Buried
Maple Pictures

Réalisateur: Rodrigo Cortés
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 057373215074

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
25 avril 2011

Véritable tour de force cinématographique, "Buried" est en soi tout ce que 127 Hours aurait du être. Si certains reprocheront à Rodrigo Cortés de tricher à quelques détails près quant à l'omniscience de certains plans, l'utilisation de quelques effets manipulateurs et d'utiliser de musique sur-emphatique pour supporter dans la tension ou la complaisance certains passages de son film, il est en soi impossible de l'accuser d'être ennuyeux.

Bien sûr, une telle proposition n'est pas pour tous, mais rarement aura-t-on senti un suspense psychologique nous confrontant autant à la réalité et l'intériorité de son protagoniste. Assurément, pour ses caractéristiques assumées avec maîtrise, un tel film demeure alors une des plus belles offrandes du genre, surtout qu'à l'inverse de Danny Boyle, malgré quelques détours un peu inévitables pour garder intérêt en son film, Cortés ne délaisse jamais son sujet ni ne le traite autrement que comment celui-ci se dévoile à nous.

Après un générique détonnant qui sur fond de musique haletante déploie les artisans du film avec une animation qui nous aspire vers le fond, on se retrouve par la suite et pour la courte heure et demie que dure le long-métrage, enfermé avec Paul Conroy dans le cercueil qui lui sert d'habitat, aussi peu conventionnel ce dernier soit-il. Partageant ses pensées, ses réactions, ses frustrations et son indignation, tout comme lui, notre désir sera éminemment de s'en sortir, mais surtout, suspense oblige, de savoir si ce dernier s'en sortira.

Un peu façon Cloverfield et tout autre film du genre, sans nécessairement faire usage de caméra réaliste ni du temps réel, on en apprend jamais plus que le personnage principal, ce dernier armé de peu d'éléments pour l'aider, parmi lesquels on compte un téléphone cellulaire (qui capte mal et a la batterie sur le déclin), un briquet et une lampe de poche.

Bien sûr, claustrophobes s'abstenir, mais si l'expérience n'est probablement pas aussi intense qu'elle devait l'être en salles, les qualités techniques du DVD collaborent certainement à bonifier ce captivant moment cinématographique. À ce titre, le son Dolby fait ressortir chaque détail sonore avec minutie, des grattements aux mouvements sur le bois du cercueil, en passant par chaque information provenant du cellulaire, alimentant constamment le stress et le malaise que le film arbore, surtout lorsqu'il n'y a ce que le son pour nous indiquer ce qui se passe. Par ailleurs, si la piste française ne retransmet pas avec la même puissance les réactions du personnage, elle demeure efficace et généralement bien exécutée. Certes, on ne peut négliger la musique dont on parlait précédemment qui enterre aisément tout le reste quand elle fait son apparition, brisant un peu le lien de réalisme qu'on partageait jusqu'alors avec le sujet.

Par contre, visuellement, par son étalage de gros plans et de très gros plans, donnant pratiquement dans la macro, on compte sur une multiplication des angles et une variété des plans qui enrichissent le rythme et la tension du long-métrage. De plus, si le réalisateur sélectionne judicieusement les détails sur lesquels se concentrer, il met de l'avant une palette étonnante de couleurs, passant du chaud au froid, qui magnifie visuellement le récit limité par son sujet. On pense notamment au jaune-orange de la flamme du briquet, à la lumière blanchâtre-bleuâtre de l'écran du téléphone cellulaire et à la teinte verdâtre du glowstick.

Si Cortés fait preuve d'une belle virtuosité dans sa mise en scène, il faut également féliciter Ryan Reynolds qui se débrouille fort bien dans ce huis clos qui repose entièrement sur sa performance pour laquelle il se dévoue corps et âme.

Pour la présentation, le DVD s'en tient à une pochette conventionnelle qui ne contient que deux photos qui pourraient bel et bien être des captures d'écrans tellement elles représentent bien le sujet, le visuel et le sentiment du film, comptant sur des teintes dégradant vers le bleu et le vert pour nous attirer et beaucoup de citations élogieuses de critiques américaines. Si le menu du DVD est élégant et classique, on ne retrouve par contre aucun supplément qui nous en apprendrait plus sur la création d'un tel phénomène, pas même de commentaires audios, ce qui aurait pu être intéressant compte tenu de la singularité du long-métrage. La bande-annonce disponible d'un autre suspense de Lionsgate, Bug, au-delà d'un coup de pub inutile, ne sert à rien, surtout que le film est sorti il y a plus de trois ans.

N'empêche, de par le suspense qu'il crée par la fatalité de plus en plus évidente, par la subtile critique de la politique américaine qui y est déployée, par les teintes d'humour noir et jaune, en plus d'une finale à tout casser, pour ceux qui sont prêts à se dévouer à une telle expérience, sans atteindre le génie d'un Lebanon, "Buried" demeure certainement un immanquable moment cinématographique à vivre.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments0
Vidéo8
Audio8