Araya
Milestone Films & Video / Oscilloscope

Réalisateur: Margot Benacerraf
Année: 1959
Classification: NR
Durée: 82 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 784148011448

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 avril 2011

Ayant remporté le prix international de la critique au Festival de Cannes en 1959 ex æquo avec le classique Hiroshima mon amour d'Alain Resnais, "Araya" de la réalisatrice Margot Benacerraf a pratiquement sombré dans l'anonymat. Voilà que le film renaît de ses cendres par l'entremise d'une superbe édition bien fournie en bonus. Il était temps!

Une caméra lancinante semble errer sur un territoire sans fin. Elle suit les habitants d'Araya qui se situe sur la péninsule du Venezuela. Les gens passent leurs journées à ramasser du sel et à pêcher. L'économie locale dépend de ces ressources pour survivre. Dans le lot de la population, trois familles attirent particulièrement l'attention...

Essai contemplatif à souhait, "Araya" peut être vu de différentes façons. Pour les uns, il s'agit d'un éclairant documentaire sur une époque donnée qui en dit long sur les modes de vie de sa communauté. Un effort considérable autant sur le plan social, culturel et anthropologique afin de bien documenter ce qui fut et qui n'est plus. L'opus peut également être vu comme un long poème, une déclaration d'amour à un peuple qui n'est pas totalement entré dans la modernité et qui résiste aux effets de la mondialisation. Dans tous les cas, le long-métrage fascine presque instantanément. Même s'il ne s'y passe pas grand-chose, la beauté des paysages et de la narration plonge le spectateur dans un état second, qui désira s'isoler du monde extérieur pour mieux apprécier ce doux venin qui est loin d'être immédiat.

La superbe photographie est relayée par une jolie image, subtilement restaurée. Sans doute qu'il reste encore du grain et des égratignures, mais le résultat demeure plus que recommandable. Le noir est blanc impressionne, tout comme la qualité des contrastes utilisés. La très belle musique orchestrale n'empiète jamais sur les voix, élément principal de ces pistes sonores en mono. Comme c'est généralement le cas, mieux vaut choisir les mots originaux en espagnol et insérer de potables sous-titres jaunes en anglais qui peuvent parfois se perdre à l'écran. Il y a un doublage francophone, sauf que le ton utilisé s'apparente davantage au documentaire uniformisé, éliminant pratiquement tous les aspects poétiques et sensoriels.

L'attrayante pochette grise, noire et blanche montre un homme qui gravit une montagne de sel. Le menu principal du DVD opte pour un montage de scènes qui défile sur une mélodie lourde de sens. Comme c'est généralement le cas chez le distributeur Milestone Film, les suppléments sont nombreux. Il y a un documentaire – en français! - de 16 minutes réalisé par Antoine Mora en 2007 qui explore l'impact du film dans son pays natal, deux intéressantes entrevues conçues pour la télévision où la créatrice parle de sa démarche, une bande-annonce, des notes de production et de presse qui sont accessible en insérant le disque dans l'ordinateur. Le court-métrage "Reveron" que la cinéaste a mis en scène en 1953 est également présent, portant bien entendu sur le célèbre peintre vénézuélien. Des pistes de commentaires sont disponibles lors de "Reveron" et d'"Atraya". Il s'agit de longues entrevues où Margot Benacerraf parle des différents récits, mais également de sa jeunesse, de ses influences et de sa façon de percevoir le septième art.

"Araya" est un petit trésor qui vaut son pesant d'or. Une pépite oubliée qui mérite d'être redécouverte, seulement pour savoir ce que ressemblait la vie dans ce coin de pays à la fin des années 1950. À méditer en se laissant porter sur ces images à couper le souffle.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments8
Vidéo7
Audio6