Aimer, boire et chanter
AZ Films / TVA Films

Réalisateur: Alain Resnais
Année: 2014
Classification: G (QC)
Durée: 108 minutes
Ratio: 2.39:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 10
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 824255021272

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
25 novembre 2014

Difficile d'imaginer un meilleur chant du cygne pour Alain Resnais que "Aimer, boire et chanter" qui ressasse ses principales préoccupations, revenant à un registre plus accessible après ses plus expérimentaux - et peut-être réussis - Les herbes folles et Vous n'avez encore rien vu.

La prémisse, d'une simplicité déconcertante, se résume en une phrase: Devant la maladie de leur ami, trois couples remettent en question leur quotidien et leur existence.

Adaptant une nouvelle pièce d'Alan Ayckbourn, cet ultime essai s'inscrit dans la lignée du diptyque Smoking/No Smoking et Cœurs, alors que la mise en scène complètement déconstruite où d'immenses rideaux font figure de décors fait muter lentement mais sûrement le théâtre vers le cinéma, offrant de savoureux dialogues à des acteurs chevronnés qui s'amusent follement.

Récit sur la finalité et la renaissance, "Aimer, boire et chanter" rappelle à quel point la vision du créateur d'illustres chefs-d'œuvre tels Nuit et brouillard et Hiroshima mon amour n'est plus la même depuis les 35 dernières années (la seule exception étant le classique Mon Oncle d'Amérique, en 1980). À une autre époque, cette histoire aurait été dramatique, comme l'était son sublime Providence en 1977. Sauf qu'ici, elle est comique, un brin mélancolique, mais terriblement légère, alors que la profondeur de ses opus phares (L'année dernière à Marienbad, Muriel ou le temps des amours) est devenue plus spirituelle et ludique.

Tout passe par les nombreuses conversations et ces dernières sont parfaitement audibles. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 se contente d'agrémenter les enceintes pour ne pas nuire aux joutes verbales. De très visibles sous-titres blancs sont disponibles pour le cinéphile anglophone. Les images riches et détaillées offrent une palette de couleurs somptueuses, une définition de contours généralement au point et des contrastes précis qui ne sont toutefois pas parfaits.

La très jolie pochette montre un groupe d'amis qui regardent un corps flotter parmi les nuages. Le menu principal du DVD est similaire. La navigation est statique, mais elle est agrémentée d'une pièce musicale irrésistible. En faisant abstraction des bandes-annonces qui apparaissent une fois l'insertion du disque dans le lecteur, cette édition ne comporte aucun supplément.

Si l'on se retrouve devant un Resnais en mode mineur (comme c'était également le cas de son jouissif Pas sur la bouche, autre faux Feydeau où les hommes se sentent trahis par les femmes et où le cœur a, évidement, ses raisons), il ne faut pas bouder son plaisir pour autant. Devant une telle vivacité du verbe, une réalisation métaphorique qui arrive à être si inventive avec presque rien et une prestigieuse famille de comédiens (les habitués Azéma, Dussollier, Girardot, Sihol, Vuillermoz qui se voient greffer de la petite nouvelle Sandrine Kiberlain) jouant au diapason, il y a de quoi être revigoré par cette vision touchante et absurde des relations humaines. Et si la vie n'était, finalement, que du cinéma?


Cotes

Film7
Présentation6
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Vidéo7
Audio7