Citizen King / In Remembrance of Martin
American Experience
PBS Home Video / Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Orlando Bagwell
Année: 2004 / 1986
Classification: PG / G
Durée: 115 / 60 minutes
Ratio: 1.78:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui / Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 15 / 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9) chacun

Le DVD "Citizen King" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "In Remembrance of Martin" est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
22 février 2005

Avec, aux États-Unis, un jour dédié à sa mémoire, il est presque impossible de ne pas savoir qui est le Dr Martin Luther King Jr.. Ce pasteur originaire d'Atlanta a été un des plus farouches activistes du mouvement pour les Droits Civils (Civil Right Movement); c'est d'ailleurs grâce aux nombreuses manifestations qu'il a initiées que les noirs des États-Unis ont enfin pu être traités d'égal à égal avec les blancs (certains diront que ce n'est toujours pas le cas, mais bon...). Malgré une opposition des plus violente, autant de ses opposants que de ceux qui se battaient pour la même cause, il a toujours prêché la protestation par la non-violence. Cette approche lui a d'ailleurs valu le prix Nobel de la paix en 1964. Par contre, cette forme passive de rébellion n'a pas été le choix d'autres activistes de l'époque qui ont dénoncé cette méthode (notamment Malcom X). Il a aussi été vertement critiqué lors de sa prise de position précoce contre la guerre du Viet Nam. On lui reprochait de mêler les causes et d'ainsi s'aliéner encore plus de gens. Sa philosophie était que l'on devait enrayer les injustices partout; son célèbre discours à ce sujet se termine d'ailleurs par la phrase "Injustice anywhere is a threat to justice everywhere" (il est alarmant de voir que le président George W. Bush utilise une paraphrase de ce "slogan" pour justifier des guerres...). Mais, malgré tous ses détracteurs, l'histoire donne raison à Martin Luther King Jr. sur tous les points; une fois de plus, on constate qu'il suffit d'être avant-gardiste pour être méprisé...

Citizen King

Ce documentaire de la collection "American Experience" se concentre presque uniquement sur les cinq dernières années de la vie du Dr Martin Luther King Jr.. Le film débute plus ou moins avec son discours à Washington, celui où il termine par le célèbre "I have a dream". On y voit ensuite son arrestation et emprisonnement à Birgmingham, Alabama, là où il écrit sa fameuse lettre. On nous présente aussi ses problèmes avec J. Edgar Hoover qui l'accuse d'appartenir au pire groupe de mécréants de l'époque, c'est-à-dire les communistes. On le voit aussi aux émeutes de Chicago en 1966, où il était loin d'être le bienvenu. Le documentaire se termine par son assassinat, en 1968.

Le film est extrêmement bien conçu, alternant films d'époque et témoignages de gens qui l'ont connu ou étudié. Le montage est bien fait, avec une belle trame sonore en arrière-plan. Le seul petit reproche est l'absence de sous-titres: certains des intervenants ont un accent du sud à tel point fort qu'il est difficile de bien saisir ce qu'ils disent. De plus, sur certains films d'époque, la qualité audio n'est pas optimale, ce qui rend encore plus difficile la compréhension. Visuellement, le film est très bien rendu sur DVD. On ne note pas de problème de compressions et la palette de couleur utilisée est adéquate. Les extraits de films d'époque souffrent évidemment de la vieillesse du matériel, mais le résultat est tout de même impressionnant, de par la netteté des images.

Le menu du DVD est statique, sans musique. Comme plusieurs autres DVD de cette collection, le film débute par une série de publicités qui, semble-t-il, sont nécessaires à la production du documentaire. Ce DVD nous offre un extra substantiel: un interview du réalisateur Orlando Bagwell. Il nous y parle de son approche au film, de son admiration pour le Dr King, ainsi que du travail de conception. Bien qu'un peu long, ce supplément est tout de même très intéressant. Il est aussi à souligner le site Web complémentaire au film, qui permet d'en savoir plus sur la réalisation du documentaire et sur le Dr King.

In Rememberance of Martin

Ce deuxième film, qui ressemble davantage à un long reportage de journal télévisé qu'à un film documentaire, focalise sur les festivités qui ont eu lieu lors de la première journée nationale Martin Luther King Jr.. On y voit principalement les célébrations partout aux États-Unis et des interviews de gens qui ont connu le Dr King, ou qui l'admirent. On peut y entendre des interventions de Bill Cosby, du révérend Ralph Abernathy, de Jimmy Carter, de Tramaine Hawins, de l'archevêque Desmond Tutu, du révérend Jesse Jackson, et bien d'autres. On y voit aussi de ses anciens collègues de classe à l'université Morehouse, ainsi que des témoignages de sa famille. Le tout est entrecoupé de matériel d'archive nous montrant l'extrême violence à laquelle Martin Luther King s'est heurté (Ku Klu Klan, répression policière, foule hargneuse, etc.). Le documentaire est aussi agrémenté de musique Gospel et de Negro Spirituals comme bande sonore.

Surtout en le comparant au précédent film, "In Rememberance of Martin" est moins bien conçu. Tout d'abord, la musique n'est pas mixée adéquatement; à certains endroits, il est difficile de cerner les paroles des intervenants, tant elle est centrée et trop forte. D'ailleurs, le choix d'utiliser la musique Gospel est discutable, puisque les paroles des chansons sont plus envahissantes que de la simple musique instrumentale. Ensuite, le montage du film laisse à désirer; par exemple, à un endroit, on nous présente une liste de réalisations du Civil Right Movement au même moment qu'un intervenant témoigne de Martin Luther King. Il est donc difficile de suivre les deux, et, finalement, on n'en retient aucun des deux. Plus positivement, il est à souligner que les images d'époque sont beaucoup plus percutantes que celles du film précédent (plusieurs sont d'ailleurs exactement les mêmes). Par exemple, les scènes d'émeutes sont beaucoup plus violentes. Cependant, ces images ne sont pas d'une très bonne qualité technique, que ce soit pour le volet sonore ou visuel. Pour ce qui est du côté musical du film, soulignons aussi l'excellente prestation du Morehouse Glee Club, un choeur d'hommes interprétant des Negro Spirituals, ainsi que celle de Tramaine Hawkins qui nous présente un gospel. Ces deux prestations sont certainement un des faits saillants du film.

Malheureusement, ce documentaire n'offre aucun supplément. L'unique menu est statique et silencieux.

Bref, tout juste à temps pour le "Black History Month" qui a lieu chaque année en février, PBS pour présente ces deux documentaires dont le sujet est l'un des personnages les plus importants de l'histoire des États-Unis. Dans le même ordre d'idées, Fox profite de l'événement pour faire paraître sur DVD le film Chisholm '72: Unbought & Unbossed, qui relate les grands moments de la carrière politique de la première personne de race noire à solliciter le poste de président des États-Unis, la représentante Shirley Chisholm.


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