Breakfast With Scot
Métropole Films Distribution / Mongrel Media / Capri

Réalisateur: Laurie Lynd
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 95 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 mars 2008

Cela fait des lustres que le cinéma canadien ne se limite plus seulement à Porky. Pendant que des cinéastes mondialement connus alternent les styles et les prix, des réalisateurs débutant comme Laurie Lynd (il s'agit de son deuxième long-métrage) préfèrent forger des petits films sur des sujets plus pointus. C'est le cas de "Breakfast With Scot" qui traite de l'homosexualité.

L'ancien joueur de hockey et maintenant analyste pour la télévision, Eric (Tom Cavanagh), vit le parfait bonheur avec son compagnon Sam (Ben Shenkman). Un jour, la belle-sœur de ce dernier décède, alors que son propre frère se trouve au Brésil. Contre toutes attentes, le couple gay se retrouve avec Scot (Noah Bernett) sur les bras. Ce jeune garçon à la sensibilité débordante n'a que faire des préjugés extérieurs et il n'hésite pas à s'habiller en femme et à chanter n'importe quand. Tout pour heurter le code moral d'Eric qui a toujours pris beaucoup de soin de départager sa vie privée et publique.

Par son titre, "Breakfast With Scot" semble être un dérivé de l'excellent Breakfast On Pluto de Neil Jordan. Il n'en est rien. Il s'agit plutôt d'une comédie grand public assez prévisible et platement construite, qui fait rire pendant sa première moitié avant de laisser de glace par la suite. Au début, la prémisse s'active avec entrain. Un enfant défile comme un chien dans un jeu de quille, se plaisant à sauter sur les lits, à se déguiser et aller magasiner, de quoi se mettre à dos quelques adultes et les gens de son entourage. Ces éléments, vifs et frais, rappellent par moments le très bon Ma vie en rose d'Alain Berliner.

La suite se veut nettement moins inspirée. Très évidentes, les grosses ficelles finissent par devenir collantes. Le ton moralisateur prend alors le dessus, pour ne plus jamais disparaître avant la fin. La progression de l'histoire est également quelconque. À un moment donné, le scénario se transforme en un Mighty Ducks fauché avec cette équipe qui se fait entraîner par un ancien professionnel. Au sein de ces discours de tolérance et d'acceptation de la différence, il aurait été bénéfique d'explorer davantage la peur liée à l'homosexualité chez la vie des adultes au lieu de se concentrer sur l'impact (ou pas) chez les enfants. En revanche, l'interprétation est dans le ton, et la chimie plutôt éclatante entre Cavanagh et Bernett.

La musique s'avère très présente, ce qui ne compense toutefois pas pour son manque d'originalité. Les pistes sonores françaises et anglaises en Dolby Digital 5.1 demeurent correctes, jouant habilement avec les enceintes pour les remplir des cris d'une foule ou des échos d'un présentateur. Il faudra toutefois choisir entre la version originale et une intéressante traduction, car il n'y a aucun sous-titre au rendez-vous. Entre des contrastes trop sombres et du blocage, les images sont loin d'être parfaites. La définition des contours est toutefois exemplaire, tout comme ces belles couleurs froides qui tendent à équilibrer le côté olé olé de son principal protagoniste.

La pochette joue également sur les contrastes en montrant un homme et un enfant, avec comme instruments un bâton de hockey et un long foulard rose. La glace en arrière-plan symbolise la tension et les affrontements probables. Après quelques publicités, le menu principal du DVD apparaît avec une image qui rappelle beaucoup celle du boîtier. La mélodie qui y joue demeure active à défaut d'être très attrayante. Petite déception, qui fait boule de neige devant cette absence totale de supplément.

"Breakfast With Scot" a tout de la gentille comédie pour toute la famille qui joue à la télévision les après-midi de fin de semaine. C'est charmant, bien interprété, avec de l'humour et de la tendresse. Mais en même temps, le sujet est incroyablement prévisible et insuffisamment exploité, avec ces morales qui éclatent à tous les tournants. Satisfaisant... à condition de n'avoir aucune attente et de laisser son sens critique au vestiaire.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio7