Alexandra's Project
Alliance Atlantis

Réalisateur: Rolf de Heer
Année: 2003
Classification: 18A (QC)
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Catherine Nguyen
5 mars 2006

Les choses ne sont pas réellement comme elles le paraissent. Parlez-en à Steve (Gary Sweet). Père de deux enfants, il est marié à Alexandra (Helen Buday): leur famille semble avoir tout pour elle. Ils vivent dans un appartement cossu, où Steve a récemment fait installer un système de sécurité à la fine pointe de la technologie. Le jour de sa fête, Steve, qui occupe un poste de directeur dans une grande firme, obtient une importante promotion. De retour chez lui après sa journée de travail, s'attendant à ce qu'on lui ait préparé une fête surprise en l'honneur de son anniversaire, il est plutôt accueilli par un appartement vide et dénudé de toute lumière. En plein milieu du salon trône la télévision liée à une caméra vidéo, avec une cassette qui ne demande qu'à être vue. Perplexe, il s'installe, et débute le visionnement.

À l'écran, on voit sa petite famille, qui ont passé la journée à préparer des décorations pour son anniversaire. Puis, ses enfants quittent l'appartement. Alexandra apparaît seule à l'écran: elle débute un strip-tease aguichant, suivant la mélodie d'un disque. Lorsque celui-ci arrive à sa fin, elle est en sous-vêtements. Au lieu de repartir la musique comme le souhaiterait Steve, elle commence plutôt à se vider le coeur devant la caméra. Elle l'accuse d'être la source de nombreux problèmes, et lui expose son projet de se sauver avec les enfants, sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Elle ira même jusqu'à le tromper à la caméra, avec nul autre que leur voisin, qui s'est occupé de l'installation de leur système de sécurité. Tout ceci, dans le but de se venger de s'être laissée abuser par lui pendant toutes ces années.

Rolf de Heer a accompli son travail de réalisateur d'une main de maître: le jeu des trois personnages est très crédible et les émotions transpercent l'écran, la direction est impeccable et le scénario présente une histoire très dérangeante. Ce film australien était à la hauteur de mes attentes, il a réussi à capter mon attention et à plusieurs moments, on se sent rivé à notre siège même si ce n'est pas le genre de film où un monstre va surgir du garde-robe sans crier gare. J'ai tout de même certaines réserves du fait que ce ne fut pas un film réellement agréable à écouter: le sujet du film est dérangeant et on en ressort troublé. Je ne suis pas persuadée qu'il y ait une quelconque valeur de réécoute à ce film et il risque certainement de ne pas plaire à tout le monde.

Au niveau des suppléments, nous n'avons malheureusement droit qu'à un seul documentaire sur la production, intitulé "It's in the Eye of the Beholder..." Ce dernier est disponible avec sous-titres en français, et on y voit les membres de l'équipe de production ainsi que certains acteurs nous donner leur avis sur le mariage. Rolf de Heer nous raconte que son inspiration provenait d'une seule image centrale, celle d'une femme s'enregistrant sur vidéo, toute seule dans sa propre maison. Ce dernier est très dynamique et nous apprend des anecdotes intéressantes sur le processus d'écriture de ce film. Le documentaire dure en tout 37 minutes.

La qualité visuelle est très bonne: le film se déroule dans l'ensemble dans un environnement très sombre et lorsqu'on y voit de la clarté, les couleurs sont claires et l'image est dénuée de saletés. Au niveau audio, la piste Dolby Digital 5.1 rend pleinement justice au film: certains moments sont très stressants, et la musique contribue à créer cette ambiance. Toutefois, il y a très peu d'effets d'ambiophonie dû au fait que le film se déroule en majorité dans une seule pièce, dans le silence.

En somme, je crois que de Heer a relevé le défi de créer un film dérangeant, avec un petit budget et seulement trois personnages centraux. "Alexandra's Project" ne plaira pas à tous parce qu'il devient pratiquement vulgaire par moments, mais il s'agit d'un film à voir au moins une fois.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio8