13 Tzameti
Les Films Séville Pictures / MK2

Réalisateur: Géla Babluani
Année: 2005
Classification: 18A
Durée: 86 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
11 mars 2007

Premier film du jeune réalisateur d'origine géorgienne Gela Babluani, "13 Tzameti" emprunte à Hitchcock et à Melville pour nous offrir un suspense provocant qui glace le sang. Primée à Venise et à Sundance, cette première oeuvre, incroyablement maîtrisée, nous entraîne avec une simplicité quasi détachée dans un univers violent et nihiliste. 13 joueurs, une balle chacun, faites vos jeux.

Le jeune Sébastien (George Babluani), engagé pour réparer le toit d'une vieille maison, surprend une conversation où il est question de beaucoup d'argent. Peu après, le propriétaire meurt d'une overdose et Sébastien tombe sur une enveloppe scellée qui renferme un billet de train et une réservation d'hôtel à Paris. Il décide de se faire passer pour le défunt et de suivre cette piste qui, après moult détours et instructions, l'emmènera à une maison de campagne. Il se retrouvera, bien malgré lui, au milieu d'un jeu mortel où de riches parieurs misent sur la vie des concurrents.

La première partie du film est empreinte d'une atmosphère hitchcockienne où le suspense est teinté d'ambiguïté. Par la suite, l'approche est plus directe, le film bascule dans l'horreur et le réalisme saisissant de cette étrange compétition de roulette russe cloue littéralement le spectateur sur son siège. À la différence de The Game, de David Fincher, où l'ambiance stylisée soulignait la nature artificielle du contenu, ou de Battle Royale, de Kinji Fukasaku, où la démesure venait désamorcer la violence graphique en lui donnant un ton presque comique, "13 Tzameti" utilise la cinématographie en noir et blanc et des angles de caméra non conventionnels (qui rappellent le film noir) pour alimenter la tension et le désespoir de ces condamnés à mort en sursis. La musique est éparse et les longs silences servent également à soutenir cette tension au point de la rendre quasi insupportable.

Le jeu des comédiens se marie parfaitement avec le style employé et demeure très réaliste. Il faut louer le travail du jeune George Babluani (le frère du réalisateur), qui en était à son premier rôle au cinéma, et dont la performance supporte presque entièrement le film. Il offre une prestation troublante et nuancée, alors que son personnage subit des transformations décisives et passe du jeune homme ordinaire et contemplatif, au concurrent effrayé et traumatisé, et finalement, à une sorte de mort-vivant de qui on aurait extirpé tous les sentiments. "13 Tzameti" est un film coup-de-poing qui, malgré quelques coïncidences un peu trop commodes, deux ou trois scènes moins convaincantes et une finale prévisible (dans mon cas à tout le moins), demeure une réussite étonnante.

Le transfert proposé sur cette édition est impeccable. L'image est claire et propre et l'étalement des noirs, ainsi que le niveau des contrastes et des détails sont parfaits. Je n'ai noté aucun problème dû à la compression, ni d'accentuation des contours. C'est tout aussi impressionnant côté sonore. La séparation des canaux est nette et les nombreux effets ambiophoniques procurent un environnement très immersif. Les dialogues sont clairs et dénués de distorsion. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont de facture classique, accompagnés de musique et d'extraits du film. Parmi les suppléments, on retrouve des scènes coupées, un segment intitulé "Testimony of a Survivor", qui propose une entrevue complètement ahurissante avec un mordu de ce "jeu" qui n'a vraisemblablement pas toute sa tête, des entrevues fort intéressantes avec les acteurs et des membres de l'équipe technique, le court métrage ‘Sunday's Game", du cinéaste Gene Laufenberg, et les bandes-annonces (originale et nord-américaine) du film.

"13 Tzameti" est un premier film choquant et déroutant d'un jeune réalisateur à surveiller. Âmes sensibles s'abstenir.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments5
Vidéo9
Audio8