A Bullet for Joey
MGM Film Noir
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Lewis Allen
Année: 1955
Classification: PG
Durée: 87 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
28 juillet 2007

Dans les années 50, après la victoire des communistes en Chine et l'annonce de la possession de la bombe atomique par les Soviétiques, la Guerre froide prend un tournant de plus en plus hystérique aux États-Unis. La paranoïa anticommuniste fait rage et la HUAC (Commission des activités anti-américaines) traque toute personne soupçonnée d'appartenir ou de sympathiser avec des organisations communistes. Cette chasse aux sorcières s'étend au milieu du cinéma, et plusieurs acteurs, réalisateurs et artisans forcés de témoigner devant la Commission ont vu leur carrière brisée après avoir vu leur nom placé sur la fameuse liste noire. De nombreux films de cette époque abordent cette thématique, dont Iron Curtain (1948), The Red Menace (1949) et I Married a Communist (1949), tous tournés dans un style mélangeant l'approche typique du film noir et la fiction documentaire. "A Bullet For Joey", réalisé en 1955 par Lewis Allen, constitue une sorte d'hybride bancal entre le film de gangsters et le pamphlet anticommuniste.

Eric Hartman (Peter van Eyck), un espion communiste résidant à Montréal, complote l'enlèvement du Dr Carl Macklin (George Dolenz), un physicien nucléaire enseignant à l'Université McGill. Pour ce faire, il rapatrie Joe Victor (George Raft), un gangster américain notoire qui avait été déporté en Europe. Victor réunit son ancienne bande de malfrats, dont Joyce Geary (Audrey Totter), chargée de séduire Macklin. Enquêtant sur la mort suspecte d'un policier près du domicile du physicien, l'inspecteur Leduc (Edward G. Robinson) découvrira que cette affaire dépasse largement le cadre d'un simple homicide malencontreux.

"A Bullet for Joey" nous fait suivre deux intrigues parallèles, alors que Hartman et Raft organisent le kidnapping du Dr Macklin et que l'inspecteur Leduc enquête sur une série de meurtres. Ces deux intrigues finiront évidemment par se croiser et mèneront à une confrontation finale. Malheureusement, le réalisateur n'arrive pas à insuffler à son film le rythme et l'énergie nécessaires pour soutenir un récit truffé de coïncidences et d'invraisemblances que le spectateur aura bien du mal à avaler. Raft et Robinson sont en fin de carrière et, alors que le premier est efficace dans le rôle du vilain de service, le second est sur le pilote automatique et livre ses répliques machinalement, le coeur n'y étant vraisemblablement pas. Audrey Totter, une habituée des productions de série ‘B', ne possède pas la sensualité animale de la femme fatale typique des grands noirs, mais offre tout de même une prestation convaincante.

Puisque le film a été tourné à Montréal, ceux qui sont familiers avec la ville pourront toujours passer le temps en essayant d'identifier les lieux de tournage, dont un terrain de golf qui n'existe plus, le pont Victoria, l'édifice de la Sun Life et une ruelle qui semble être située près de l'Hôpital St-Luc. Mais n'essayez pas de détecter un quelconque accent francophone de la part des personnages ayant un nom de famille québécois, ils parlent tous parfaitement "l'américain". De plus, la secrétaire du Dr Macklin se nomme Yvonne Temblay. Pas Tremblay, Temblay. Probablement plus facile à prononcer!

Côté technique, bien que l'on indique que le transfert est offert dans son ratio original de 1.33:1, le film aurait apparemment été projeté en 1.85:1 aux États-Unis en 1955. Il s'agirait donc d'un transfert "open matte" qui compromet le cadrage en ajoutant du matériel supplémentaire au haut et au bas de l'image. Cela dit, le transfert est acceptable. L'image est assez propre et le niveau des contrastes et des détails est adéquat. On note à l'occasion quelques artefacts dus à la compression, mais il s'agit d'un problème mineur. La piste audio nous offre un environnement sonore agréable pour un film de cette époque et les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et aucun supplément n'est offert sur cette édition. Dommage, surtout quand on s'est habitué aux excellentes pistes audio de commentaires offertes sur les films de la série Fox Film Noir.

Maillon faible de la brochette de films noirs proposés récemment par MGM, "A Bullet for Joey" aura du mal à satisfaire même les fans purs et durs du genre.


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio7