The Brave One [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Neil Jordan
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 122 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (TrueHD51, DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 31
Nombre de disques: 1 (BD-25)

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
8 mars 2008

L'oeuvre du scénariste et réalisateur irlandais Neil Jordan est marquée par l'éclectisme. De succès populaires comme Interview With a Vampire, en passant par de nombreux projets plus personnels, dont The Crying Game, ainsi que plusieurs films de répertoire à petit budget, il s'est peu à peu bâti une solide réputation sur le plan international. Privilégiant le thème des rapports sexuels non-conventionnels et les aspects socio-politiques liés aux problèmes en Irlande du Nord, il se retrouve ici en territoire inconnu avec "The Brave One", une sorte d'hommage aux films de vengeance des années 1970.

L'animatrice de radio Erica Bain (Jodie Foster) et son copain David (Naveen Andrews) promènent leur chien dans Central Park quand ils sont attaqués et battus sauvagement par deux voyous. David meurt, mais Erica s'en sortira, non sans séquelles. Traumatisée au point qu'elle ne peut ni dormir ni quitter son appartement, elle finira par surmonter ses angoisses en devenant quelqu'un d'autre. Elle achète un revolver et se met à déambuler la nuit dans les rues de la ville, apparemment sans but précis, mais espérant retrouver les responsables de la tragédie. Après avoir abattu un homme qui venait de tuer sa femme dans un dépanneur, Erica se transforme en justicière, éliminant d'autres truands sur son passage. Elle se liera d'amitié avec le détective Mercer (Terrence Howard), qui tente d'appréhender le tueur avant qu'il ne frappe à nouveau, sans savoir qu'il a la responsable sous le nez. Mais peu à peu, le doute s'installe dans son esprit...

Assis inconfortablement entre Taxi Driver et Death Wish, "The Brave One" peine à trouver son identité malgré la réalisation efficace et le jeu convaincant des acteurs. Alors que le film de Scorcese se voulait une brillante méditation sur la relation symbiotique entre la décrépitude urbaine, la solitude et l'aliénation envers la société, et la violence qui sommeille en chacun de nous, Death Wish assumait pleinement son rôle de film d'exploitation et Charles Bronson bottait le cul des méchants sans tentatives d'introspection ni métaphores. En essayant de mélanger tout cela, "The Brave One" ne parvient qu'à être un film de série ‘B' dans un emballage de série ‘A'.

Le principal problème se situe au niveau d'un scénario qui accumule les coïncidences et les invraisemblances (sans compter qu'il pige allègrement dans les deux films ci-haut mentionnés), et qui n'arrive pas à nous faire croire à la transformation soudaine d'un personnage traumatisé qui a peur de son ombre et qui, quelques minutes plus tard, accompagne un parfait étranger dans un corridor obscur pour s'acheter une arme. De plus, les nombreux monologues sur la nature humaine et autres sujets quasi métaphysiques qu'Erica débite à son émission ou dans son magnétophone sonnent faux, et le "happy ending" hollywoodien vient gâcher un film imparfait, mais qui demeurait jusque-là divertissant. Les meilleurs moments surviennent lors des scènes entre Jodie Foster et Terrence Howard, tous les deux excellents.

La qualité de l'image est dans les normes pour le format Blu-ray. Visuellement, le film est très sombre, mais la palette de couleurs et l'étalement des noirs sont fort bien rendus par le transfert et le niveau des contrastes et des détails est excellent. La piste audio n'est pas très agressive, mais l'environnement sonore est agréable. Par contre, le volume de la narration et de la musique est passablement plus élevé que celui des dialogues, et on se voit forcé de constamment ajuster le niveau du haut-parleur centre. J'ai fini par mettre les sous-titres...

La présentation est standard, mais les menus ne sont pas particulièrement conviviaux, car les caractères sont trop petits et difficiles à lire. Au rayon des suppléments, on retrouve la revuette "I Walk the City" qui n'est rien d'autre qu'un instrument promotionnel où les intervenants se donnent des tapes dans le dos. Un montage de scènes coupées est également offert, sans grand intérêt puisque qu'il n'y a ni introduction, ni commentaires.

Décevant. Les fans de Jodie Foster y trouveront probablement leur compte, mais pour les autres, une location suffira.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments2
Vidéo8
Audio7