Coffret Alain Delon
Borsalino et co. / Deux hommes dans la ville / Flic Story
Koch Entertainment

Réalisateur: Jacques Deray / José Giovanni / Jacques Deray
Année: 1974 / 1973 / 1975
Classification:
Durée: 106 / 94 / 110 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 22 / 21 / 21
Nombre de disques: 1 (DVD-5) chacun

Le DVD "Borsalino et co." est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Deux hommes dans la ville" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Flic Story" est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
17 juillet 2008

Avec les années de recul, il est toujours surprenant de voir la quantité incroyable de films policiers que tourna le comédien français Alain Delon dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Bien qu'il ait connu un début de carrière assez intéressant, il (ou on?) se cantonna vite dans des rôles stéréotypés de flic ou de voyou, dans des films prévisibles de qualité diverse. Comme son contemporain Jean-Paul Belmondo, mais l'humour et la bouffonnerie en moins.

Avec la sortie en DVD simples des trois titres d'un coffret sorti chez KOCH il y a environ un an, les amateurs du bel Alain et de vieux polars français seront comblés. Bien qu'il n'y ait rien de terriblement surprenant dans ces trois films, la formule efficace qu'avait adoptée les metteurs en scène de ce genre de films à cette époque est ici appliquée à la perfection. Des personnages monolithiques, une musique jazz sombre, des dialogues irréels et percutants et une ambiance de suspense maîtrisée.

Dans ce coffret de trois DVD, seul "Borsalino et Cie" se détache un peu du lot avec son histoire située dans le Marseille mafieux des années trente. Ce film de Jacques Deray est en fait une suite à son "Borsalino" de 1970 qui mettait en scène Belmondo et Delon. Dans ce long-métrage de 1974, le mafioso Roch Siffredi (Delon), seul survivant d'un attentat qui décima sa bande et vint à bout de son ami François Capella jure de se venger. S'engagera alors une lutte sans merci violente avec Volpone, chef de la mafia rivale qui mettra Marseille sens dessus dessous.

Ce deuxième film de Deray n'est pas à la hauteur du premier de la série. L'originalité et la fraîcheur des personnages passées, cette suite n'est que banale violence et dialogues prévisibles. Il en reste tout de même que "Borsalino et Cie" est une bonne recréation du Marseille des années trente et un divertissement correct pour les amateurs du genre.

Avec les deux autres films du coffret, soit "Flic Story" du même Deray et "Deux hommes dans la ville" de José Giovanni, on revient à la formule éprouvée dont je parlais plus haut. Dans le premier, Delon interprète un inspecteur vertueux, Roger Borniche (dont le film est incidemment tiré de l'autobiographie de ce policier réel) qui coure après un tueur violent et sans pitié (Jean-Louis Trintignant). Dans le second, Delon joue le rôle d'un malfrat repenti qui sort de prison et tente de refaire sa vie. Malgré l'aide d'un ancien policier devenu travailleur social (Jean Gabin), il ne pourra convaincre le commissaire Goitreau (impassible et excellent Michel Bouquet) de son changement de cap. Ce dernier le suivra et le harcèlera donc jusqu'à ce qu'il trébuche...

Bien qu'aucun de ces deux longs-métrages ne passera à l'histoire du cinéma, le film de Giovanni reste intéressant pour sa prise de position virulente contre la peine de mort. Le personnage du policier obsessif (Bouquet) qui ne veut laisser aucune chance à des criminels de se réinsérer est aussi assez percutant. Et bien que la relation d'amitié Gabin-Delon soit un peu trop sirupeuse, l'angle sous lequel ce trio nous est présenté est quant à lui plutôt différent de ce à quoi on s'attendait à l'époque pour un "film de flics". Le film de Deray est quant à lui classique dans sa facture. Ni excellent ni mauvais, il reste intéressant pour l'interprétation de Trintignant dans le rôle du "méchant" et de sa froideur clinique. Delon y est égal à lui-même et le personnage serait plutôt improbable si on ne savait qu'il est adapté d'un vrai commissaire. Il faut tout de même, j'imagine, essayer de faire la part entre la réalité et l'adaptation cinématographique!

Visuellement, il est évident que ces films datent d'une époque qui, quoique pas si loin que ça, est technologiquement plus éloignée qu'il n'y paraît. La pellicule granuleuse et sans latitude de ces années n'a rien de comparable avec les émulsions modernes qui permettent d'aller capter des détails dans les zones sombres ou de nuancer les tons de noirs et de gris. Heureusement, on ne peut pourtant imaginer les histoires racontées dans ces films avec un look moderne. Comme si on leur enlèverait un petit quelque chose d'unique et précieux. Pour l'audio, les mêmes problèmes d'âge sont apparents. Malgré un beau travail de nettoyage et de numérisation pour le transfert, les défauts inhérents à la prise de son de l'époque restent bien présents. Notamment, une présence élevée des basses fréquences et un manque d'éventail dans la reproduction des différentes fréquences, rendent le son global un peu sourd. Mais comme pour l'aspect vidéo, les amateurs de cette époque du polar français ignoreront ces défauts et se délecteront de ces longs-métrages. Il n'y a pas de suppléments sur ces DVD.


Cotes

Film6/7/8
Présentation7
Suppléments-
Vidéo7
Audio6