5x2
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: François Ozon
Année: 2004
Classification: 18A
Durée: 87 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
30 octobre 2005

François Ozon est un réalisateur souvent inspiré, capable de faire des miracles avec presque rien. Il faut seulement se souvenir du délicieux 8 Femmes. Sauf que tourner un film par année semble puiser énormément dans son côté créatif et "5x2" tombe rapidement à plat.

L'unique élément intéressant de ce long métrage est dans son déroulement. L'homme derrière Swimming Pool renverse les conventions en débutant son film sur le couple en commençant par la fin: le divorce. Et il remonte le temps en étalant tous les clichés: les difficultés de vivre ensemble, la naissance d'un enfant, le mariage et la rencontre décisive. Mais cette idée, n'est-ce pas la même que dans Memento ou Irréversible? Car en remettant l'œuvre en ordre, tout devient banal et terriblement ordinaire. Il (Stéphane Freiss) est imbu de lui-même, viril et irresponsable. Elle (Valéria Bruni-Tedeschi) est plutôt jolie, légèrement superficielle, en quête du grand amour et encline aux crises de nerfs. Ces deux archétypes ont toutefois beaucoup en commun: ils sont méchants l'un envers l'autre, ils sont d'une rigidité implacable et n'inspirent guère confiance. Ce sont ces personnages froids qui doivent représenter le couple commun?

Du début à la fin, le spectateur attend que "5x2" décolle ou, tout au moins, propose une vision quelconque du couple. Mais non! Rien. Que l'habituel "je t'aime, mais je ne suis plus capable de vivre avec toi". Surtout que dès le départ, la relation est vouée à l'échec. Pourquoi? Rien n'est trop clair. La lassitude, les infidélités, les soupirs, les manies si charmantes au début qui sont de moins en moins agréables. Un million d'éléments qui, une fois combinés, font déborder la tasse.

Les deux protagonistes, assez antipathiques, ne brillent pas par leur intérêt. Les personnages sont tellement vides et plats que les souvent excellents Stéphane Freiss et Valéria Bruni-Tedeschi ne peuvent absolument rien faire pour les rendre le moindrement vivants. Au lieu de ça, ils se déchirent sans réelle conviction et ils finissent par enrager à cause de leur personnalité infantile qui prend toute la place au détriment de solides acteurs de soutien.

En revanche, les images sont magnifiques et proposent une évolution de la pénombre à la lumière la plus éclatante, avec un sublime plan séquence en fin de parcours sur un doux coucher de soleil. Le transfert sur DVD se veut impeccable et offre de nombreux détails justes et parfaits, sans imperfections ou anomalies. L'écriture du générique est peut-être difficile à lire, mais les sous-titres blancs sont honnêtes et de bonne facture. La piste sonore est également très appropriée, renforçant efficacement les excellentes chansons pour donner le goût de danser. Puisque qu'il y a seulement de la musique dans des scènes de transition (donc, lorsque les protagonistes ne parlent pas), elle ne peut se mélanger aux voix. Cette façon de procéder peut sembler très conservatrice pour un réalisateur comme Ozon, mais elle permet d'éviter les chevauchements audio.

Une fois l'insertion du disque, une option apparaît pour déterminer la langue. Ensuite, c'est le saut vers le menu principal, simple et statique, mais bercé par une composition mélodique inoubliable qui laisse présager une trame sonore plutôt réussie. Les suppléments, assez nombreux, semblent souvent servir de remplissage. Il y a des scènes supprimées avec le choix d'avoir le commentaire du réalisateur. Cependant, on ne peut choisir les séquences et celles-ci ont tendance à s'éterniser pendant de longs moments. Lors du court documentaire sur le tournage, on voit le réalisateur en action reprendre plusieurs fois un moment de danse où les figurants sont nombreux. Ozon semble exigeant et il sait obstinément ce qu'il désire, mais il n'y a rien pour expliquer sa démarche ou même ce qui cloche. À un autre endroit se trouvent les auditions de Valéria Bruni-Tedeschi et Stéphane Freiss qui se donnent la réplique sur un très long numéro qui n'apparaît pas dans le film. Encore plus inutile est ce segment intitulé "Essais lumières" qui montrent les deux protagonistes rire. Les fonds et la luminosité changent sans cesse et la douce musique au piano est formidable, mais à quoi est-ce que ça peut bien servir? L'aspect le plus pertinent demeura le commentaire du réalisateur qui est vif sur les explications (techniques ou anecdotiques) et qui offre un spectacle beaucoup plus intéressant que le film lui-même.

Malgré ses comédiens généralement flamboyants, sa musique enivrante, ses images en constante évolution et un réalisateur qui a souvent étonné par le passé, "5x2" laisse complètement de glace tout en faisant bailler allègrement. Les multiples suppléments et les savoureux commentaires des artisans ne changeront finalement rien, car à la base, le bateau prend l'eau. Peut-être qu'Ozon devrait prendre son temps au lieu de tourner n'importe quoi.


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments5
Vidéo9
Audio8