L'Âge d'homme... maintenant ou jamais!
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Raphael Fejtö
Année: 2007
Classification: G (QC)
Durée: 83 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
24 août 2008

Un manque d'originalité est une chose. Copier à outrance des succès populaires en est un autre. C'est dans cette seconde catégorie que se situe le très ordinaire "L'âge d'homme... maintenant ou jamais" d'un certain Raphaël Fejtö.

Samuel (Romain Duris) est en pleine crise existentielle. Il sort avec la jolie Tina (Aïssa Maïga) depuis une année et du jour au lendemain, l'homme de 30 ans ne sait plus s'il l'aime encore. Il se donne alors 24 heures pour faire le point. Afin d'y voir plus clair, pourquoi ne pas consulter des amis, prendre le pouls de son entourage et, pourquoi pas, avoir une aventure sans lendemain? De quoi mélanger davantage le pauvre bougre qui n'a jamais été capable de s'engager très longtemps.

L'histoire rappelle plusieurs longs-métrages? C'est normal, il s'agit presque d'une relecture des supérieurs L'auberge espagnole et Les poupées russes qui mettaient en vedette le même Romain Duris. Les comparaisons sont tellement flagrantes qu'elles en deviennent lassantes. La réalisation est aussi énergique, le montage cherche à être en phase avec les délires du personnage principal et les situations se ressemblent beaucoup sans jamais faire rire de la même façon. Ainsi, hormis une ou deux scènes (la séquence de l'arrosoir, celle où le protagoniste trompe sa copine), l'humour tombe généralement à plat.

Il y a deux responsables à cette débandade. Le premier porte le nom de Raphaël Fejtö. Contrairement à Cédric Klapisch, sa mise en scène manque royalement de personnalité et elle se fait ensevelir par ses nombreuses métaphores. Samuel est continuellement envahi par des visions multiples, dont un moine qui chante du hip-hop, Jésus qui lui fait la morale, un homme qui est en train de se noyer, un autre sur un champ de bataille et même des êtres de la préhistoire! Le syndrome Horloge biologique n'est jamais très loin parmi ces hommes enfants qui ont peur des responsabilités. Il y a ensuite le lot d'individus énervants qui risquent de rapidement irriter. Hormis la radieuse Aïssa Maïga, tous les autres acteurs en mettent beaucoup trop. Principalement Romain Duris qui en fait des tonnes en être égoïste qui aime bien abuser des flatulences!

La musique populaire est bien présente et elle va d'Amy Winehouse à Mika en passant par LCD Soundsystem. Les différentes pistes sonores sont plutôt développées et les enceintes ont recours à des bruits de portes, d'eau, de balles et de klaxons afin de recréer l'atmosphère active de la ville. Les voix, généralement claires et audibles, sont parsemées d'expressions particulières. Il n'est donc pas étonnant de vouloir insérer d'honnêtes sous-titres anglophones blancs pour tout saisir. Les images sont étrangement inégales. Parfois, les contrastes déçoivent amèrement et les couleurs manquent de pimpants. D'autres fois, les reflets sont extrêmement lumineux et le soin apporté à quelques scènes (par exemple celle recréant un conflit armé) s'avère presque parfait.

La pochette n'est pas réellement attirante. Elle montre le personnage principal vêtu d'un casque de soldat devant un fond gris. Le menu principal du DVD reprend cette pose en demeurant continuellement statique. La chanson qui joue fait réagir par son intensité. Les bonus regroupent la bande-annonce originale, une série de quatre publicités diverses et un documentaire de 43 minutes sur le tournage. Au lieu des traditionnelles entrevues et révélations, une caméra périphérique suit l'équipe technique et les comédiens en les filmant différemment pendant leurs scènes. Ce procédé, très intéressant lors des premières minutes, devient rapidement superflu, car il n'apprend pratiquement rien de concret sur la production Reste des protagonistes qui font des mimiques et des grimaces pour rien...

C'est à se demander si Raphaël Fejtö pourra un jour réaliser un film sans son acteur fétiche Romain Duris. Après Osmose, il a fait appel au héros du solide Exils avec un résultat qui laisse largement à désirer. Sans être le pire film de l'année, "L'âge d'homme... maintenant ou jamais" manque de moments forts et d'interprètes sincères pour réellement faire croire à la déroute du mâle. Une ou deux séquences désopilantes (l'hilarant clin d'œil à l'excellent De battre, mon cœur s'est arrêté) ne font pas une œuvre avec une véritable colonne vertébrale.


Cotes

Film3
Présentation3
Suppléments3
Vidéo7
Audio7