Boy in Blue
20th Century Fox

Réalisateur: Charles Jarrott
Année: 1986
Classification: 14A
Durée: 97 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
13 janvier 2006

Edward Ned Hanlan est encore considéré par plusieurs comme le plus grand rameur de tous les temps. Ce canadien de petite taille domina le sport de l'aviron pendant plus de six ans (1878-1884), remportant au passage six championnats du monde et plus de 300 courses d'affilée. Il fut un des premiers à utiliser et maîtriser le siège à coulisses, technique qui bouleversa le monde de l'aviron à jamais. Ned Hanlan est devenu une figure légendaire canadienne et au début des années 1980 et un timbre de 17¢ fût émis en son honneur. Cette décennie vit également un film fait en hommage de cet athlète, petite production canadienne mettant en vedette un jeune Nicolas Cage et qui est intitulée "The Boy in Blue".

Ce film s'évertue à nous illustrer le chemin parcouru par Ned Hanlan (Nicolas Cage) pour arriver sur la Tamise (Londres) lors de la course qui le confirma comme champion du monde. Le tout commence au moment où Ned Hanlan, qui demeure sur l'île de Toronto, vit des fruits du trafic de l'alcool en faisant son transport quotidien jusqu'aux berges du lac Ontario. Ayant maille à partir avec les autorités locales, il devra fuir aux États-Unis avec un recruteur qui voit en lui le potentiel de devenir un grand champion et surtout de faire sa fortune, via le monde des paris illégaux. Il se fera connaître lors de la fameuse régate du centenaire à Philadelphie en 1876, alors qu'il atomisera la compétition au grand dam de Knox (Christopher Plummer), riche promoteur qui contrôle le monde des paris illégaux. Knox prendra Hanlan sous son aile et l'entraînera pour le championnat du monde d'aviron à Londres, ayant également en tête d'autres projets pour cette compétition.

Voilà une autre histoire passionnante qui ne mérite pas l'adaptation cinématographique que l'on en fait, tellement la mise en scène est mauvaise. Les éléments dignes d'intérêt de ce film, en l'occurrence les compétitions, l'entraînement et le souffle omniprésent du crime organisé lors des compétitions, sont dilués dans des intrigues secondaires insipides telles des amourettes et des réparties préfabriquées. Le traitement que l'on fait de cette histoire vire presque au vaudeville à certains moments, plongeant un sujet sérieux dans une sorte de comédie ratée. Les personnages sont tous caricaturaux et aucune profondeur psychologique n'est apportée à aucun d'eux. De plus, plusieurs compétitions sont sabordées par l'intrusion d'éléments complètement fortuits tel un bris d'équipement où le coureur passe plusieurs minutes à réparer le tout avant de se remettre à ramer et remporter la course. Non, mais il faut ramer, mais ramer égal! Un des rares éléments positifs de ce film réside dans sa cinématographie, alors que certaines prises de vues de plans d'eaux sont magnifiques. Ce film a été fait quelques années après le fabuleux Chariots of Fire de Hugh Hudson, une référence dans le monde des drames sportifs historiques. Je n'ose m'imaginer ce qu'il aurait pu être si une telle enveloppe l'avait nappé.

Cette édition DVD comprend les versions plein écran et panoramique du film. Comme à l'habitude, je vous entretiendrai de la seconde. Bonne nouvelle, car si la cinématographie est le point fort du film, ce transfert lui rend hommage. Le niveau de détail de l'image est passablement élevé, les couleurs sont belles, voire naturelles, alors que les contrastes sont profonds. Aucune forme d'artefact de compression n'a été détectée lors du visionnement. La piste sonore est un peu sourde, manque de dynamisme et le champ sonore est presque inexistant. Les dialogues sont clairs et justes alors que la trame musicale se mélange bien au tout. Seule, la bande-annonce du film orne la section des suppléments.

"The Boy in Blue" est une production canadienne qui ne passera pas à l'histoire, malgré le fait qu'on y traite d'un fait historique digne d'intérêt. Devant cette mer d'ineptie, il y a très peu de choses à se mettre sous la dent. Enfin, le film fût tourné en Ontario ainsi qu'à Montréal et il est toujours plaisant d'admirer le riche panorama canadien. Pour les demoiselles fanatiques de Nicolas Cage, vous pourrez le voir dans une forme physique remarquable, mais dans tous les cas, ce film ne mérite pas plus qu'un visionnement.


Cotes

Film4
Présentation2
Suppléments1
Vidéo8
Audio6