Bright Lights, Big City
MGM Home Entertainment

Réalisateur: James Bridges
Année: 1988
Classification: 14A
Durée: 108 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
21 septembre 2008

Il ne suffit pas de visiter les boîtes de nuit et d'avoir quelques relents de cocaïne en soi pour accoucher d'une œuvre. C'est ce que tente de raconter "Bright Lights, Big City" dont le personnage principal, Jamie Conway, subit un véritable changement entre la banlieue et la grande ville. Cependant, une vingtaine d'années ont peut-être suffi à entamer le film suffisamment pour que le terme d'édition spéciale se permette d'être douteux.

Jonglant avec une double vie, le jeune Conway traîne dans les night-clubs la nuit pour travailler comme correcteur le jour. Jeune adulte ambitieux, il fera la rencontre de jeunes gens à qui la nuit appartient. Cependant, ce sera un sérieux pas dans la mauvaise direction puisque le personnage de Kiefer Sutherland entraînera Jamie plus bas dans la chute au point de perdre son attachement identitaire. La drogue, la malchance, les appartements minables sont quelques-uns des aspects avec lesquels Conway devra faire face avant de constater le pire: se faire face à soi-même.

Bien que correctement dirigé, le film s'étale en longueur et manque cruellement de profondeur quant à l'établissement de son personnage principal. Lorsque Jamie Conway nous est présenté, il est déjà en misère et peine à conserver un équilibre. Le spectateur pourra difficilement s'attacher à lui puisque n'ayant aucun point en commun avec lui, si ce n'est une pléthore d'anecdotes de son passé. L'idée de choisir Michael J. Fox est, par contre, tout bonnement excellente puisqu'il ajoute ainsi quelques cordes à son arc juste avant d'entrer en production sur les deux derniers Back to the Future (on est tout de même en 1987-1988). Son timing est impeccable pour le drame et la petite comédie, cependant on le sent bien seul face à cette inextricable dédale métallique qu'est la ville et sa population hétéroclite, rendant ainsi New York froide, inhospitalière et maudite. Il y a donc peu à se mettre sous la dent si ce n'est une longue et pénible descente aux enfers manquant de rythme et de réalisme. Les univers des personnages principaux sont bien définis par les couleurs de leur environnement respectif, mais ratent la cible en ce qui a trait à l'attachement ou la haine que l'on peut leur porter. Ainsi, le personnage de Sutherland semble être le seul à savoir réellement tirer son épingle du jeu dans une ville insomniaque. Il s'agit d'un film correct sans plus.

Les suppléments parlent d'eux-mêmes quant à ma suspicion (on dit qu'il s'agit d'un classique): pistes de commentaires de l'auteur du roman sur lequel est basé le film Jay McInerney et du directeur de la photographie Gordon Willis, une galerie d'images et des revuettes concernant la photographie et les thèmes traités dans le film. Évincement complet des principaux intéressés, à savoir les acteurs, ce qui prouve qu'il ne s'agit pas réellement d'un morceau important, quoique très bien filmé. Ces extras ne sont pas ce qu'il y a de plus entraînant, se contentant de montrer des gens ayant atteint, en cette époque, leur réussite. Le tout versant aussi dans les anecdotes sur les bars dans les années 80, plus particulièrement ceux de New York Pas top.

L'image est granuleuse (surtout pour les extérieurs, une constance qui n'est presque plus qu'un souvenir aujourd'hui) et témoigne d'un travail honnête de restauration, mais certains passages auraient mérité une plus grande attention: les scènes diurnes, par exemple. Quelques défauts de compressions sont également à noter, ce qui ralentit grandement le peu de plaisir subsistant à regarder ce film. Le son n'est pas non plus le meilleur qui soit, tombant souvent dans la facilité, causant quelques cacophonies mal ajustées. Les menus sont simples, muets et fixes, donnant l'impression d'une édition faite à la va-vite qui aurait bénéficié d'une plus grande implication du studio pour aller chercher les acteurs et les faire commenter.

"Bright Lights, Big City" est un exercice de style un peu vain, mais dont certaines notes touchent à la bonne place. Il aurait fallu un rythme meilleur, des personnages mieux travaillés et une intrigue moins alambiquée que cela pour offrir le portrait réel d'un jeune homme confronté au dépaysement de la grande ville. Ce n'est pas un ratage total, mais bordel, avec les coiffures et la mode, les années 80 étaient si... rétro.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments4
Vidéo7
Audio7