The Carter Family: Will The Circle Be Unbroken (American Experience)
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Kathy Conkwright
Année: 2005
Classification: G
Durée: 60 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 10
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 septembre 2005

Avec ses nombreux documentaires, "American Experience" cherche à retracer les plus grandes étapes des États-Unis. Grâce à différentes sources, les présidents, les gens importants, les infrastructures, les avancées technologiques, les évènements historiques et bien plus encore sont résumés pour un public friand d'histoire. Le dernier regard en lice porte cette fois sur les musiciens influents "The Carter Family".

Bercé par la narration de Robert Duvall, "The Carter Family: Will the Circle be Unbroken" débute au milieu des années 1920. C'est là qu'on fait la connaissance de A.P. Carter, sa femme Sara et la cousine Maybelle. Ensemble, ce trio formera, en 1927, un des groupes les plus marquants de la musique traditionnelle, du country et du folk. Les paroles, qui traitaient autant de la famille que de l'amour, touchaient une multitude de personnes. Avec son utilisation de la guitare, Maybelle rendait populaire cet instrument qui sera utilisé peu de temps plus tard pour le rock. Le documentaire s'attarde également au rêve d'argent et de gloire du compositeur, qui a fini par délaisser son épouse et ses enfants. Malgré le divorce d'A.P. et de Sara, la formation a laissé des traces indélébiles dans les mémoires de nombreux individus. Cette image de gens, partis de rien, qui ont réussi. Ou ce son, maintenant reconnaissable entre tous, qui est toujours utilisé.

Comme c'est souvent le cas dans les documentaires, la chronologie prédomine sur le reste. Ainsi, on assiste aux joies et aux peines de célébrités de façon attendues, avec la quête de reconnaissance au début et le décès à la fin. De ce côté, aucune surprise. Le traitement ressemble aux autres exercices du même genre. Le ton ne semble pas toujours objectif. Les sources sont peut-être nombreuses (malheureusement, elles sont rarement citées), mais le consensus est de mise. La famille Carter est présentée comme des génies. A.J. avait des défauts, il a même divorcé. Un scandale pour l'époque, ce qui n'est jamais réellement abordé. Ou encore le rôle essentiel de ces deux femmes très tôt au début du 20e siècle. Encore une fois, le sujet est présenté de façon superficielle et très patriotique. Cependant, après l'écoute, la curiosité est piquée. Le spectateur a le goût d'en savoir davantage sur ces trois figures. Seulement pour déterminer si leurs rôles étaient aussi importants.

En multipliant les prises de vue réelles, des photographies, des dessins et des archives, la qualité vidéo ne peut qu'être inégale. Tout ce qui a été tourné de nos jours est plutôt de bonne facture. Les détails sont précis et la couleur, même si elle est parfois un peu pâle, reste agréable à regarder. Ce qui n'est pas le cas des archives, qui oscillent entre l'acceptable et l'horrible. Puisque la plupart des images proviennent d'anciennes pellicules datant de plus de 50 ans, c'est normal que le rendu ne soit plus très fin et beau. Il est toutefois impossible de passer à côté de ces lacunes. Les autres éléments visuels inactifs (photographies, dessins, coupures de presses, etc.) sont intéressants et le blanc et noir est souvent élégant. Les quelques sous-titres utilisés ressortent également bien. La bande son souffre des mêmes lacunes. Lorsqu'elle provient des archives, des parasites apparaissent très souvent et nuisent à l'écoute. À un moment, une voix détonne particulièrement. Comme si l'interlocuteur parlait dans une église. Sinon, il y a de la musique du début à la fin. Celle-ci est souvent entraînante et vivifiante. Habituellement, elle ne nuit pas à la très solide narration de Robert Duvall, mais il y a quelques exceptions où les mots sont à peine audibles. Au moins, l'utilisation des haut-parleurs est maximisée par les excellentes compositions.

Le menu principal est terne et muet. Une photographie de la famille le compose, mais elle change selon la section. Cinq onglets ornent le DVD: le film, la sélection d'une scène, les options, PBS Online et American Online. Ces deux derniers encouragent les spectateurs à consulter leurs sites électroniques. Avant de pouvoir accéder au documentaire, une série de publicités est de la partie. Elles sont également présentes à la toute fin. De quoi alourdir l'aspect authentique du documentaire. Contrairement aux idées qui peuvent être préconçues, il y a bel et bien des suppléments. Les plus intéressants s'intitulent "Mother Maybelle Guitar". Pendant cinq minutes, les musiciens Mike Seeger et Gilliam Welch parlent de la guitare de Maybelle et ensuite, la chanteuse entame des extraits de quelques morceaux. C'est aussi sympathique qu'inutile. Après cette séquence, des artistes comme The White et Randy Scruggs reprennent des chansons de la Carter Family. L'hommage est mérité. Sous la bannière "The Guitar in American Music", les attentes pour découvrir quelque chose d'inédit sont élevées. Sauf que l'arnaque est totale. Pendant à peine trois petites minutes, Mike Seeger explique comment la guitare a remplacé le banjo dans l'esprit musical américain et c'est à peu près tout. Très décevant. La dernière option raconte la courte histoire d'une fondation en l'honneur de la famille Carter, qui a été instaurée par leur fille Janette Carter. Une autre publicité déguisée qui n'intéressera que les plus grands fanatiques.

Pendant près d'une heure, le documentaire "The Carter Family: Will the Circle be Unbroken" réussi à captiver. Il donne l'eau à la bouche au néophyte et l'amènera à poursuivre ses recherches sur le sujet. C'est cependant dommage qu'avec ses grandes capacités, le DVD ne soit pas plus exploité en donnant accès à des séquences d'entrevues inédites ou à des segments qui sortent des sentiers battus.


Cotes

Film6
Présentation2
Suppléments3
Vidéo4
Audio5