L'âge de raison
TVA films / Axia

Réalisateur: Yann Samuell
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 97 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 824255007221

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
19 septembre 2011

En 2003, une comédie romantique fait fureur et cela va bien au-delà du charme de ses interprètes principaux qui deviendront un couple bien connu de l'autre côté du continent. Non, on parle de quelque chose d'insensé, d'un concept charmant, audacieux et criant qui cumule un intérêt croissant dont on ne peut plus se défaire. J'exagère un peu, mais l'accueil que s'est vu offert Yann Samuell avec son Jeux d'enfants fut tout sauf négligeable et bien sûr avec les plus-que-séduisants et craquants Guillaume Canet et Marion Cotillard, à mi-chemin de leur envieuse carrière qui n'a de cesse, comme le bon vin, que de ne s'améliorer avec le temps (réalisation pour l'un et interprétations interfrontières pour les deux, de Soderbergh à Nolan en passant par Marshall, Burton et Allen pour l'une, jusqu'aux côtés de Willem Dafoe et Keira Knightley pour l'autre), ça ne pouvait qu'aider. Pourtant, tiède réalisation oblige, le résultat, à la limite du caramel trop collant, de la guimauve trop fondue et de la romance au haut goût de savon, ne semblait que viser les romantiques à fleur bleue à qui il n'en faut pas trop pour sentir ses émotions s'emballer.

Effectivement, ce qui aurait pu être le film romantique culte auquel il aspire être (et que certain sont prêts à définir comme tel), n'en était après tout qu'une pâle copie, amenant, certes l'idée intéressante de ses deux amis d'enfance faits l'un pour l'autre qui passe leur existence à se lancer des défis toujours de plus en plus grave et conséquent au fil des âges, sans pour autant aller au-delà. Voulant jouer la carte du charme, Samuell a également secondé sa technique de quelques essais plus créatifs, ne donnant l'impression que de n'être une version plus commerciale et moins sentie de Jean-Pierre Jeunet ou même une version romancée du Luc Besson beaucoup plus brut.

L'incursion du réalisateur chez les Américains ne s'est pas montrée plus humble, alors que son remake My Sassy Girl du film coréen du même nom, continuait cette exploration du larmoyant et de la constatation des évidences qui prennent du temps à se matérialiser aux yeux des personnages à défaut d'avoir été d'une clarté impeccable pour les spectateurs, ce, dès le départ.

L'âge de raison continue la coutume en livrant certes une idée aussi impossible que quelque peu attirante au départ pour vite tomber dans l'exagération, l'abus de bon-sentiment et les interprétations potables qu'on enterre sous le trop-plein, bien avant la mi-chemin.

Du coup, l'idée de cette femme d'affaire bien rangée, mais à la vie plutôt tiède qui renoue inespérément avec son passé le jour de ses 40 ans par le biais de lettres de passe-passe écrites par elle-même lors de ses 7 ans et adressées à elle-même avant que "tout" ne soit trop tard, pouvait user d'un irréalisme illogique qui pouvait soit se caser du côté de la comédie brillante, ou du film touchant à la belle morale. Le résultat ici ne va jamais dans aucune de ses directions voulant à tout prix tout faire trop gros. D'ailleurs, dès en partant, on confie à nouveau à Sophie Marceau un autre rôle de névrosée qui ne semble jamais avoir passé le cap de son adolescence, alors qu'on sait qu'elle vaut bien mieux que La boum, même si elle ressasse quand même toujours aussi bien ce rôle que ce soit ici, dans LOL ou même De l'autre côté du lit, tous des films plus ou moins recommandables, d'ailleurs.

Par la suite, dans l'étalage de propositions à l'imagination décalée, mais peu invitante jusqu'aux lourds souvenirs d'antan en passant par papa-absent, pauvreté et j'en passe, on soupire et on se désole que l'intérêt déjà peu présent ne fait que décroître avec toujours un peu plus d'insistance avec le temps. En plus, si tout le monde essaie d'être naturel, on sent que le jeu de la distribution entière est forcé, de la narration de la petite fille en passant par l'assistant-soumis, au mari-anglo et j'en passe.

Si le son s'en tire pas mal avec sa bande qui cultive les chansons pop plus ou moins accrocheuses et parce que les dialogues sont relativement clairs, on se désole carrément, mais carrément du côté de l'image. On ne sait pas si ce sont les choix artistiques de départ, la direction photo ou le transfert DVD qui est si mauvais, mais quelque chose ne marche pas. Les scènes ont une luminosité beaucoup trop forte où il semble y avoir un filtre qui donne l'impression de regarder directement le soleil. À plusieurs moments également, les contours des cadres sont embrouillés, comme si on donnait un aspect "féerique" qui ne semble pas s'imposer d'aucunes manières qui soit. Peu importe, l'image écorche et n'emballe pas et finit par être de piètre qualité que ce soit voulu, volontaire ou totalement accidentel.

Du côté de la présentation, on ne peut pas vraiment dire mieux. Non seulement le film ne bénéficie pas d'aucun menu, mais en plus il est aussi limité que les vieilles vidéocassettes: une seule piste audio, pas de sous-titres quand on parle une autre langue et pas moyen de choisir quoique ce soit, même pas les chapitres! Ne demandez donc pas de suppléments! Pour le boîtier, on reprend le leitmotiv un peu scrapbooking que le réalisateur a conservé de son générique jusqu'à sa toute fin, mais de façon plutôt paresseuse alors que le montage quoique lumineux et bon enfant, ne semble pas tant appliqué. Le synopsis à l'arrière est approximatif, la photo de Sophie Marceau sur la couverture qui a une drôle d'expression est un peu pixélisée et ne cadre pas vraiment avec le dessin en superposition et la citation à l'arrière du Journal du dimanche semble tellement hachée qu'on dirait qu'on n'a gardé que les mots positifs pour faire beau!

Décidément, on a vu mieux côté film et édition DVD et peut-être au fond que tout est fait pour aller ensemble. Qu'importe, le film poussera peut-être certaines personnes à reconsidérer leur vie face à la proposition d'origine, mais ce ne sera là que le sujet qui les prendra par surprise plutôt que le long-métrage en soi qui ne se réfugiera que vers des détours paresseux pour oser un tant soit peu une quelconque psychologie ou remise en question. Alors que Yann Samuell est en pleine préparation d'un remake de La guerre des boutons, on ne peut que craindre ce qui pourra bien surgir au final...


Cotes

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