The 11th Hour
Warner Home Video

Réalisateurs: Nadia Conners, Leila Conners Petersen
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 avril 2008

C'est étonnant comment un nom connu peut transformer un projet anonyme en œuvre tant attendue. Arctic Tale sans Queen Latifah en aurait réjoui plus d'un, alors qu'An Inconvenient Truth sans Al Gore n'aurait pas rencontré le même succès. C'est dans cette veine d'opus écologique, catastrophique et même apocalyptique que s'inscrit le "The 11th Hour" réalisé par les sœurs Leila et Nadia Conners... et narré, écrit et produit par un certain Leonardo DiCaprio.

La trame narrative est toujours la même. La terre se meure et par sa faute, l'homme est en voix d'extinction. Après avoir assombri le ciel de nuages terribles presque suicidaires, de minces éclaircies pointent à l'horizon, montrant comment l'espoir peut être utilisé par des gens qui veulent de beaux lendemains. Mais pour y arriver, il faudra multiplier les efforts, ne jamais abandonner et débuter dès maintenant le mouvement de masse internationale avant que l'être humain passe de vie à trépas en l'espace de quelques siècles.

Avant même sa sortie en salles, un peu tout le monde est tombé sur le dos de cette production alarmiste, comme c'était le cas de Michael Moore et son mésestimé Sicko. Avec son discours didactique, sa recherche perpétuelle d'émotions un peu faciles et sa façon souvent primaire de soulever la fibre patriotique américaine, ce n'est pas très surprenant. La mise en scène existe pour faire réagir immédiatement et les moyens d'y arriver ne laisse pas indifférent. Surtout qu'avec une sortie en DVD quelques semaines avant le Jour de la Terre, le contexte était plus que favorable.

Rendons toutefois à Leo César, le roi du monde, ce qu'il lui revient. Même sans aucune subtilité, les meilleures intentions du monde seront toujours louables. Malgré ses nombreuses imperfections, "The 11th Hour" sait jouer efficacement de ses effets chocs. Surtout que les sources utilisées - plus d'une cinquantaine d'intervenants du calibre de David Suzuki et de Stephen Hawking - s'avèrent aussi solide que le roc. Les noms se succèdent à la vitesse de l'éclair, assurant une crédibilité de tous les instants. Il est cependant dommage que ces gens si compétents ne puissent pas parler plus longtemps. Les 92 minutes se visionnent trop rapidement, ce qui offre un discours frôlant parfois la superficialité.

Le matériel utilisé détonne. Le montage rapide superpose les archives et les documents impressionnants, alors que les très beaux paysages envahissent rapidement l'écran. Cela donne toutefois un rendu inégal tant les sources varies. S'il y a parfois du grain, des égratignures ou du blocage, les images demeurent respectables et la définition des contours plus que correcte. Les couleurs précises sont cependant un peu trop blanches. Peut-être ce sont les gens, blancs comme des draps et des aspirines, qui exigent des changements avant de tomber complètement malades! La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 joue avec les enceintes en reproduisant des bruits sourds et lourds comme du verre brisé ou le souffle d'une tornade. De quoi tenir en haleine. La musique, à la fois lente, vivifiante et dévastatrice, cumule les excellents groupes instrumentaux, passant allègrement de Dirty Three à Sigur Ros pour laisser la place à un superbe tube de Mogwai. Il n'y a cependant rien pour enterrer les voix qui peuvent être soutenues par de visibles sous-titres blancs en anglais, en français et en espagnol.

La pochette en carton, mince et recyclable, est éloquente. Il y a un fond noir, la Terre en avant-plan et une immense empreinte d'un pied humain, montrant la domination de l'homme sur la nature. Le menu principal reprend cette thématique plus que statique. Seule une mélodie inoubliable de Mogwai est de la partie pour bercer la navigation. Avec 90 minutes de suppléments séparés en cinq segments distincts, les intervenants ont enfin le temps d'aller plus en profondeur dans leurs théories et leurs réflexions. Une section s'attarde sur les rouages de la nature pour se protéger de l'envahissement extérieur. Peu importe les ouvrages, un thème apparaît à l'écran et une personnalité (auteurs, analystes, gens engagés dans une association, etc.) parle longuement. Pour la réalisation soignée, il faudrait repasser. Sauf que les arguments demeurent bien souvent le vecteur des changements. Un document expose plutôt les solutions que possèdent les gens pour changer la donne. Un autre raconte les actions d'individus à travers la planète. Des exposés qui se regardent aisément. Tellement plus que ce court "Wonder of the World" qui traite de l'importance des arbres et de l'eau dans l'écosystème (quelle évidence!) et ces perspectives religieuses qui ne disent absolument rien de concret.

Il y a plusieurs années, des récits importants comme Koyaanisqatsi, ses suites et Baraka n'avaient pas besoin de mots pour transmettre leurs messages engagés. Signe des temps : le nouveau bébé de DiCaprio ne peut se passer des verbes pour exprimer ses idées. Un changement de rhétorique qui est mis au service d'un sujet brûlant d'actualité. Peu importe ses quelques défauts, le documentaire mérite d'être vu, surtout qu'il se vend à un prix plus que dérisoire.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments7
Vidéo6
Audio7