The American Nightmare
Docurama / IFC

Réalisateur: Adam Simon
Année: 2003
Classification: NR
Durée: 73 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Noël
16 mai 2004

Avec les évènements qui se sont produits ces derniers jours en Irak, on a l'impression que nous avons atteint un seuil de tolérance maximal sur ce que l'on peut voir comme violence à la télévision. Pourtant, nous ne sommes pas en reste puisque ces images, où l'on montrait un jeune soldat américain se faire décapiter par des hommes camouflés, serviront sans doute d'inspiration à de nouveaux réalisateurs de films d'horreur. Ce sera choquant, mais combien divertissant. "The American Nightmare" est un documentaire extrêmement intéressant qui établit un parallèle entre les œuvres cultes d'horreur de chacun des grands réalisateurs de cette catégorie avec les mœurs, croyances, et peurs qu'il y avait à l'époque et qu'ils ont surpassés.

"The American Nightmare" commence avec des images choquantes d'évènements qui se sont vraiment produits, entremêlés de scènes légendaires reproduites au cinéma dont les similarités et les liens sont évidents. Puis, le documentaire commence son périple avec le film-culte An American Werewolf In London. C'est à cette époque que plusieurs réalisateurs de films se sont mis à s'intéresser aux films d'horreur et ont créé des personnages légendaires (Dracula, Frankenstein) et un style qui suggérait plus qu'il ne montrait les peurs. C'est de cette base que le maître George Romero s'est inspiré pour réalisé son œuvre-culte, premier de la trilogie sur la mort, Night Of The Living Dead. Ce film, devenu un classique de l'horreur, avait fait parler énormément à l'époque par son côté réalisme et aussi parce que le personnage principal du récit était un NOIR. Rappelons que durant les années 60 (1968), les noirs aux États-Unis étaient loin d'avoir les mêmes droits que les blancs. On peut dire que Romero avait fait un placement audacieux et intelligent. Puis c'est au tour de Wes Craven de nous présenter son Last House On The Left qui avait atteint à l'époque un sommet de violence et de harcèlements incomparable. Tobe Hooper, réalisateur du Texas Chainsaw Massacre, viendra raconter que pour lui, ses véritables peurs se retrouvent dans son film qui est un des premiers films d'horreur moderne à miser sur l'ambiance et non sur des images-chocs. D'ailleurs, vous remarquerez que l'on ne voit presque jamais le visage de son personnage principal, l'homme à la tronçonneuse.

Le documentaire revient avec George Romero qui signa un deuxième opus absolument hallucinant et très près de la société américaine de l'époque, soit le brillant Dawn Of The Dead. Pour montrer la société de consommation qu'étaient devenus les Américains de l'après-guerre du Vietnam, les personnages du deuxième volet de sa trilogie sur les morts se sont retrouvés au beau milieu d'un centre d'achat ou ils préféraient s'empiffrer de souliers Adidas plutôt que de s'assurer que le centre n'a aucune ouverture pour permettre aux morts-vivants d'entrer. Puis, pour terminer, "The American Nightmare" a demandé à nul autre que David Cronenberg de venir nous expliquer son œuvre-culte, Shivers. Ses commentaires et réflexions sont très significatifs puisqu'ils permettent de mieux saisir le message que Cronenberg voulait véhiculer avec son film. "Faites l'amour, mais soyez prudent" c'est un peu ce que l'on peut comprendre de son entretien et de son film. Finalement, comme plat de résistance, John Carpenter vient jaser de son Michael Myers (Halloween) avouant qu'il a travaillé fort pour que son psychopathe ressemble beaucoup à la jeune génération des années 80 où taux élevé de divorce et l'absence pour le travail des parents étaient devenus monnaie courante.

Je pourrais vous entretenir durant des heures de ce petit bijou documenté qui réunit les plus grands du cinéma d'horreur. J'ai adoré le chemin qu'a pris le documentaire qui s'est enrichi de commentaires de plusieurs professeurs de cinéma, spécialistes et même du plus grand fabricant d'effets spéciaux que le cinéma d'horreur ait connu: Tom Savini (Night Of The Living Dead). Les liens entre chacun des intervenants se fait avec élégance et subtilité avec des titres originaux et parfois même rigolos. La qualité visuelle des entretiens est sans bavure et le traitement de l'image des archives est légèrement supérieur à certaines éditions que j'ai déjà en ma possession comme celle de Night Of The Living Dead. Le menu du DVD est très simple et bien schématisé; on peut cependant lui reprocher un léger manque d'organisation artistique. Il faut dire qu'il ne contient cependant pas beaucoup d'options, outre les bandes-annonces dans la section des bonis. La piste sonore est parfois irrégulière dû aux nombreuses scènes prises dans les films originaux.

"The American Nightmare" est un documentaire extrêmement intelligent et doit être un "must" pour tout amateur de films d'horreur.


Cotes

Film9
Menu5
Suppléments-
Vidéo8
Audio7