Blue Water, White Death
MGM Home Entertainment

Réalisateurs: Peter Gimbel, James Lipscomb
Année: 1971
Classification: 14A
Durée: 99 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
8 août 2007

L'époque est 1969. L'équipage composé de quelques matelots et une équipe de cinéastes est sur le point de capturer sur pellicule le premier squale blanc, le requin le plus meurtrier de ce monde. Steven Spielberg n'a pas encore fait ses premières armes au cinéma et Jaws n'a toujours pas évoqué les notes immortelles sur les pages de l'excellent compositeur John Williams. Parti à la recherche du requin, l'équipage navigue pas moins de 24 000 kilomètres sur une période de six mois. Ce film raconte leur périple ainsi que la découverte (pour eux) d'espèces de requins insoupçonnées.

Appâtant les bêtes carnivores à l'aide de baleines (un coup très dur à prendre pour les écologistes en nous), deux plongeurs descendent dans la première cage contre les requins et filment les prédateurs se nourrissant des carcasses flottantes. Une très belle phrase prononcée par Peter Gimbel lors de l'attaque des baleines par les chasseurs se résume à ceci: "ce sont des animaux comptant parmi les créatures les plus intelligentes de la planète. Si l'on continue de les chasser ainsi, il en sera fait de leur race avant même que l'on ait une chance de les comprendre". Le regard plein d'horreur, Gimbel s'enfouit dans son espoir de filmer un jour son requin blanc, le grand tueur d'hommes, celui qu'un cinéaste brillant nous a appris à craindre en à peine deux heures. Vivant des difficultés de toutes sortes, les marins et l'équipe de tournage devront faire face à des hordes de requins pas très commodes, des moments de peur, et aussi un certain triomphe lorsqu'ils parviendront enfin, lors des deux derniers jours de tournage, à voir leur tête d'affiche, donnant ainsi "vie" au premier documentaire à avoir filmé cette bête.

Rythme lent, caméra très sobre, le documentaire de Gimbel et Lipscomb reposent essentiellement sur l'étude des créatures marines ainsi que la difficulté à filmer sous l'eau, faire face aux diverses péripéties, etc. Les sujets sont variés, mais n'ennuient pas une seconde, quand on se remet dans la mentalité de l'époque: un requin blanc sur écran, ça ne s'est jamais vu. Le processus est donc long et il fallait un point d'ancrage (aucun jeu de mots intentionnel ici) pour le traitement narratif. Les baleines attaquées dans l'Afrique du Sud donnèrent donc au documentaliste une excuse valable pour tourner son projet. Ici, on apprend d'une source plutôt discutable l'inspiration de ce documentaire pour Jaws. Après une inspection à peine minutieuse des deux principaux intéressés (le documentaire et le film), la seule inspiration que le métrage de Spielberg a pu retenir est le requin blanc et, en tirant par les cheveux un tantinet, les plans sous-marins, sinon, il n'y a pas lieu d'en faire un procès.

Les suppléments sont en basse teneur de sodium, donc seulement une piste de commentaires (tout de même bien animée par l'équipe d'origine) ainsi qu'une revuette sur les souvenirs conservés par ces mêmes membres alors qu'ils ont revisité le film dans une version on ne saurait dire meilleure en terme de restauration. Peu nombreux, ces extras viennent malgré tout pimenter le documentaire d'anecdotes et d'images tournées entre les prises.

L'image du documentaire, proposée dans le même format que Jaws, a été restaurée de façon brillante. À peine quelques petits défauts peuvent être vus et ça seulement en prenant réellement la peine de regarder. Belles couleurs, belle saturation, la fluidité des mouvements demeure intacte, un travail impeccable, quoi. Au niveau du son, c'est un peu dommage puisque, demeurant en mono, il devient parfois difficile d'entendre aussi bien et d'avoir une définition claire, bien que cela ne soit pas réellement nécessaire à la compréhension du métrage.

Un bel effort et certainement une percée dans le domaine du documentaire pour ce type d'animal, "Blue Water, White Death" aura certainement permis aux foules de l'époque de se remplir d'effroi avant d'entrer voir la machine impeccable du sieur Spielberg. Le documentaire a au moins l'honneur d'être arrivé en premier et non dans le but commercial d'en tirer un quelconque profit.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo8
Audio5