Jesse James / Annie Oakley
American Experience
Paramount Home Entertainment / PBS Home Video

Réalisateurs: Mark Zwonitzer / Riva Freifeld
Année: 2006
Classification: G / PG
Durée: 60 / 60 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5) chacun

Le DVD "Jesse James" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Annie Oakley" est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
8 novembre 2006

Les documentaires historiques de la collection "American Experience" sont toujours d'une richesse importante, quel que soit le sujet. Centrés, de par le nom de la collection, sur l'histoire de l'Amérique, ils nous font découvrir à chaque fois une ville, une période ou une personnalité de ce court, mais riche passé américain. Aujourd'hui, ce sont deux nouvelles éditions que nous allons critiquer, l'une portant sur un personnage dont on connaît bien le nom, mais dont on ne connaît pas forcément la vraie histoire : Jesse James. Le deuxième DVD porte quant à lui sur une femme dont, à mon avis, peu connaissent l'histoire et même le nom. Pourtant, elle a été en son temps une véritable artiste de la gâchette en portant le titre de "la meilleure tireuse que le monde n'a jamais connu" et en s'exhibant jusqu'en Europe dans le légendaire "Wild West Show" du célèbre Buffalo Bill. Elle s'appelait Annie Oakley.

Ci-dessous, vous trouverez les critiques de ces deux documentaires. Bien entendu, le résumé qui en est fait est succinct et plusieurs passages importants, présents dans les documentaires, ont été volontairement omis pour ne pas trop en dévoiler. Si les histoires vous intéressent, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer ces deux DVD qui retracent deux grandes légendes de l'histoire de l'Amérique.

American Experience : Jesse James

Pour une raison que j'ignore, ce documentaire réalisé par Mrak Zwonitzer, insiste au début sur le regard d'un certain Jesse James, autant dans les descriptions des intervenants que dans les images. On fait même un long gros plan sur les yeux d'une ancienne photographie en noir et blanc de ce jeune homme où ces derniers sont rehaussés de bleu comme pour accentuer un regard que l'on voudrait angélique et inoffensif. Aujourd'hui encore, on parle du mythe de Jesse James et on demande encore à la population de se prononcer sur les faits reprochés à cet homme : est-il réellement coupable des nombreux meurtres qu'on lui attribue.

Jesse James est-il né au mauvais endroit au mauvais moment? Nous sommes en 1847, à Clay County, au Missouri, près de la frontière du Kansas, quand Zerelda et Robert James accueillirent dans leur famille leur nouveau-né Jesse. Robert mourut trois ans plus tard et Zerelda se remaria par nécessité (les temps étaient durs) avec un médecin local, Reuben Samuel. Quelques années plus tard, la Guerre de Sécession fit rage et les habitants de la zone, en raison de la frontière proche, devaient prendre une décision : rester dans l'Union ou devenir confédérés. Cette situation créa rapidement des milices qui ne relevaient d'aucune armée et qui prenaient position pour l'un ou l'autre des camps. En 1864, à l'âge de 16 ans, Jesse, accompagné de son frère aîné Frank, rejoignit une milice sudiste.

Il n'en fallait pas plus pour ce jeune homme pour assimiler des gestes violents et les incorporer à son quotidien. Sauf que la plupart du temps, ces atrocités étaient menées en groupe et qu'il est difficile, aujourd'hui, de déterminer qui en étaient les vrais auteurs. De plus, des vols de banques où les employés désarmés étaient tués de sang-froid, souvent tirés dans le dos ou de pleine face, étaient souvent reliés à la "gang" des frères James, même s'il n'a jamais été possible de prouver l'implication directe de Jesse. Comme pour apaiser la situation, si l'on peut dire, on attribua même aux frères James le fait de voler les riches pour donner aux pauvres, ce qui ne fut aussi jamais prouvé. Au début des années 1880, Jesse se sépara de son frère, qui sera plus tard acquitté des accusations qui pesaient contre lui, et fit cavalier seul, devenant de plus en plus violent, jusqu'à sa mort, en avril 1882, tiré dans le dos alors qu'il était désarmé. Mais la grande histoire des James perdura. Son frère Frank fit des apparitions dans le Wild West Show de Buffalo Bill et Zerelda, la mère, faisait visiter la tombe de Jesse aux touristes de passage, jusqu'à sa mort en 1911.

Utilisant les quelques photographies d'époque et de nombreuses reconstitutions, la narration de ce "mythe" américain qu'est la vie de Jesse James demeure passionnante, même si on semble insister sur l'aspect violent du personnage, et donc décider implicitement de ses actes, malgré un certain doute qui subsiste encore de nos jours. PBS Home Video nous propose ce DVD avec une image, au format panoramique anamorphique, est excellente pour les entretiens avec les historiens, mais devient un peu plus complexe pour les reconstitutions, l'utilisation d'effets d'ombres et de colorisation bleutée venant perturber le visionnement. La piste sonore anglaise est très claire avec quelques effets sonores lors des scènes d'échanges de coups de feu. Il n'y a pas de sous-titres, mais un affichage pour malentendants. Les pages de menu sont illustrées dans le style western. Il n'y a pas de suppléments.

American Experience : Annie Oakley

C'est en août 1860 que naît Phoebe Anne Moses dans la ferme familiale de l'Ohio. Elle perd son père à peine six ans plus tard et la famille doit déménager, faute d'argent. La jeune Anne apprend alors à attraper des animaux avec des pièges et décide, à l'âge de huit ans, d'utiliser le fusil de son père pour aller chasser l'écureuil. Sa mère n'est pas d'accord et lui interdit alors de toucher à une arme. Après une partie de sa jeunesse passée dans des familles d'accueil, souvent cruelles envers elle, elle retourne chez elle à l'âge de 15 ans. C'est alors qu'elle passe beaucoup de temps à s'entraîner au tir dans les bois et même à participer à de petits concours locaux. Elle réussit si bien qu'elle arrive même à subvenir aux besoins de la petite famille juste par son adresse redoutable.

C'est d'ailleurs dans un de ces concours qu'elle rencontre son futur mari, Frank Buttler, un champion du tir qu'elle battra pourtant lors d'une représentation. Mariés en 1876, son mari continue de faire des tournées avec son numéro de tir, avec un partenaire. Mais en 1882, ce dernier tombe malade et Buttler choisit de le remplacer par Anne. Elle fait aussitôt sensation. Prenant le nom de sa grand-mère paternelle, ce sera désormais le duo "Buttler and Oakley". Deux ans plus tard, c'est le grand Sitting Bull lui-même qui est impressionné par la jeune Annie, lui réservant même une attention spéciale et lui donnant le nom indien de "Watanya Cicilla" (Little Sure Shot). Il faut attendre 1885 avant qu'elle n'entre dans la troupe du très célèbre Buffalo Bill Wild West Show, qui présentait à l'époque, à la manière d'un cirque, des épopées de cow-boys et d'indiens, avec des attaques de diligence, des poursuites à cheval et donc, des exercices de tirs de précision. Plus de 360 000 personnes assistèrent au spectacle durant l'été de 1886 à Staten Island, au large de Manhattan. Annie Oakley fera partie de la grande troupe du show pendant 17 ans. Elle se produira même à Londres et à Paris, notamment en 1889, pour le 100e anniversaire de la révolution.

Annie Oakley continua d'être la tireuse la plus précise pratiquement jusqu'à sa mort. Elle le prouva en 1922, alors âgée de 62 ans, en réussissant tous ses tirs lors d'une représentation spéciale. Elle mourut en 1926. Un premier film sur sa vie fut tourné par Hollywood en 1935 et c'est l'actrice Barbara Stanwick qui la personnifia. Auparavant, un documentaire muet et en noir et blanc fut produit en 1894 où elle apparaissait elle-même. Puis, en 1954, une série télévisée qui dura trois ans (ou 81 épisodes de 30 minutes) fut aussi réalisée. Toutes ces productions portent le titre de "Annie Oakley".

Le documentaire que nous propose PBS Home Video avec ce DVD est d'une incroyable richesse, malgré une notoriété relativement moindre du personnage. Pendant environ une heure, nous apprenons à connaître une figure illustre un peu passée dans l'oubli. Les images, au format panoramique anamorphique, sont très souvent des photographies ou des extraits de film d'époque, en noir et blanc. Ces extraits ne sont malheureusement pas toujours dans un très bon état, ce qui est dommage, mais intéressant, car c'est certainement une des rares fois où ils peuvent être visionnés. En effet, en raison du côté artistique du personnage et de son environnement, ce documentaire contient beaucoup plus d'illustrations et de films d'époque que dans le cas de Jesse James. Les nombreuses photographies d'Annie Oakley prises au cours de sa carrière nous sont parfaitement bien reproduites, autant lors de ses apparitions dans les spectacles qu'avec le légendaire Sitting Bull. De temps en temps, l'intervention d'un historien vient appuyer la narration. La piste sonore anglaise est très claire, mais il n'y a que très peu d'effets ambiants. Les pages de menus sont illustrées avec soin, mais muettes et statiques. En guise de suppléments, on a accès à six reproductions d'affiches du spectacle de Buffalo Bill, mais je n'ai jamais aperçu le nom d'Annie Oakley dessus (ni d'aucun autre participant).

Encore deux documentaires d'une grande valeur, nous apportant des informations que beaucoup d'entre nous ignoraient certainement. Alors que celui sur Jesse James doit s'appuyer sur de nombreux documents écrits et quelques photos, en revanche, celui d'Annie Oakley est beaucoup plus fourni visuellement, avec d'ailleurs très peu de reconstitutions. Même si les deux personnages datent approximativement de la même époque. N'oublions pas que Frank James, le frère de Jesse, a été un des participants du spectacle Wild West en même temps qu'Annie Oakley! D'où l'intérêt de se procurer ces deux documentaires en même temps afin de suivre deux existences assez éloignées l'une de l'autre, mais qui finalement vont se rejoindre d'une certaine manière. Et sans avoir six degrés de séparation! À posséder pour les vrais amateurs d'histoire.


Cotes

Film10/9
Présentation2
Suppléments-/3
Vidéo7
Audio7