Ajami
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateurs: Scandar Copti, Yaron Shani
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Arabe/Hébeux (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159043418

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 août 2010

Dans la veine de Crash et de Babel émane "Ajami", un troublant film choral sur cette destructrice spirale de violence qui s'enflamme et détruit tout sur son passage. Une œuvre coup-de-poing qui hantera le cinéphile pendant longtemps.

La cité de Jaffa est sur le point d'éclater. Omar (Shahir Kabaha) sent que la vie de sa famille est en jeu et il doit trouver une solution pour éviter le pire. Malek (Ibrahim Frege) aimerait bien mettre la main sur de l'argent afin de payer une opération à sa mère et il se retrouve rapidement dans le pétrin. Binj (Scandar Copti) est accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, alors que le policier Dando (Eran Naim) cherche son frère qui a disparu. Ces quatre hommes se croiseront au sein de quelques journées explosives qui scelleront à jamais leur destin.

À l'image du récent et excellent Jaffa de Keren Yedaya, "Ajami" du tandem Scandar Copti et Yaron Shani s'intéresse aux contradictions qui cimentent cette ville du Moyen-Orient. Juifs, Catholiques, Israéliens et Palestiniens: les victimes collatérales sont nombreuses et personne n'est épargné. Ces thématiques fortes sont au service d'une intelligente mise en scène labyrinthique (découpée en chapitres) qui alterne entre les destinées, jouant de la chronologie pour surprendre au passage. Les comédiens, pour la plupart non professionnels, sont tous criant de vérité, ce qui rajoute au réalisme des situations. Surtout qu'aucun parti pris politique n'est de mise, ce qui est plutôt rare par les temps qui courent.

L'image rigide adopte un ton documentaire avec ses couleurs sans éclat et ses contrastes un peu sombres. Des teintes développées étonnent régulièrement, prenant la mesure de ce grain qui ne se veut jamais trop insistant. La musique mélange airs arabes et tubes de discothèque, créant un efficace clivage de genres. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 ne lésine par sur les explosions, les coups de feu et les sirènes de police. Afin de bien comprendre les dialogues, il faut absolument insérer les visibles sous-titres blancs en anglais ou en français... ou opter pour l'honnête traduction dans la langue de Molière.

La pochette est loin d'être inédite, représentant simplement une scène de crime et deux des protagonistes. Le menu principal du DVD est identique à ce concept statique. Une mélodie chantée se fait toutefois entendre. En guise de suppléments se trouvent entre autres une bande-annonce et une galerie de photographies. De nombreuses scènes supprimées permettent d'encore mieux saisir les subtilités du récit, approfondissant les situations et les personnages. Elles ne sont cependant pas essentielles à la bonne compréhension du long-métrage. Un documentaire exhaustif de 30 minutes revient sur le choix des interprètes et les sessions de formation qu'ils ont dû suivre pour épater la galerie.

Rappelant par moments l'exquis Cité de Dieu, "Ajami" prend son temps d'élaborer son intrigue en multipliant les destins et les personnages. Bien que quelques longueurs se fassent parfois ressentir, le cocktail Molotov d'émotions fortes prend rapidement forme, plongeant le spectateur en plein chaos où l'injustice a le dernier mot. Un opus d'exception, qui a été mis en nomination pour l'Oscar du meilleur film étranger, s'inclinant devant le mémorable Secret in Their Eyes.


Cotes

Film8
Présentation3
Suppléments6
Vidéo7
Audio7