Burn!
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Gillo Pontecorvo
Année: 1969
Classification: PG
Durée: 112 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
20 novembre 2005

Les réalisateurs de films politiques ne sont pas légion. Gillo Pontecorvo n'est peut-être pas aussi connu que Costa-Gavras, mais il demeure cependant l'un des plus réputés réalisateurs à s'être attaqué au genre. Après avoir tourné le classique The Battle of Algiers, semi-documentaire en noir et blanc qui explore sans parti-pris le colonialisme Français en Algérie et la révolution qu'il a déclenchée, le cinéaste italien réalise "Burn!" (ou "Queimada", le titre original), une autre charge contre le colonialisme, cette fois dirigée contre le Portugal et l'Angleterre. Le film met en vedette Marlon Brando, dont la carrière battait de l'aile et qui nous offre un portrait convaincant de l'Anglais de la haute société qu'il avait auparavant esquissé dans Mutiny on the Bounty.

Dans les Antilles du milieu du 19e siècle, les Portugais sont rois et maîtres sur l'île de Queimada où ils utilisent des esclaves noirs pour cultiver la canne à sucre. Les Anglais, voulant s'approprier ce commerce profitable, envoient l'agent William Walker (Marlon Brando) sur l'île dans le but de fomenter la révolte des noirs contre les Portugais et d'installer un gouvernement indépendant. Il poussera donc Jose Dolores (Evaristo Marquez), un noir avec une forte personnalité, à convaincre un groupe d'esclaves de se rebeller et une insurrection s'ensuit qui chassera les Portugais de l'île. Mais les noirs, malgré leur "liberté" retrouvée, n'ont d'autre choix que de retourner travailler dans les plantations, cette fois-ci sous la contrainte des Anglais. Dix ans plus tard, Walker reviendra à Queimada avec pour mission de se débarrasser pour de bon du leader des rebelles qu'il a lui-même créé, Jose Dolores.

"Burn!" est probablement le meilleur film que Brando ait tourné dans les années 1960. Il est de presque toutes les scènes et nous offre un William Walker perfide, calculateur, charmant et manipulateur à souhait. Malheureusement, le reste de la distribution internationale ne fait pas le poids et Evaristo Marquez, un jeune Colombien dont c'était la première apparition à l'écran, a bien du mal à tenir son bout devant un géant comme Brando et le déséquilibre entre leurs performances est évident. Par contre, comme il l'avait démontré dans The Battle of Algiers, Pontecorvo excelle à orchestrer les scènes de foules, mais le dosage entre l'action et les idées demeure inégal. De plus, le montage souvent approximatif nous laisse avec une intrigue parfois difficile à suivre et l'intermède de 10 ans, rapidement escamoté en quelques minutes où l'on peut voir un Walker désillusionné réduit à boire et à se battre dans un bar, n'est pas convaincant. On peut tenter d'expliquer ces incongruités et un certain manque de continuité par le fait qu'il s'agit de la version de 112 minutes, et non de la version originale de 132 minutes. Il faut également souligner l'apport essentiel de la trame musicale d'Ennio Morricone, quasi militaire, qui ponctue l'action avec un mélange de discipline et de rage à peine contenue.

La présentation vidéo est correcte, mais aurait bénéficié d'une restauration complète. L'image est assez propre, bien qu'un peu granuleuse, et les couleurs paraissent délavées. Le niveau des contrastes et des détails est adéquat. Par contre, le film est présenté en format plein écran alors que le ratio original est de 1.85:1. De plus, l'arrière du boîtier indique "1.66:1, 4 x 3, widescreen". Plus contradictoire que ça tu meurs... La qualité sonore est acceptable bien que l'activité soit concentrée dans les enceintes avant et que la musique soit parfois trop forte. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Aucun supplément n'est offert.

Autre controverse entourant cette version de "Burn!", John Kirk, du studio MGM, a restauré la version originale italienne de 132 minutes. Celle-ci a été présentée en salles, mais jamais transférée en DVD. Puisque cette version existe, pourquoi avoir choisi de nous présenter celle-ci? Probablement parce que, dans la version originale, Brando a été doublé en italien et que les auditoires nord-américains préfèrent entendre un acteur connu s'exprimer dans sa propre langue. Mais pourquoi n'avoir pas tout simplement présenté le film avec la piste sonore anglaise et rajouté des sous-titres anglais pendant les 20 minutes où les personnages s'expriment en italien? Mystère...

"Burn!" n'est pas un film parfait, mais il comporte assez d'idées, d'ambivalence et de complexité pour s'élever au-dessus des slogans politiques simplets et nous démontrer que l'homme, par sa nature, n'est pas toujours cohérent et que la ligne est parfois mince entre le vice et la vertu. Malheureusement, pour les raisons ci-haut mentionnées, il m'est impossible de recommander cette édition.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio7