America Beyond the Color Line
PBS Home Video / Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Mary Crisp, Daniel Percival
Année: 2002
Classification: PG
Durée: 225 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 44
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
1er mars 2005

En 1903, le respecté intellectuel afro-américain W.E.B. DuBois avait identifié avec justesse un des grands problèmes auxquels le 20e siècle aurait à faire face comme étant "the problem of the color line" (le problème de la ligne de couleur). Cent ans plus tard, après le mouvement pour les droits civiques et la déségrégation, où en sont les noirs aux États-Unis et quels sont les défis auxquels ils devront faire face au 21e siècle? C'est ce à quoi Henry Louis Gates Jr, enseignant à Harvard, tente de répondre dans "America Beyond the Color Line", alors qu'il parcourt l'Amérique et s'entretient avec les membres de la communauté noire, des plus célèbres et influents, jusqu'aux laissés pour compte des ghettos. Le documentaire est divisé en quatre segments d'une heure, chacun s'attardant à une région en particulier.

Part I – The Black Belt (Sud)

Gates se rend à Memphis, Birmingham et Atlanta, les champs de bataille de la lutte pour les droits civiques dans les années 1950 et 60. Ces mêmes villes que les noirs ont quittées à cause de la ségrégation les voient revenir aujourd'hui par dizaines de milliers et ils forment maintenant une grande partie des classes moyenne et aisée. Les maires de ces trois villes sont maintenant noirs, mais quel progrès véritable a été accompli depuis 30 ans? Les interviewés incluent Morgan Freeman et l'écrivaine Maya Angelou.

Part II – Streets of Heaven (Midwest - Chicago)

Qu'en est-il aujourd'hui de tous ces noirs qui avaient fui la ségrégation et quitté le sud pour chercher refuge au nord? Quatre enfants noirs sur dix vivent sous le seuil de la pauvreté, 69% d'entre eux vivent dans une famille monoparentale et un homme noir sur cinq est en prison. Gates visite les ghettos du sud de Chicago et la prison de Cook County, et se demande de quel espoir peuvent bien vivre ces gens qui ne connaissent rien d'autre que misère, culture du crime et désespoir. Il s'entretient avec plusieurs d'entre eux ainsi qu'avec, entre autres, le révérend Jesse Jackson.

Part III – Ebony Towers (Côte est)

Il n'y a jamais eu autant d'afro-américains occupant des positions de pouvoir, autant au gouvernement que dans l'entreprise privée, alors que cela aurait été impensable il y a 20 ou 30 ans. Comment ont-ils réussi? Le racisme est-il présent aux échelons supérieurs? Sentent-ils une responsabilité envers les plus démunis de leur race et que peuvent-ils faire pour améliorer leur sort? Gates tente d'obtenir une réponse à ces questions en s'entretenant, entre autres, avec Colin Powell, Russell Simmons (artiste hip-hop et fondateur de "Def Jam Records"), Franklyn Raines (le 1er président noir d'une compagnie du "Fortune 500").

Part IV – Black Hollywood (Côte ouest - Hollywood)

Après avoir récompensé Halle Berry et Denzel Washington l'an dernier, les Oscars récidivent cette année en décernant des statuettes à Morgan Freeman et Jamie Foxx. Hollywood est-elle devenue "color blind" ou rien n'a changé et la seule couleur qui l'intéresse vraiment est celle des billets de banque? Est-ce qu'il y a plus d'opportunités aujourd'hui pour les acteurs et actrices de couleur? Font-ils maintenant partie des décideurs? Gates aborde ces questions avec Chris Tucker, Samuel L. Jackson, Don Cheadle, Quincy Jones et plusieurs autres.

En abordant des thèmes tels que la race, l'identité, l'intégration, la culture, les classes sociales et le patrimoine historique, Henry Louis Gates Jr. nous trace un portrait intéressant et parfois touchant de la communauté afro-américaine en ce début du 21e siècle et nous informe sur les enjeux auxquels elle se verra confrontée à l'avenir. Son approche est plus conviviale que didactique, mais il sait poser les bonnes questions aux bons moments. Par contre, M. Gates n'est pas un documentariste et ça paraît. Certains des intervenants n'ont pas grand-chose de pertinent à dire et il y a beaucoup de longueurs. "America Beyond the Color Line" aurait bénéficié de certaines coupures et d'un montage plus serré pour ajouter un peu de rythme et d'impact aux propos.

La présentation audio et vidéo est telle que l'on est en droit de s'attendre pour un documentaire tourné pour la télé en 2003. L'image est claire et propre, et le niveau des contrastes et des détails est excellent. Même les segments tournés dans les environnements sombres de la prison et de l'appartement mal éclairé du ghetto sont de bonne qualité. Évidemment, puisque tout est centré sur les entrevues, l'activité sonore demeure concentrée dans le haut-parleur centre et les enceintes avant. Les dialogues demeurent toujours clairs et facilement audibles, même à l'extérieur où il est plus difficile de contrôler les bruits ambiants. Les menus sont statiques et de navigation aisée. Comme seul supplément, on retrouve une courte entrevue avec M. Gates qui nous parle de la genèse du projet et des conclusions qu'il en a tirées.


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