Braveheart
Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Mel Gibson
Année: 1995
Classification: 18A
Durée: 177 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
28 décembre 2008

Il n'est plus rare de voir des acteurs rompre avec leur profession l'instant de réaliser un film. Dans certains cas, cela donne une étincelle rarement atteinte dans le cinéma et "Braveheart" est exactement cette occasion rêvée, car sous son apparence brutale et sanguinolente, la première réalisation de Gibson possédait toutes les qualités requises afin de donner naissance au genre épique et médiéval. Bien avant les aventures de Frodo, du Roi Arthur ou d'autres contes et légendes, se tenait l'homme, le vrai, sans artifice : William Wallace dans un film rendant justice (avec quelques libertés bien sûr) à ce qu'il a été et l'histoire derrière le mythe.

Longshanks (le génial et inhumain Patrick McGoohan), le roi d'Angleterre, s'approprie les terres de l'Écosse peu à peu, négociant avec les autres peuples à armes inégales, la ruse. Tuant le peuple par étape, créant presque un génocide, il décide que son pouvoir n'est pas suffisant, ce qui coûtera la vie au père du très jeune William Wallace, bien décidé à venger celui-ci. Revenu plusieurs années après sur ses terres ancestrales, il rencontre celle qui a autrefois fait chavirer son cœur (la douce et adorable Catherine McCormack) et la prend pour épouse. Un décret du Roi coupe cependant cette union. Le mariage, célébré à l'insu du village, parvient aux oreilles des autorités qui s'empressent de supprimer la jeune mariée et d'en faire autant pour le concubin. Grossière erreur puisque cet amour était tout ce qui maintenait William Wallace en vie. Désormais, rongé par le remord et une rage que son intellect lui impose, l'écossais part en guerre pour la libération des forces anglaises, amenant plus de monde à sa cause chaque jour.

Une musique hyper-sensible de James Horner (Titanic), une réalisation superbe dénuée d'artifices et une direction d'acteurs dans le ton, voilà ce qu'il fallait à cette épopée grandiose retraçant une légende jusqu'à ses racines. Le scénariste, Randall Wallace (il est bien un descendant direct de la légende), romance juste à point cette histoire de traîtrise et de guerre sous la protection de l'amour éternel. Gibson ne voulant pas réaliser un film où le héros était un de ces types remplis aux as, a trouvé l'approche parfaite pour le film. Tourné en tirant avantage des plus beaux paysages écossais et sans effets numériques, les décors et les costumes doublés par une férocité rarement atteinte à l'écran, on en oublie presque une certaine naïveté pourtant importante au déroulement du métrage. Malgré une durée un peu longue et des scènes de bataille légendaires (aucun figurant numérique, fallait le faire), le tout se passe à une vitesse fulgurante, rendant un portrait crédible et presque réaliste de cette époque noire d'un peuple qui s'est levé à temps. La finale, touchante, larmoyante au possible et d'une justesse à faire froid dans le dos sonne le glas de son héros ainsi que du métrage sur une note parfaite, terminant le spectacle de façon glorieuse (300 n'a rien inventé) pour un spectateur ayant réellement l'impression d'y avoir participé. Manquerait plus qu'une version Imax.

Oubliez les maigres suppléments de l'édition précédente pour nous attarder à une édition respectable de ce film qui ne l'est pas moins, à commencer par les commentaires de Mel Gibson, soporifiques et rares, mais informateurs. Un court-métrage sur le tournage du film intitulé "Alba (pas Jessica) gu Brath" nous en apprend davantage sur les défis relevés et rencontrés durant la production ainsi que le dévouement de son réalisateur. Une autre nommée "Le parcours d'un auteur" prend le temps de demander au scénariste son lien et ses inspirations ainsi que son processus pour écrire le film. Intéressant et bien ficelé. Un "La légende de William Wallace" s'étend sur les plausibilités des événements et personnages ayant pris part à ce conflit historique. Des entretiens d'archives, un montage photo et des bandes-annonces sont offerts et le tout se regarde avec plaisir sans perdre de temps, allant à l'essentiel dans un laps de temps respectable.

La compression du film est admirable. L'image respecte bien les décors naturels et les textures, faisant resplendir métaux comme tissus de la façon voulue par le réalisateur. Les couleurs sont judicieusement calibrées et offrent un spectacle rugissant de beauté. Les autres aspects permettent de conclure qu'il s'agit d'un superbe transfert dénué de tout défaut visible. Pour le son, c'est la même chose. Les enceintes nous propulsent avec rage dans le feu (aucun jeu de mots) de la bataille. Ainsi, les corps rencontrent l'acier ou le bois avec fracas et là, aucune chance de demeurer neutre devant ce déferlement libérateur.

Les menus offrent une courte animation d'entrée. La page principale montre William Wallace en avant-plan, dans une image-collage, superposé devant un champ de bataille en cours. Le tout est musical excepté pour les pages suivantes et il en va de même pour le second disque. Un travail très correct collant aux thèmes du film avec respect.

"Braveheart" est en premier lieu une boucherie sans nom, mais elle permet de montrer également l'humain et ce qu'il deviendra lorsque la technologie sera à sa portée (voir Première et Seconde Guerre mondiale), en plus de sa soif inconsidérée du contrôle d'autrui. Touchant à plusieurs thèmes majeurs, il montre également un héros faillible, aux motivations parfois douteuses, bref un humain comme vous et moi, et donc un film à voir comme première et excellente réalisation de Mel Gibson (mieux que son Passion of the Christ si vous voulez mon avis).


Cotes

Film10
Présentation7
Suppléments9
Vidéo10
Audio10