Las Vegas - An Unconventional History
PBS Home Video / Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Stephen Ives
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 180 minutes
Ratio: 1,78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
12 novembre 2005

Il y a 100 ans, en 1905, naissait une petite ville au milieu du désert. Ceux qui y vivaient alors auraient eu beaucoup de mal à croire que leur paisible village allait un jour devenir une ville brillant de millions de lumières et surtout, ne s'endormant jamais. Grâce à Stephen Ives, celui qui nous a déjà permis de découvrir la fabuleuse aventure de The West, nous allons découvrir la véritable histoire qui se cache derrière ces lumières, ces néons, ces spectacles et, finalement, tous ces décors de papier mâché qui ne sont faits que pour émerveiller et repartir en poussière un beau jour.

La première partie, titrée "Sin City", va nous faire découvrir les débuts timides d'un point sur la carte du Nevada nommé Las Vegas, expression espagnole pour "Les Prairies". Bizarrement, l'endroit existe depuis déjà pas mal d'années, mais ce n'est qu'un point dans le désert, inhabité et vide. Reprenant un style qui lui est propre, Ives nous promène du présent au passé puis au présent, avec des clichés comme ces femmes de chambres d'un grand hôtel casino ou ces auteurs, ces journalistes ou même ces propriétaires comme Steve Wynn qui ont façonné, eux ou leurs parents, une grande partie de l'histoire contemporaine de la ville, de la grande époque de la construction du fameux barrage sur le Colorado, d'abord baptisé le Boulder Dam puis ensuite le Hoover Dam, jusqu'au début de la prise en main par les mafieux comme Ben Siegel. On se surprendra aussi à constater comment les habitants ont appris à vivre avec le nucléaire et à assister, régulièrement, à l'élévation de champignons atomiques dans le ciel du désert, à peine à moins de 100 km de là.

Dans une deuxième partie, nous découvrons un peu plus l'époque des années 50 et 60 où la mafia règne plutôt en maître sur la ville des péchés. Les procès éclatent sous les yeux des Kennedy, John et surtout Robert, alors juge et avocat. Puis on nous parle d'un certain Howard Hughes, personnage mystérieux qui apparaît un jour au Desert Inn Hotel, réserve neuf étages pour lui et son équipe puis finit par acheter les lieux, car il dérangeait plus qu'il n'arrangeait. Enfermé, reclus, il va malgré tout mener un des plus grands projets qu'a connus la ville depuis des années. Les hôtels casinos apparaissent et l'économie revit. La mafia a disparu et c'est maintenant une gestion plus saine qui mène. Mais Hughes disparaît quatre ans plus tard aussi mystérieusement qu'il est apparu. Mais son intervention a fait du bien. Les spectacles et les grandes vedettes, dont Elvis Presley, font perdurer le rêve de Las Vegas.

Jusque-là, le Nevada était le seul état en Amérique où le jeu était légal. Cela allait changer en 1978 avec l'ouverture de casinos et d'hôtels à Atlantic City, au New Jersey, sur la côte Atlantique. Certainement par goût de la découverte, la station balnéaire connaît un succès foudroyant, ne laissant que quelques miettes à la ville des péchés. Mais le soleil ne brillera fort que quelques temps. Rapidement, Las Vegas retrouvera sa "grandeur" et Atlantic City perdra un peu de sa flamboyance. Mais alors que la cité du Nevada connaît un renouveau, quelques incidents malheureux viennent entacher ce bonheur, dont un grave incendie à l'hôtel MGM qui fit 85 morts. Mais il en faut plus que ça pour ternir l'image et éteindre les lumières de la ville qui ne dort jamais. Ce sera avec l'homme d'affaires Steve Wynn et la construction du "Mirage" qu'une nouvelle ère débutera. Désormais, la démesure et l'émerveillement seront de mise. On ne rénovera plus, on détruira pour reconstruire du plus beau. Même si à quelques rues de là, des hommes et des femmes sont dans la misère et que les centres sociaux ne savent plus où donner de la tête.

Paramount et PBS nous proposent une belle édition pour ce documentaire avec une image panoramique bien définie, malgré de nombreux extraits de films ou de photographies originales en noir et blanc de plus de 60 ou 70 ans. Bien entendu, la qualité de l'image n'est jamais égale, sauf pour les prises de vues récentes où les couleurs éclatent, autant de jours sous le soleil du Nevada, que de nuit sous les mille feux des casinos. La piste sonore est toujours bien définie et suit parfaitement l'émotion des images. Les pages de menus sont statiques et muettes (sauf la page principale qui arbore un panneau de Las Vegas clignotant).

Quelques suppléments intéressants accompagnent ce beau documentaire. Tout d'abord, le "Making Of Las Vegas: an Unconventional History" nous plonge dans les coulisses du tournage qui, selon les dires de Stephen Ives lui-même, a été le plus éprouvant même s'il a déjà filmé des endroits bien plus sauvages que ça. Le plus difficile selon lui: la température encore très haute même à huit heures du soir et surtout les "hordes" de touristes. On regrettera une durée trop courte (moins de 5 minutes) pour ce segment. L'autre supplément est assez différent, par contre, mais je lui trouve un côté "petit trésor" que j'ai bien apprécié: "Let's Face It: A 1950's Federal Civil Defense Administration film on Nuclear Testing". Comme son titre le laisse supposer, il s'agit d'un film qui était diffusé au début des années 50 pour familiariser la population avec le nucléaire et les bombes. Présenté au format panoramique et en noir et blanc, nous sommes plongés dans une suite de scènes supposées rassurer le spectateur sur cette nouvelle invention. Malgré des images parfois de piètre qualité, on s'intéressera à la préparation d'un environnement de moments du quotidien pour étudier les effets de la bombe, tels que maisons (de différentes fabrications), voitures, objets, plantes, etc.. La narration rappelle ces vieux films documentaires américains des années 50 et 60, avec un minimum d'intensité dans la voix et parfois quelques morceaux musicaux. Un film d'un peu moins de quinze minutes qui vaut vraiment la peine d'être vu et surtout conservé.

Pour accompagner parfaitement ce superbe documentaire, je vous propose de vous procurer en même temps le livre assorti qui, tout au long de ses 272 pages sous couverture rigide, nous présente 250 photos, souvent inédites. D'une mise en page très aérée et colorée, l'impression est superbe et les souvenirs bien présents. Une grande place y est faite pour les images du passé, avec de nombreuses photos datant des années 40, 50 et 60. Les auteurs en sont Stephen Ives et Michelle Ferrari. On y reprend les chapitres dans le même ordre que le film. À noter que le titre indiqué dans les crédits du livre est "Las Vegas: An Irreverent Story", qui peut paraître peut-être exagéré. Un ouvrage que je vous conseille absolument si vous envisagez l'achat du DVD et si vous avez, en plus, un petit penchant pour cette région du Nevada. Et la visite ne serait pas complète sans faire un tour sur le site dédié à ce documentaire à l'adresse www.pbs.org/amex/lasvegas.

Utilisant des plans parfois très innovateurs, offrant des vues inédites de certains endroits, Stephen Ives nous propose ici certainement un des meilleurs documentaires sur Las Vegas et certainement un des plus complets. Même si sa façon de monter ses images peut en irriter certains, il n'en reste pas moins que "Las Vegas: An Unconventional History" est un incontournable pour tous les amateurs de l'ouest américain et plus particulièrement de la ville aux mille casinos. Vous comprendrez aussi que j'ai grandement apprécié ce merveilleux voyage dans le temps, qui m'a permis de mieux comprendre l'histoire d'une ville qui ne semble exister, pour beaucoup, que depuis moins de 50 ans. Encore un grand documentaire de PBS et de la série American Experience à ne pas manquer.


Cotes

Film10
Présentation5
Suppléments7
Vidéo8
Audio8