Detroit
Les Films Séville / EOne Entertainment

Réalisateur: Kathryn Bigelow
Année: 2017
Classification: 13 ans + / Violence (QC)
Durée: 143 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212019678

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 décembre 2017

Après ses puissants The Hurt Locker et Zero Dark Thirty, la cinéaste Kathryn Bigelow continue avec "Detroit" à s'intéresser à des histoires vraies qui sont brûlantes d'actualité.

Marquées par des soulèvements raciaux aux États-Unis, les années 60 ont trouvé un point culminant dans la ville de Détroit, alors que des policiers ont fait passer un mauvais quart d'heure à des gens enfermés dans un hôtel.

Reflet criant des irrégularités policières des dernières années chez nos voisins du Sud, "Detroit" s'intéresse à un cas célèbre sans se défiler. Séparé en trois actes, ce long-métrage qui s'étire un peu en longueur montre d'abord le chaos des manifestations, puis l'enfer sur le terrain lorsque la menace prend une forme humaine et enfin les injustices chroniques du système judiciaire. La masse qui en ressort happe en plein plexus solaire. Malgré une démarche peu subtile et manipulatrice, il est impossible de ne pas être ébranlé. La réalisation experte qui évoque le documentaire, le scénario en magma actif et l'interprétation bouillante de comédiens chevronnés rajoutent à cette sensation d'assister à quelque chose de grand et d'important.

L'image pleine de textures ajoute au sentiment d'angoisse. La palette de couleurs est ample, les teintes détaillées et les contrastes terriblement homogènes. La musique de l'époque est mélangée aisément aux mélodies imparables de James Newton Howard. Les pistes sonores fébriles et immersives font ressortir des enceintes des bruits de tirs, de cris et de pleurs. Les voix sont généralement claires et en cas de besoin, il y a un recommandable doublage québécois et de visibles sous-titres blancs.

La pochette sombre teintée de jaune et de rouge montre quelques personnages qui joueront un rôle clé dans l'histoire. Le menu principal du disque superpose un air musical en apesanteur à un efficace montage de scènes. Les suppléments comprennent six documentaires superficiels (sur l'histoire, la distribution, la musique...) et une galerie de jolies photographies.

Difficile de ne pas ressortir révolté d'une oeuvre majeure comme "Detroit", qui fait monter la tension jusqu'à devenir le film d'horreur le plus terrifiant de l'année. Surtout que ce qui arrive est vrai malgré un traitement fictionnel. Voici probablement le grand oublié de 2017, qu'on aurait dû voir apparaître lors des remises de prix.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments3
Vidéo8
Audio8