Alamar
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Pedro González-Rubio
Année: 2009
Classification: G
Durée: 73 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol / Italien (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159045634

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 février 2011

Besoin de s'éloigner du froid de la neige, de la pluie et du quotidien routinier? C'est le moment de plonger dans "Alamar", un petit film lancinant et serein. En attendant d'aller réserver les billets d'avion pour partir à l'aventure.

Pour les vacances d'été, Natan quitte sa mère en Italie pour aller retrouver son père Jorge en Amérique. Il habitera dans une maison sur pilotis dans la mer des Caraïbes, où il apprendra à pêcher et à vivre autrement.

Ce film de Pedro Gonzalez-Rubio sent la liberté à plein nez. Il est question de confronter deux réalités différentes (la ville où tout bouge rapidement et la jungle où le temps prend un autre sens), mais sans jamais faire la morale. Le scénario, qui aurait très bien pu être didactique ou éducatif dans sa façon de présenter un écosystème menacé, demeure subtil, intuitif. Il suit les personnages sans les devancer, s'avérant plus anthropologique que psychologique. La beauté de la faune apparaît sans broncher et le spectateur n'a aucune difficulté à se laisser happer par ces magnifiques fonds marins et ces plages qui semblent si accueillantes.

Sans doute qu'il faudra s'habituer au rythme, d'une belle lenteur pleinement assumée. Malgré ses 73 petites minutes, il ne s'y passe presque rien sur un point de vue dramatique (un peu d'exploration d'un nouveau milieu, le garçon qui se lie d'amitié avec un oiseau, etc.). Pourtant, tous les éléments sont réunis pour provoquer la méditation, franche et profonde, qui arrivera assez rapidement.

La superbe photographie n'est pas toujours bien soutenue par les qualités techniques. Le grain et le blocage ne sont pas rares. La palette de couleurs manque un peu de tonus, tout comme les contrastes en place. En revanche quelques teintes surprennent positivement, surtout lors des scènes sous-marines. La musique est souvent réduite à sa plus simple expression. Il n'y a qu'un ou deux instruments simples ainsi que des airs radiophoniques qui apparaissent directement à l'écran. La piste sonore espagnole et italienne en Dolby Digital 2.0 fait ressortir des enceintes des bruits de voitures, de bateaux et d'eau. Les dialogues sont peu nombreux, mais afin de bien saisir les échanges il est conseillé d'insérer de visibles sous-titres blancs en français ou en anglais.

La pochette blanche et ensoleillée laisse figurer de l'eau, un quai et les deux comédiens principaux. Le menu principal du DVD réutilise cette pose statique en y superposant une mélodie enfantine. En faisant abstraction de quelques bandes-annonces qui apparaissent une fois l'insertion du disque, aucun supplément ne figure au menu.

Empruntant un esthétisme qui n'est pas trop éloigné du documentaire, "Alamar" rappelle la nécessitée de la transmission entre un père et son fils, et de la nécessité de prendre soin de son environnement. Le discours, d'une belle fougue sauvage, aurait pu bénéficier d'un scénario ou de personnages plus élaborés. Cela aurait sans doute enlevé aux pouvoirs fondamentaux des paysages. Qu'il existe des merveilles et qu'il faut en prendre soin. Une œuvre un peu sèche, mais totalement dépaysante, qui donne le goût de se réserver une année de congé pour prendre le large.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo5
Audio6