Alice In Wondertown
First Run Features

Réalisateur: Daniel Díaz Torres
Année: 1991
Classification: NR
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais (brûlés dans l'image)
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 720229913638

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
30 mars 2009

Le livre jeunesse Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll est certainement un des livres les plus marquants de la littérature pour enfants de tous les temps. Adapté d'innombrables fois au cinéma, à la télévision, au théâtre et même encensé ou référencé dans des chansons et d'autres œuvres littéraires, ce bijou mêlant fantastique, morale et ludisme n'est pas près de disparaître. C'est aussi pourquoi on ne pouvait que se réjouir de la sortie en DVD d'un film cubain se basant sur ce conte pour faire une critique du système social et politique en place sur l'île des Caraïbes. D'autant plus que ce "Alicia en el pueblo de Maravillas" ("Alice in Wondertown") de Daniel Diaz Torres se voulait le seul film de la collection Cuban Masterworks de First Run Features ayant été réalisé après 1990 et la chute de l'Union Soviétique.

Hélas le film manque totalement la marque. D'autant plus que les attentes étaient assez élevées puisque ce film demeure l'un des plus controversés de l'histoire de la Révolution et qu'il fut sévèrement attaqué par l'État cubain à sa sortie pour avoir osé critiquer et mettre à jour certaines des failles et absurdités du système politique et administratif cubain. Il est vrai que le film sortit dans la tourmente de l'effondrement du rêve socialiste européen et de la "période spéciale" qui s'en suivit. Ce qui peut nous aider à mieux comprendre la violence avec laquelle il fut attaqué par l'establishment castriste. Mais au-delà de la satire sociale, le film semble brouillon tant dans sa réalisation que pour son scénario, ce qui dilue grandement le message qu'il veut véhiculer.

Ce qui est dommage, car il y a plusieurs belles trouvailles de mise en scène et des idées assez novatrices dans la narration, mais le tout semble inachevé, un peu comme un bon film étudiant pourrait l'être. Il reste tout de même que l'histoire est assez divertissante et le ton comique absurde assez réussi.

L'histoire du film est celle d'Alice, une jeune graduée d"une école de théâtre qui quitte son boulot dans un bureau de la télévision havanaise pour aller enseigner le théâtre à Maravillas (qui veut dire "merveilles" en espagnol), un village perdu. Or dès son arrivée dans la ville, elle s'aperçoit que ses habitants sont tous des exilés politiques qui ont commis quelques bévues face au système et se sont retrouvés "punis" dans ce village. De plus, il semble que la dynamique de fonctionnement des habitants soit tout à fait particulière et légèrement absurde. La nouvelle arrivante, pleine d'entrain et d'enthousiasme, tentera de comprendre ces étranges coutumes et de s'intégrer à la vie de Maravillas. Malheureusement, il est des forces en place qui ne veulent pas de changement et qui tenteront de lui bloquer la route...

Pour la qualité vidéo, c'est un désastre quasi-complet. La copie utilisée pour le transfert est épouvantable. Les images du premier quart du film deviennent floues (ou dédoublées) dès qu'il y a un mouvement prononcé à l'écran (de caméra ou des personnages). Heureusement, ça se corrige passablement pour le reste du film. Les contrastes sont aussi trop prononcés, rendant les séquences sombres – de nuit ou intérieures – virtuellement totalement noires. Ce qui, on en convient, nous fait rater de grands moments de l'action. Pour couronner le tout, la copie utilisée avait déjà des sous-titres brûlés sur la pellicule et on a dû les masquer pour pouvoir superposer ceux en anglais. Les originaux étant probablement dans une autre langue.

Heureusement, on s'est rattrapé avec le son. La bande audio est d'assez bonne qualité avec un ton légèrement dur qui va assez bien avec l'ambiance de foutoir générale. La distinction entre les dialogues et les sons environnants est à la fois claire et bien intégrée. Probablement que la bande audio a été mieux conservée que le négatif et qu'on a pu travailler à partir de deux sources différentes...

En suppléments, on retrouve un court-métrage allemand de Malte Ollroge intitulé "Paul Kopinzky". Bien qu'il n'ait rien à voir avec le film principal, si ce n'est son humour absurde nous rappelant celui des films de Terry Gilliam, ce petit film est dès plus sympathiques et se laisse regarder avec plaisir. On a aussi inclus un petit livret de quelques pages contenant des notes biographiques sur le réalisateur Diaz Torres et une analyse du tollé généré à la sortie du film à Cuba. On retrouve même un extrait d'une lettre de l'époque de l'ICAIC défendant le film et accusant certains éléments du gouvernement de faire exactement ce que le film dénonce, c'est à dire pratiquer l'intolérance au lieu de la réflexion sociale...


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo4
Audio7