quelque part perdra la vie. Afin de veiller aux bons soins de leur fils (Sam Oz Stone), papa et maman décident d'encaisser le montant. Leur action aura toutefois des conséquences tragiques sur la suite de leurs existences...

Cette histoire rocambolesque est adaptée d'une courte nouvelle que Richard Matheson a écrite dans les années 1970. L'histoire se déroule justement pendant cette décennie et elle est teintée par le climat de l'époque - paranoïaque à souhait - tout en empruntant des chemins connexes aux mythiques épisodes de Twilight Zone et aux toujours pertinents Invasion of the Body Snatchers, versions 1956 et 1978.

Le suspense est total et étouffant, surtout dans la première partie, où l'intrigue prend forme, évoluant en zigzagues, suivant la sublime trame sonore évoquant Hitchcock (donc Bernard Hermman) qui a été concoctée par trois membres d'Arcade Fire. Tout en tenant en haleine, Kelly tisse une toile complexe, traitant autant d'une force occulte que de morale, sans doute moins casse-gueule que son mésestimé Southland Tales, mais néanmoins touffue et lynchéenne, qui tourne en rond et se répète, étouffant au passage l'espoir, laissant beaucoup plus de questions sans apporter suffisamment de réponses, ce qui est toujours une bonne chose.

L'exercice s'avère cependant périlleux lorsque la science-fiction prend de plus en plus de place. Comme c'était le cas de Knowing (dont le metteur en scène avait participé au scénario), les retournements de situations ne manquent pas de faire réagir, et si l'ensemble a toujours baigné dans une belle dérision, quelques éléments plus risibles ou grotesques pourront faire décrocher. Sans doute que l'entreprise est beaucoup moins subtile que Donnie Darko, même si le réalisateur aimerait ardemment que son dernier essai - sans doute trop étrange pour le grand public et trop commercial pour le cinéphile exigeant - devienne culte.

L'atmosphère de suspicion se matérialise grâce à de vieilles couleurs où dominent le blanc, le gris et le brun, ainsi que de solides teintes et des contrastes généralement au point (et si importants). Rien n'est exceptionnel et un peu de grain peut ultimement émaner, sauf que le rendu technique enveloppe les situations, les rendant encore plus déroutantes. Les superbes mélodies de Win Butler, de Régine Chassagne et d'Owen Pallett cristallisent le moment présent grâce à de somptueux - et glaciaux - airs de violon et de piano. Les pistes sonores sont plus distrayantes que réellement efficaces, faisant ressortir des bruits de machines à écrire, d'aboiements, de cloches, d'eau et d'alarmes des multiples enceintes. La version originale anglophone et la traduction francophone sont de qualité, les dialogues un peu faibles s'entendent tout de même aisément et il y a d'assez visibles sous-titres blancs au rendez-vous.

L'intrigante pochette noire parsemée d'une ligne rouge est agrémentée du visage des trois protagonistes. Le menu principal du Blu-ray reprend ce concept statique et sans son. Dans l'ensemble, les suppléments demeurent un peu superficiels. Le cinéaste discute de ce qui l'intéressait tant dans cette petite nouvelle de six pages, il y a une courte entrevue avec Richard Matheson, une mini analyse de trois séquences nécessitant des effets spéciaux et trois segments bercés de musique qui regroupent des pseudos extraits de la NASA... Quelle chance qu'il y a une très satisfaisante piste de commentaires où le metteur en scène décortique son projet, étayant les sources familiales et dévoilant avec explications fournies des détails qui auraient pu croupir dans l'ombre. De quoi vouloir l'écouter le plus tôt possible.

Malgré ses imperfections, ses fautes de goût et sa propension qui n'évite pas un certain ridicule assumé, "The Box" possède le pouvoir d'interpeller dès les premières minutes et de transporter le spectateur avisé dans des univers troubles où la noirceur - incarnée ici à la perfection par Frank Langella qui trouve un autre personnage emblématique - n'a presque aucun égal. Surtout que le récit, dirigé avec beaucoup d'efficacité, peut compter sur une solide direction d'acteurs. Richard Kelly est capable d'apporter de la vigueur et de la véracité à des comédiens unidimensionnels (Drew Barrymore, Patrick Swayze, Dwayne Johnson, Sarah Michelle Gellar, Seann William Scott, Justin Timberlake par le passé) et il se surpasse en rendant Cameron Diaz et James Marsden suffisamment crédibles et alertes. Un nouvel ovni qui ne plaira pas à tous, mais dont le potentiel pourra en surprendre plus d'un. Dommage qu'il se soit planté au box-office et que les critiques généralisées aient été aussi mauvaises. C'est maintenant le temps de le découvrir à la maison - et pourquoi pas en version Blu-ray? - en espérant qu'une édition plus fournie en bonus voit le jour.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments4
Vidéo7
Audio7