Mindgamers [Blu-ray]
Universal Studios Home Entertainement

Réalisateur: Andrew Goth
Année: 2016
Classification: R
Durée: 119 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 191329008249

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Patrick Robert
30 mai 2017

Même s'il considère que la religion est morte, Gabriel Kreutz, un scientifique converti en prêtre, est persuadé qu'il parviendra à ramener les fidèles à l'Église grâce à son invention, un ordinateur quantique baptisé "En.o.Ch" capable de relier deux cerveaux humains ensemble par le biais d'un réseau sans fil, leur permettant de partager instantanément du savoir comme des expériences. Sous le couvert d'un institut, il recrute les jeunes adultes les plus brillants dans une variété de domaines et leur donne accès à sa machine révolutionnaire afin qu'ils en explorent les possibilités. Alors que la majorité des étudiants laissent libre cours à leur imagination et se livrent à des "recherches" de plus en plus tordues sur la conscience et l'identité, d'autres s'apercevront qu'ils sont en fait les cobayes d'une expérimentation beaucoup plus vaste, qui vise à trouver de nouvelles façons d'effacer l'individualisme, et exercer ainsi un meilleur contrôle des masses. Bienvenue dans le futur dystopique de "Mindgamers".

Le réalisateur Andrew Goth s'est inspiré des recherches faites à l'Université Duke au début des années 2000, où des neurologues ont réussi à "connecter" le cerveau d'une centaine de souris ensemble, pour écrire le scénario de "Mindgamers". Avec cette œuvre d'anticipation, Goth cherche à extrapoler les conséquences potentielles d'une avancée scientifique bien réelle, mais puisqu'il ne possède pas les talents de conteur et de vulgarisateur d'un Michael Crichton ou d'un Bernard Werber, sa fiction est beaucoup moins intéressante que la prémisse sur laquelle elle s'appuie, et avec son ton à mi-chemin entre mysticisme et métaphysique, le résultat est un film qui se voulait profond et songé, mais qui s'avère plutôt décousu, pompeux, et un brin ennuyant.

En termes de réalisation, on ne peut nier la touche très artistique de "Mindgamers". Le film déborde de séquences magnifiques, dont des nuées d'oiseaux volant au-dessus de l'institut pour illustrer le comportement de groupe, le plongeon d'une femme ailée vêtue d'une robe blanche du haut d'un gratte-ciel, ou des chorégraphies impressionnantes montrant des centaines de personnes qui bougent à l'unisson, mais il s'agit d'une beauté plastique qui donne à l'ensemble une impression de vidéoclip, et sa succession d'images léchées dans un montage non-linéaire est beaucoup plus proche de la publicité que du cinéma. Avertissement aux cœurs sensibles: le long-métrage insère également de vraies images d'expérimentations sur des animaux, ce qui pourrait en choquer certains.

À l'exception de l'excellent Sam Neill (dont on se demande bien ce qu'il fait dans un tel navet), les performances dans "Mindgamers" vont du passable au médiocre. Si Tom Payne (Jesus dans The Walking Dead) et Dominique Tipper (The Expanse) parviennent à tirer leur épingle du jeu en faisant preuve de naturel, on ne peut en dire autant du reste de la distribution, qui, en plus d'être mauvais séparément, réussissent à être encore pires lorsqu'ils doivent interagir les uns avec les autres. L'écriture des dialogues est ampoulée, et les longs monologues sur la conscience ou sur l'existence de Dieu ne sont vraiment pas meilleurs lorsque lus par des comédiens aussi figés. Antonia Campbell-Hugues remporte la palme de la pire actrice, en sonnant tellement faux dès qu'elle ouvre la bouche que même le réalisateur s'en est rendu compte, et la plupart de ses scènes sont heureusement muettes.

L'édition de "Mindgamers" maintenant disponible contient le long-métrage sur un disque au format Blu-ray, et inclut également un code pour télécharger une copie numérique sur Google Play. Pour les rares personnes qui voudraient en savoir davantage sur la genèse du projet après le visionnement, on retrouve un "Making Of" assez exhaustif d'une quarantaine de minutes qui nous entraîne dans les coulisses du tournage, montrant l'assemblage de certains décors, des scènes de cascades avec les harnais, des répétitions de chorégraphie, des séquences brutes avant l'ajout des décors par ordinateur, ou des entrevues avec les membres de l'équipe.

Pour un long-métrage sur le cerveau qui se voulait intelligent, le pire défaut de "Mindgamers" est ironiquement d'être trop cérébral, et malgré sa prémisse intéressante et une indéniable beauté visuelle, il vaut mieux éviter ce film d'anticipation un peu trop prétentieux pour son propre bien.


Cotes

Film4
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio7