Brüno
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Larry Charles
Année: 2009
Classification: 18A
Durée: 82 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51), DVS (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 21
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 025195017107

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 novembre 2009

Après le Ali G Show et son flamboyant Borat, Sacha Baron Cohen continue de se moquer de la société américaine dans "Brüno", une nouvelle comédie qui recèle finalement bien peu de surprises. Reste un ton outrancier qui fera rire aux larmes... ou décrocher au bout de quelques minutes.

Brüno (Sacha Baron Cohen) est un homosexuel autrichien oeuvrant dans le monde de la mode. Désirant percer aux États-Unis, il déménage ses pénates à Los Angeles en compagnie de son assistant Lutz (Gustaf Hammarsten). Malgré son obstination et sa nouvelle émission de téléréalité qui s'avère un cuisant échec, le jeune homme fait l'impossible pour s'accaparer de la gloire et de la renommée, allant même suivre des cours auprès d'un psychiatre afin de changer son "orientation sexuelle douteuse qui va à l'encontre de Dieu".

Personnage issu du Ali G Show, Brüno est le parfait représentant de son époque décadente: il est prêt à n'importe quelles bassesses pour que les gens parlent de lui. Le voilà essayer de faire la paix entre la Palestine et Israël, consulter des individus de l'élite politique, des terroristes, de nombreuses vedettes et même d'adopter un enfant africain! Peu importe les résultats, son égoïsme prend généralement le dessus, étant seulement égalé par sa sexualité débridée.

À partir de ce postulat, le comédien Sacha Baron Cohen et le cinéaste Larry Charles cherchent à créer un film diffamatoire et politiquement incorrect, qui se moque d'absolument tout le monde en multipliant les séquences d'anatomie masculine. De quoi rapidement choquer et faire réagir. Si cette façon de procéder ne plaira pas à tous, plusieurs situations s'avèrent incroyablement cinglantes, décriant avec dérision des réalités du pays de l'Oncle Sam.

Les adeptes de Borat seront toutefois en territoire connu. L'humour est le même et les blagues se répètent rapidement, n'arrivant pas à insuffler un peu de nouveauté à un genre qui manque parfois de souffle. Surtout que cette fois, la mise en scène semble prendre le dessus sur la "réalité", rejoignant davantage la fiction divertissante plutôt que la critique de société. Dans tous les cas, la réalisation demeure vivante et le jeu de Sacha Baron Cohen s'avère tout à fait adapté au sujet et au traitement voulu.

Les images parfois stylisées n'hésitent pas à emprunter des archives et du noir et blanc afin de créer quelques effets singuliers. Dans tous les cas, les couleurs demeurent précises, et bien que le blocage et le grain soient parfois au rendez-vous, les contrastes suffisamment efficaces compensent pour ces quelques largesses. Les pistes sonores assaillent les enceintes de mélodies rythmées, de flashs d'appareils photo et de cris de foule. Les voix généralement compréhensibles peuvent être secondées de très visibles sous-titres blancs, ce qui peut être une excellente idée devant cette multiplication des accents divers. La musique alterne entre des rugissements de discothèque, un violon volontairement sirupeux et même un tube de Tainted Love!

La pochette noire représente le héros et différentes citations de critiques. Sur un fond blanc statique apparaît le menu principal du DVD, dont la langue autrichienne se transforme en anglais dès que le curseur sélectionne la bonne option. Cette fausse bonne idée ne séduit pas longtemps tant le curseur prend une éternité à bouger! L'efficacité des suppléments rachète cependant cet inconvénient. Il y a une entrevue avec l'agent Lloyd Robinson qui parle avec sincérité de Brüno, quelques séquences non utilisées (dont une avec Pete Rose), des moments plus longs permettant aux discussions de s'étendre sur plusieurs minutes supplémentaires (généralement, le résultat n'est pas à la hauteur) et 35 minutes de scènes retranchées. Ces instants, comiques ou non, offrent encore plus de vulgarité et de malaises généralisées. La succulente cerise sur le gâteau est toutefois cette étrange piste de commentaires. Le réalisateur et l'acteur échangent avec humour sur ce qui déroule à l'écran, n'hésitant pas à arrêter l'image tout en expliquant les enjeux et les difficultés du tournage. De quoi rire au moins autant que dans la version finale.

L'humour de "Brüno" n'est peut-être plus nouveau et son personnage s'avère sans doute moins pertinent que celui de Borat, mais Sacha Baron Cohen continue à toucher sa cible en décriant avec absurdité et ironie quelques travers de l'Amérique profonde. Des spectateurs en sortiront dégoûtés et il faudra attendre avant de le présenter au reste de la famille, sauf que sa charge ne laisse pas indifférent et sa vision, même si elle commence à manquer de gaz, continue d'en faire voir de toutes les couleurs.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments8
Vidéo7
Audio7