Bratz: The Movie
Alliance Atlantis

Réalisateur: Sean McNamara
Année: 2007
Classification: G
Durée: 102 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 janvier 2008

Les parents, la plupart du temps, sont concernés par les images véhiculées dans les films. Qu'il s'agisse de la violence, du langage ou simplement l'habillement, ils désirent procurer à leur progéniture une éducation qui ne les obligera pas à se soumettre à la mode ou toute autre activité aliénatrice. Avec "Bratz" le film, ça ne sera pas chose faite puisque le métrage regorge de décolletés plongeants, de mode et de soumission à la technologie de toute sorte dans le but de fignoler une adaptation médiocre et sans saveur ou humour doublée d'une psychologie mercantile. Un nouveau bas-fond est arrivé.

Nouvellement arrivées dans leur école, les quatre amies de longue date affrontent pour la première fois un système qui n'a que faire de l'amitié. Yasmin, Cloe, Sasha et Jade tentent de faire tout ce qui est possible, excepté que les horaires sont lourds, les travaux ardus et les activités parascolaires demandent du temps, ce qui désunit bien vite le quatuor d'amies inséparables. Se rendant bien compte de la situation, elles décident que rien ni personne ne pourra mettre des bâtons dans les roues de leur amitié.

Vous parlez d'un ramassis indigeste. À commencer par la mode omniprésente, les cliques scolaires caricaturées, les noms des commandites flashés à tout instant, on a l'impression d'assister au plus long clip vidéo et commercial au monde, et ce n'est pas peu dire. Les jeunes actrices offrent une nouvelle expression : le cabotinage surenchéri, pire que ce que nous pourrions imaginer. La subtilité ne vole pas très haut tandis que la logique passe au travers de la fenêtre. On ne croit pas un instant à cette supposée amitié indestructible tant le film s'attarde davantage à poser la haute couture et ce qui est à la mode chez les jeunes. Même Jon Voight est insipide comme jamais auparavant, de quoi vouloir presque renier Midnight Cowboy. On nage en plein délire publicitaire alors qu'entre deux placements de produits les filles parlent de trucs premier degré. Les dialogues, justement, posent un problème puisqu'ils sonnent faux et totalement désaccordés avec la réalité. Même si l'intention première n'était pas d'en faire un résultat réaliste, n'en déplaise, un minimum de cohérence est exigé, ce qui n'est pas le cas ici. Des longueurs, il y en a. Sauvez-vous du temps et regardez-le en avance rapide... sans le son si vous voulez, c'est préférable et ça vous évitera cette enfilade de mauvais gags et de scènes ridicules. Les quelques effets spéciaux présents ne sont là que pour rehausser l'imbécillité du propos puisqu'étonnamment, les filles sont douées dans tout ce qu'elles entreprennent. Pour la subtilité, on repassera également, donc. Un petit message aux parents avides de clouer leurs rejetons devant ce film, et surtout pour les filles : ces pimbêches ne représentent qu'une facette artificielle de ce qu'est la vie. Habillés de la sorte, les personnages ont peine à passer pour des humains dignes de respect... elles font davantage penser à des p... de luxe hypersexualisées. Misère.

En ce qui a trait aux suppléments, une bonne sélection s'offre, à commencer par une piste de commentaires du réalisateur qui ne tarit jamais d'éloges, trouvant ses actrices jolies (bien voyons!) et talentueuses (c'est donc de la fiction ce film?). Des scènes coupées aussi utiles que le film lui-même permettent de ne rien apprendre de nouveau, une douzaine de revuettes entourant la production qui elles, pour une fois, apprennent quelques trucs intéressants quant au tournage avec des mineurs (pas le droit à plus de cinq heures de tournage à ce qu'il paraît). Deux clips vidéo dont un avec Jade (Janel Parrish) complètent le lot.

L'image est parfaite. Aucun défaut de compression, aucune dégradation indésirable. La définition du film est juste et bien maîtrisée et constitue, avec la bande-son, les seules réelles qualités de cette galette numérique. À juste titre, la sonorité permet un étalement judicieux des voix, de la musique et des effets sonores sans qu'une piste ne soit enterrée par une autre. La page principale du menu est animée et musicale, représentant un collage d'objets (le thème du film étant certainement l'esclavagisme des jeunes à toute forme de mode) dont un écran montrant une conversation en cours avec les filles. Les autres pages sont fixes, mais demeurent musicales avec la même chanson, ce qui devient redondant et agaçant à la longue.

En conclusion, avant de louer ce film, qu'il s'agisse d'une demande de votre petite fille, sachez ce qui risque de se produire : un ennui certain pour vous et un premier pas vers l'annihilation commerciale de votre petite.


Cotes

Film3
Présentation8
Suppléments6
Vidéo9
Audio10