Agora
Entertainment One

Réalisateur: Alejandro Amenábar
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 126 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212104152

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 octobre 2010

Projet peu orthodoxe mélangeant sciences et religion, "Agora" montre le cinéaste Alejandro Amenabar sous un nouveau genre, surtout en le comparant à ses précédents et excellents essais La mer intérieure et Les autres.

Au 4e siècle à Alexandrie, le combat entre Catholiques et Juifs fait rage. Le pouvoir passe d'une main à l'autre, créant une forte instabilité politique. Cela n'empêche pas l'intellectuelle Hypatie (Rachel Weisz) de se plonger dans des théories complexes. Elle pense que le soleil - et non la terre - est au centre de tout, il ne manque que des arguments pour prouver ses dires.

Présenté au Festival de Toronto en 2009 sans avoir bénéficié d'une sortie en salles au Québec, "Agora" mélange les styles avec beaucoup de souplesse. Il s'agit d'abord d'un portrait de femme en avance sur son époque. L'héroïne cherche à faire sa place dans un monde machiste dirigé par les hommes et son destin ne sera pas toujours clément. Dans le rôle principal, Rachel Weisz prouve encore qu'elle une actrice unique, éblouissant le spectateur de son talent et de sa beauté. Le récit se veut également une exploration presque cartésienne de la conception du monde et du cosmos, voyant comment les théories peuvent apparaître et disparaîtrent au gré des vents et des conventions. Cette section plus intellectuelle (et réjouissante) se heurte à un scénario fertile en rebondissements qui laisse toutefois une trop grande part aux combats sanglants et aux affrontements. L'action physique tend donc à prendre toute la place sur le verbe et les mots, ce qui est un peu triste. En revanche, un dernier élément du projet compense quelque peu ces lacunes: l'exploration de la notion du religieux et du politique en temps de guerre et de paix, où les gens de pouvoir doivent souvent sacrifier leurs propres intérêts pour le bénéfice - possible - de tous.

La reconstitution d'époque est plutôt soignée. Les images bénéficient de couleurs développées, de teintes précises et de contrastes impressionnants. Un peu de blocage peut exister, mais il n'y a rien pour gâcher le visionnement. Les mélodies riches et variées créent rapidement l'atmosphère souhaitée. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont développées finement, faisant ressortir des différentes enceintes des bruits de cris, de glaives et d'hennissements de chevaux. Les voix s'entendent clairement, et en cas de difficulté, il n'est pas toujours aisé de choisir entre les très visibles sous-titres jaunes en anglais ou la très correcte traduction dans la langue de Molière.

La pochette est particulièrement inspirante, montrant une radieuse Rachel Weisz qui se tient dressée au centre de dangereux tumultes. Le menu principal du DVD reprend cette idée qui demeure cependant statique et sans musique. Les suppléments regroupent une série de publicités, une bande-annonce, une introduction révélatrice du cinéaste, près de dix minutes de séquences retranchées (dont une nouvelle introduction) et un enrichissant reportage de 49 minutes sur les secrets et les beautés de la ville d'Alexandrie. Enfin un cours d'histoire où il est possible d'en apprendre beaucoup.

Un peu trop porté sur l'action et les sensations fortes, ce sont pendant ses moments d'intimité que "Agora" devient un film totalement satisfaisant, fascinant par ses joutes oratoires et ses démonstrations théoriques. Difficile d'affirmer si le talentueux réalisateur Alejandro Amenabar élargira son bassin d'adeptes avec un sujet aussi rigide et peu sexy. Il peut en revanche compter sur l'apport non négligeable de Rachel Weisz qui est une des principales lumières de l'ouvrage, éclairant de sa flamme si vive.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments6
Vidéo8
Audio8