Broken City
Entertainment One

Réalisateur: Allen Hughes
Année: 2013
Classification: 14A
Durée: 109 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212111501

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 avril 2013

Il n'y a pas que Montréal qui croule sous les scandales politiques. New York aussi, s'il faut se fier au long-métrage "Broken City", un divertissement honorable, mais tiré par les cheveux qui se savoure comme un plaisir coupable.

En pleine élection, le maire de la Grosse Pomme (Russell Crowe) embauche un ancien policier recyclé en détective privé (Mark Wahlberg) pour enquêter sur l'infidélité de son épouse (Catherine Zeta-Jones). Ce qu'il découvre risque d'en ébranler plus d'un...

Premier effort en solo d'Allen Hughes sans son frangin Albert, "Broken City" est un film noir suffisamment complexe et sophistiqué pour rejoindre un large public qui n'est pas trop demandant sur les invraisemblances et les incohérences. À partir d'un scénario prévisible, mais bien mené, le récit cumule les fausses pistes, y insufflant un peu d'humour et même des dilemmes moraux. C'est que son sujet est pleinement d'actualité et bien qu'il tourne les coins ronds, son efficacité s'avère indéniable. Grâce à sa mise en scène réglée au quart de tour quoiqu'un peu tape à l'œil et sa solide distribution dominée par le jeu incendiaire de Crowe (Wahlberg offre le minimum requis, ce qui n'est pas trop grave dans ce cas-ci), l'essai captive sans se prendre la tête inutilement.

La superbe partition musicale d'Atticuss Ross (qui est secondé par Claudia Sarne et Leo Ross) rappelle son travail remarquable avec Trent Reznor. La musique dynamite les enjeux, créant de la tension et même de l'intérêt. Suffisamment immersives, les pistes sonores francophones et anglophones en Dolby Digital 5.1 font ressortir des enceintes des bruits d'alarmes, de cris, d'applaudissements et de sirènes de police. Afin de comprendre tous ces gens qui marmonnent, il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais et un enviable doublage francophone. Les images sont incroyablement détaillées, avec les textures toujours aux bons endroits. La palette de couleurs semble a priori limitée, mais elle prend de plus en plus d'expansion. Finement homogènes, les contrastes apportent une complexité et une ambiance certaine aux propos.

La pochette noire qui reprend des édifices à fenêtres et les deux protagonistes ne sort guère des sentiers battus. Plus fignolé est le menu principal du DVD, qui superpose un montage de scènes à une mélodie implacable. Les suppléments proposent une bande-annonce, six intéressantes séquences supprimées, dont une finale différente, et sept documentaires où il est possible d'en savoir davantage sur les interprètes et la vision du créateur.

Parabole d'une société décadente tout en étant une analogie foudroyante du règne de Bloomberg à New York, "Broken City" est une production de luxe, parsemée de défauts, qui est tout de même plaisante à regarder. Il faut voir le tout avec un sourire en coin, se laisser porter par la puissante musique et suivre Russell Crowe qui martèle ses répliques tel un ours sauvage. Il n'y a rien de tout ça qu'on se rappellera très longtemps, mais au-delà de ses facilités et de ses coïncidences scénaristiques, il y a un potentiel dramaturgique qui ne mérite qu'à être découvert.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio7