Brotherhood
Phase 4 Films

Réalisateur: Will Canon
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 80 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 625828586200

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
12 juillet 2011

Trevor Morgan se retrouve à nouveau impliqué dans une mauvaise blague qui tourne mal. Cependant, là où Mean Creek préférait s'intéresser à l'aspect dramatique de la chose, "Brotherhood" choisit plutôt de mener tambour battant un suspense tapageur, rapide, mais également d'une diabolique efficacité.

La prémisse, actuelle comme tout, nous immisce rapidement dans une atmosphère limitée, voire castrante alors qu'on tente autant de nous incruster à la confrérie dépeinte que de nous distancer par les revirements qui ne cessent d'être rebutants. Puisque surtout adressé à un public adolescent, cette histoire d'initiation qui tourne au vinaigre ne donne probablement pas envie de passer aux études supérieures, mais quelque part, au-delà de l'exagération prônée dans pratiquement chaque détour, film oblige pour conserver notre intérêt, il y a un certain regard d'une judicieuse réalité qui fait son effet. (La scène du party avant que tout dérape est d'un réalisme saisissant).

Certes, l'ensemble est a priori insupportable. Ça crie, ça hurle, ça se frappe, ça pète des câbles à tour de bras. Pourtant, la rapidité avec laquelle tout se déroule, profitant d'une durée qui évoque le quasi temps réel, ne cesse de piquer la curiosité avec le désir croissant de savoir où tout cela pourra bien mener. De plus, le grand talent de la plupart des comédiens au sommet de leur intensité, auréolé d'un grand réalisme et d'une criante sincérité, avec tout ce que cela implique, a certainement de quoi garder constant notre intérêt.

Il faut dire également que Will Canon a réussi son pari en transformant son court-métrage d'origine en long-métrage. Un peu comme Sean Ellis y était parvenu avec son fabuleux Cashback, il a enrobé sans mal son excellente idée et a même dérivé du piège de la limitation en multipliant et alternant les lieux, les scènes d'action et les événements. C'est un 80 minutes assurément boosté à l'adrénaline où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde.

La caméra nerveuse et le montage énergique aident à la cause, encore plus grâce aux images légèrement granuleuses d'où ressortent les nombreuses couleurs dont on tire énormément profit grâce aux éclairages. D'un film qui se passe en moins de douze heures et seulement durant la nuit, il fallait bien que ça aie cette teinte et à ce titre le film est bien réussi alors que nos yeux passent notamment du jaune au bleu, en passant par les zones d'ombre et la rougeur du sang qui attire le regard avec intensité. Le montage audio qui emprunte aux téléséries adolescentes est un peu moins efficace dans cette succession de dialogues débités à vive allure, de chansons en arrière-plan et de compositions originales pour supporter l'émotion désirée. Heureusement, rien ne se perd et chaque bruit semble avoir son importance (coups de feu, voitures, coups) bonifiant l'expérience qui à plus d'un moment stimule les sens par son énergie. Si une piste française existe, comme c'est souvent le cas avec ce genre de film, elle donne plutôt l'impression de banaliser un peu les personnages qui semblent plus bête de cette façon, mais pour les unilingues francophones, elle fait assurément bien le boulot.

Du côté de la présentation, on a droit à une très belle édition. Certes la pochette est assez typique et bien que ce jeune cagoulé qui tient un fusil dans une main et une cigarette de l'autre est intrigant, on aurait pu penser à une meilleure photo de couverture pour véritablement attirer son auditoire (celui choisi limite beaucoup plus le film que ce qu'il est réellement).

Du côté des suppléments on est immensément gâtés puisqu'on les compte en grand nombre. Si les deux pistes sont agréables un temps, on perd rapidement intérêt dans cet enchaînement d'anecdotes plus ou moins intéressantes que lancent d'une part seulement le réalisateur et son coscénariste, ou de l'autre, ceux-ci avec quelques membres de la distribution (non-principale) ou du côté technique. Le petit segment de dix minutes se consacrant à la production du film avec de nombreuses entrevues avec toute l'équipe s'avère beaucoup plus intéressant, même si bien sûr on ne passe pas à côté des nombreux éloges que les comédiens montrent envers le réalisateur. Le montage de pratiquement 5 minutes qui ne fait que succéder sur une chanson pop des photos en noir et blanc des 19 jours de tournage est ancré dans l'anecdotique et est loin d'être des plus utile, à défaut d'être sympathique. Il y a également deux bandes-annonces très similaires qui à défaut d'être banales, résument bien l'essence du film. Sinon, si le supplément le plus intéressant réside dans le court-métrage original duquel tout a débuté, les mini-fausses entrevues de plusieurs comédiens dans la peau de leurs personnages qui expliquent ce qu'ils pensent de la confrérie et des initiations est certainement amusant. Il faut ajouter que le menu DVD animé est très élégant et bien structuré ce qui ajoute au soin apporté à l'édition.

Enfin, le film se range parmi les belles surprises du cinéma indépendant et prouve encore qu'il est capable de captiver avec peu de moyens et une histoire aux abords si limités, en plus de rappeler qu'il y a toujours une façon de bien enrichir de bonnes idées. Loin d'être un futur classique, mais de loin un des suspenses les plus trépidants qu'on ait pu se voir offrir récemment.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio7