After the Wedding
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Susanne Bier
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Danois (DD51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
6 octobre 2007

À la dernière cérémonie des Oscars, c'est le long-métrage allemand La vie des autres qui a remporté le prix du meilleur film étranger. Pourtant, un autre des concurrents en liste, "Après la noce" ("After the Wedding" en anglais ou "Efter Brylluppet" en version originale danoise), aurait très bien pu remporter les grands honneurs.

Jacob (Mads Mikkelsen) est un travailleur humanitaire en Inde. Il retourne dans son Danemark natal pour convaincre le riche Jorgen (Rolf Lassgard) de l'aider financièrement à améliorer la qualité de vie de milliers d'enfants. Celui-ci n'a guère la tête au travail, car il est en train de préparer le mariage de sa fille Anna (Stine Fischer Christensen). Plus le "revenant" côtoie Jorgen et sa femme Hélène (Sidse Babett Knudsen), plus il doit affronter son passé, cette partie même de son existence qui revient soudainement sur le tapis.

Après son excellent Frères, la réalisatrice Susanne Bier renoue avec ses thèmes de prédilection. Tout tourne autour des mensonges et des secrets qui déchirent la famille. Pour sa dernière œuvre, elle confronte même les différentes classes sociales, jonglant au passage avec des sujets universels (la mort, la soif de vivre). Le récit, parsemé de surprises, ne prend jamais le chemin du suspense. Bien au contraire, les évènements se devinent aisément. C'est plutôt le drame qui prend toute la place, celui qui dérange et qui chavire. À cet effet, il sera difficile de ne pas laisser échapper quelques larmes avant la fin du générique. Pourtant, cette quête d'émotion n'est pas toujours naturelle et le mélo n'est jamais trop éloigné de la sincérité.

Il ne faudrait toutefois pas accorder trop d'importance à ces effets larmoyants. La réalisation de Bier est particulièrement efficace et elle n'hésite pas à multiplier les gros plans pour capter l'existence, l'âme des choses. Elle pose sa caméra sur les lèvres de ses protagonistes, scrutant allègrement leurs yeux, leur esprit. Afin de faire croire totalement à l'histoire, les comédiens se devaient d'être excellents. Et ils le sont. Contrairement aux stéréotypes d'usage, aucune des figures n'est totalement gentille ou méchante. Rolf Lassgard fait pitié autant qu'il rebute, alors que Mads Mikkelsen conjugue le chaud et le froid avec une rare maîtrise. Leurs affrontements font avancer la prémisse, autant que les apports de la beauté unique Stine Fischer Christensen que de la très solide Sidse Babett Knudsen.

Sans adhérer totalement à la formule du dogme, la cinéaste utilise de façon intelligente les éclairages naturels. Ses décors forcent souvent l'admiration et les images ne manquent certainement pas d'éclat, surtout dans cette dichotomie entre la chaleur de l'Inde et la froideur du pays scandinave. C'est dommage que du blocage vienne parfois entacher le résultat final. Les pistes sonores danoise et francophone (très bonne traduction) sont plus qu'honnêtes. Les voix sont aisées à saisir (surtout à l'aide de potables sous-titres blancs en français et en anglais), sauf que les différentes enceintes s'avèrent peu exploitées. En contrepartie, la musique va dans toutes les directions, alternant entre des airs populaires et des mélodies plus touchantes. C'est toutefois la magnifique symphonie de Sigur Ros qui ressort du lot, apparaissant en introduction et en conclusion.

La pochette est correcte. Deux personnages se regardent intensément, alors que des gens sont réunis autour d'un jeune couple de mariés. Une fois l'insertion du DVD, une publicité du très bon film J'ai serré la main du diable apparaît. Par la suite, c'est le menu principal du disque qui fait son entrée. Celui-ci reprend l'image sur le boîtier sans y superposer de mouvement. Une musique d'influence indienne est toutefois présente pour rendre la navigation encore plus confortable. Outre une bande-annonce originale, il n'y a aucun autre supplément. Une déception pour un opus de cette envergure.

En rendant son propos encore plus universel, Susanne Bier est arrivée à toucher de nombreuses cordes sensibles. Même s'il verse parfois dans le mélo, "After the Wedding" s'avère un drame ravageur et profondément humain, qui hante par sa noirceur, sa tristesse, ses personnages authentiques et son humour particulier.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments1
Vidéo8
Audio7