Brown Bunny
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Vincënt Gallo
Année: 2003
Classification: R
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DTS51, DD50)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
6 août 2005

Scandale à Cannes! Il en a fait couler de l'encre ce brûlot du réalisateur du sous-évalué Buffalo '66, Vincent Gallo. La prostate du célèbre critique Roger Ebert avait même failli exploser alors qu'il l'avait qualifié de pire film à jamais avoir été présenté au prestigieux Festival. La raison de tout cet émoi? Le film se termine sur une scène de fellation non simulée entre Gallo et Chloe Sevigny. Je me suis dit, tout ce branle-bas à cause d'une pipe? Encore le puritanisme américain qui fait des siennes! Après avoir visionné le film, j'ai dû réviser ma position. En fait, le problème ne se situe pas au niveau du contact entre le membre de monsieur Gallo et la bouche de sa covedette, qui soit dit en passant possède une excellente technique, mais dans des "préliminaires" qui n'en finissent plus. La scène en question étant précédée de 83 minutes d'un ennui mortel. "The Brown Bunny" n'est rien d'autre qu'un ego trip masturbatoire prétentieux, banal et inutile.

Après avoir complété une course au New Hampshire, Bud Clay (Vincent Gallo) range sa moto dans sa camionnette et se dirige vers la Californie où réside Daisy (Chloe Sevigny), l'amour de sa vie. Il s'arrêtera en cours de route pour causer avec les parents de Daisy et rencontrera trois femmes: Violet, employée dans une épicerie, Lilly, une femme esseulée dans une halte routière, et Rose, une prostituée de rue à Las Vegas. Il ne se passera... rien, Bud étant trop tourmenté par le souvenir de celle qu'il avait quittée et qu'il s'en va rejoindre.

Écrit, réalisé et produit par Vincent Gallo, "The Brown Bunny" est un film contemplatif et minimaliste qui explore les thèmes de l'aliénation, du regret, du désespoir et de la solitude. Mais bon, le gars est déprimé parce que son ex copine lui manque, on avait compris après 15 minutes. On a donc droit à de très longues séquences où la caméra alterne entre de gros plans du visage mal rasé de Bud au volant de son véhicule et la route que l'on voit défiler au travers d'un pare-brise crasseux. Ça, c'est pour souligner le mal de vivre et la solitude... Le film change de registre lors des huit dernières minutes quand Daisy va rejoindre Bud dans une chambre d'hôtel. La majorité des dialogues se retrouvent dans cette scène qui, en deçà de l'aspect choquant de la fellation, comporte tour de même un certain impact émotionnel, amplifié par une "surprise" à la M. Night Shyamalan. Rien à redire du côté des prestations, mais ça ne suffit pas à sauver cet exercice de style narcissique et ennuyeux. Veuillez noter que la version présentée à Cannes était une vingtaine de minutes plus longue que celle-ci. Je voudrais donc remercier monsieur Gallo pour ces coupures qui ont permis d'abréger le supplice.

Puisqu'il s'agit d'un film à petit budget tourné en 16 mm, l'image est souvent granuleuse (probablement par choix), mais demeure claire et à peu près exempte de taches et d'égratignures. Les couleurs sont vives et naturelles et la scène où Bud fait de la moto sur les "Bonneville Salt Flats" est particulièrement lumineuse et réussie. Les contrastes et le niveau des détails sont également excellents. La piste audio offre une expérience sonore minimaliste qui sied bien à l'atmosphère du film. Les enceintes arrière sont peu utilisées et le haut-parleur des graves demeure complètement muet. Les dialogues, peu nombreux, sont difficiles à comprendre puisque les personnages ont tendance à parler à voix très basse. J'ai dû monter le volume du haut-parleur centre et activer les sous-titres pour pouvoir tout comprendre. La présentation est standard, le boîtier simple incluant un encart qui ne sert qu'à la promotion de quelques titres disponibles chez Sony Pictures. Les menus sont statiques, sans accompagnement musical et de navigation aisée. Comme seul supplément, on retrouve deux bandes-annonces du film.

Beaucoup de bruit pour rien. Certains élitistes, fans de l'avant-garde, diront que le film est en avance sur son temps et que les critiques ne comprennent rien à l'art. Désolé, il y avait peut-être du Ozu et du Bresson dans Buffalo '66, il n'y a que du vent dans "The Brown Bunny".

Vous êtes tout de même curieux à cause de la scène choc? Alors louez-le et passez tout de suite au dernier chapitre si vous voulez, mais vous seriez mieux de vous louer un film de cul.


Cotes

Film4
Présentation3
Suppléments1
Vidéo7
Audio7