Calvary
EOne Entertainment

Réalisateur: John Michael McDonagh
Année: 2014
Classification: 14A
Durée: 97 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212114090

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 décembre 2014

Découvert il y a quelques années avec sa solide comédie noire The Guard, le cinéaste et scénariste britannique John Michael McDonagh est de retour avec "Calvary", un long-métrage beaucoup plus ambitieux qui manie avec une rare maîtrise humour et drame.

Menacé de mort par un homme qui veut se venger de l'Église, un prêtre (Brendan Gleeson) tente de comprendre le monde qui l'entoure.

"Calvary" est une œuvre difficile à classifier (et c'est tant mieux). Le ton terre-à-terre aux considérations religieuses, humanistes et mystiques évoque le cinéma de Bresson. Le héros, figure tragique d'une représentation désuète qui mène sa propre croix sur ses épaules, est en quête de signes dans un univers où la foi a laissé sa place à la solitude, aux vices et à l'individualisme. Une démonstration terrible qui, doublée d'une réflexion sur les crimes du clergé (et plus principalement sur les abus sexuels des prêtres dont les actions cristallisent leurs institutions), donne froid dans le dos, surtout en regard à cette finale d'une efficacité sauvage.

Il n'est pourtant pas rare de rire beaucoup devant cette satire du religieux et de l'humanité que n'aurait pas renié Bunuel. L'humour très sombre d'une ironie sèche s'échappe constamment des répliques, souvent à double tranchant. Et s'il y a une relation père/fille assez tristounette qui vient titiller une larme, c'est lorsque le suspense reprend le dessus que le plaisir opère. À l'instar du classique Le crime de l'Orient-Express d'Agatha Christie, une horde de méchants potentiels apparaissent à notre pauvre protagoniste qui aura l'embarras du choix devant tant de péchés commis.

La musique, finement utilisée, fait son effet. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est assez rugueuse, laissant échapper des enceintes des bruits de vagues, de feu, d'oiseaux, de wagons et de chants religieux. Les nombreux dialogues sont généralement audibles et si les accents sont trop prononcés, il y a toujours de visibles sous-titres blancs pour aider. Les images qui touchent parfois le sublime peuvent compter sur une étonnante palette de couleurs justes et précises, sur des teintes très détaillées et sur des contrastes parfaitement homogènes.

La photo sur le boîtier pique la curiosité: on y voir un prêtre au bord de la mer qui regarde une cible qui se dresse devant lui. Le menu principal du DVD opte de son côté pour un harmonieux montage de scènes et une mélodie cérémonieuse. Les suppléments très intéressants consistent à 50 minutes d'entrevues avec 17 (!) acteurs qui discutent des thèmes abordés.

Bénéficiant de paysages à couper le souffle et d'une interprétation solide comme le roc (de Brendan Gleeson qui trouve un de ses meilleurs rôles en carrière, mais également de la toujours délicate Kelly Reilly, de Chris O'Down qui surprend dans un contre-emploi et de Marie-Josée Croze qui est magnifiquement dirigée), "Calvary" aurait eu avantage à mieux soigner son rythme, déficient dans sa première partie. La tension prend trop de temps à s'installer et la réalisation, quoique soignée, tarde à afficher sa personnalité. Des défauts qui sont circonscrits à mesure que le scénario étend ses tentacules et saisissent sa proie - le spectateur - qui ne pourra que rendre les armes.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments4
Vidéo9
Audio7