Acacia
Asia Extreme
Tartan Video

Réalisateur: Park Ki-Hyung
Année: 2003
Classification: R
Durée: 102 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coréen (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
5 juillet 2005

Le réalisateur coréen Park Ki-hyung avait contribué à l'émergence du cinéma d'horreur asiatique en nous offrant, en 1998, Whispering Corridors, un film mélangeant adroitement le surnaturel et la critique du système d'éducation de son pays d'origine. "Acacia", son troisième film, poursuit dans la même veine en s'attaquant cette fois à la dynamique d'un couple bourgeois de la Corée contemporaine. Film de clôture du Festival de Pusan en 2003, "Acacia" met en vedette Shim Hye-jin, l'une des actrices les plus en vue du cinéma coréen des années 1990.

Do-il et Mi-sook, un couple au début de la quarantaine, mènent une existence apparemment heureuse malgré le fait qu'ils n'ont jamais pu concevoir d'enfant. Do-il est médecin alors que son épouse s'occupe en tricotant et en jugeant les dessins d'élèves présentés dans des concours. Leur vie change quand ils décident d'adopter Jin-sung, un jeune garçon silencieux et mystérieux, fasciné par les arbres, qui passe le plus clair de son temps à faire des dessins troublants faisant penser aux peintures de Munch. L'adaptation à la vie familiale se fera difficilement et Jin-sung deviendra obsédé par l'acacia mort de la cour arrière, convaincu qu'il est "habité" par sa mère biologique. Les choses se compliquent quand Mi-sook tombe enceinte et accouche d'une petite fille que Jin-sung refuse d'accepter. Lorsque Jin-sung disparaît, Mi-sook est en proie à de terribles cauchemars, Do-il devient de plus en plus instable et violent, et l'acacia commence à reprendre vie...

Sombre et lugubre, "Acacia" s'écarte un peu des conventions du film d'horreur asiatique par l'extrême lenteur avec laquelle l'ambiance trouble s'installe. L'imagerie déconcertante typique du genre est également plus rare et, bien qu'il nous propose quelques moments qui nous font sursauter, film garde définitivement un profil bas où l'horreur mijote, mais vient rarement à ébullition. "Acacia" est plus proche parent de Sorum (bientôt disponible chez Tartan) que de Ringu ou The Grudge par exemple. Le principal problème de ce film d'une grande beauté visuelle, se trouve au niveau du montage. L'aspect mystérieux de la première partie du film confond plus qu'elle n'intrigue. Certaines scènes semblent se terminer abruptement, laissant le spectateur en plan, alors que d'autres sont télégraphiées et diminuent l'impact recherché. La rapidité avec laquelle le comportement du couple change après le départ de Jin-sung laisse également songeur et cette cassure de ton et de rythme a un effet négatif sur le suspense. De plus, l'idée de "l'arbre monstre" est intéressante, mais celui-ci n'est pas particulièrement effrayant, malgré les efforts faits par le réalisateur pour nous le montrer sous tous les angles et dans toutes les conditions d'éclairage. Par contre, la distribution est excellente et la dernière partie du film, en forme de casse-tête qui mélange la cinématographie en couleur et en noir et blanc pour souligner le décalage temporel, est passablement efficace. Par ailleurs, jamais la laine rouge n'aura été aussi étrangement et artistiquement utilisée dans un film auparavant.

La présentation vidéo est très bonne. L'image est claire et propre, les couleurs sont naturelles, et le niveau des contrastes et des détails est excellent. Par contre, certaines scènes souffrent d'un léger flou qui affecte la netteté de l'image. J'ai également noté en divers endroits un problème mineur d'artefacts dus à la compression. La piste sonore est dynamique, mais pas trop envahissante. Les effets ambiophoniques sont subtils et la trame sonore mélancolique trouve assez de place pour s'exprimer. Les dialogues sont clairs et bien centrés. Du bon travail. Le boîtier simple, inséré dans une jaquette cartonnée, contient un encart de quatre pages qui inclut le chapitrage et des images du film, ainsi que de la publicité pour quelques films à paraître chez Tartan. Le menu principal reproduit l'image du boîtier et nous propose quelques extraits du film accompagnés de musique. La navigation entre les menus s'effectue aisément. Quelques suppléments sont offerts, dont une piste audio commentaire intéressante avec le réalisateur et des membres de l'équipe de tournage, une revuette sur la production dont les segments sont trop courts pour être vraiment informatifs, une galerie photo et quelques bandes-annonces.

Plus un suspense qu'un film d'horreur, "Acacia" étonne par sa beauté visuelle, mais la lenteur avec laquelle l'intrigue se développe met la patience du spectateur non-initié à rude épreuve. Les fans de cinéma d'horreur asiatique seront moins déstabilisés, mais la frustration gagnera rapidement les autres qui se lasseront de ce film avant d'avoir pu en apprécier toutes les subtilités.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments5
Vidéo7
Audio8